UN CLIMAT MÉDIATIQUE APAISÉ : NON A UNE CRISE POST-ÉLECTORALE

UN CLIMAT MÉDIATIQUE APAISÉ : NON A UNE CRISE POST-ÉLECTORALE

ILONTSERA regrette fortement que l’Autorité Nationale de Régulation de la Communication Médiatisée (ANRCM) n’ait pas été-délibérément ?-mise en place jusqu’à cette ouverture de la campagne présidentielle et deux ans après l’entrée en vigueur du Code de la Communication Médiatisée. Et ce, malgré les enjeux vitaux de l’utilisation des médias, de l’information et de la communication pendant cette « campagne de la violence » prévisible où propos diffamatoires, discours haineux, « fake news » et rumeurs pullulent face à la présence d’extrémistes de tous bords et une presse fortement politisée pour qui les élections constituent aussi une vraie manne financière.

            La « Cellule spéciale » prévue par la Commission Electorale Nationale Indépendante  n’est pas une « AUTORITÉ ». Elle a laissé du reste libre court à toutes les dérives médiatiques : voir celles des réseaux sociaux et de certaines presses lors de la pré-campagne. La neutralité politique du Ministère de tutelle étant mise à mal en cette période de joutes électorales, aussi toute démarche de régulation est considérée comme arbitraire. La CENI a publiquement limité sa compétence aux médias publics : alors, à défaut d’une entité neutre et indépendante, respectons au moins le Code électoral si controversé et chèrement payé. 

            Le spectre d’une crise post-électorale plane de nouveau entre ceux qui affirment d’ores et déjà ne pas reconnaître les prochains résultats, ceux qui appellent au boycott ou report, ceux qui prétendent être assurés de leur victoire, ceux qui rejettent carrément les élections.La clé de l’apaisement appartient aux médias et aux journalistes dont le respect de l’éthique, de la déontologie et de l’honnêteté sont les seules armes pour faire face aux pressions diverses et conjurer les situations périlleuses.

            Mais il s’agit avant tout pour les citoyens de faire preuve de lucidité et de responsabilité en refusant de relayer les rumeurs, les fausses informations évidentes. La prise de responsabilité individuelle et collective, dans un esprit de respect mutuel, reste le garant d’un climat politique apaisé. Laissez juste toutes les idées s’exprimer et le peuple maître de lui-même.

Fait à Antananarivo, ce 15 octobre 2018      

 

 

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

                                            Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

                                                                                   Media Matters Madagascar