MAGAZINE TRANDRAKA 4

MAGAZINE TRANDRAKA 4

La parution du 4ème volet du magazine TRANDRAKA a eu lieu le 10 décembre 2018 avec pour thème principal les droits de l’Homme. Le choix de cette date n’est pas un hasard car elle concorde avec la célébration des 70 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Madagascar n’a pas été en reste pour cela et à célébrer comme elle se doit cette date historique. Pour rappel, Le 10 décembre 1948, les 58 États Membres de l’Assemblée générale ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris au Palais). Pour commémorer son adoption, la Journée des droits de l’Homme est célébrée chaque année le 10 décembre.

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » Article 1 DUDH

« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » Article 19 DUDH

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CONSTATS ET RECOMMANDATIONS SUR LA COMMUNICATION MÉDIATIQUE AUTOUR DE L’ELECTION PRÉSIDENTIELLE 2018

CONSTATS ET RECOMMANDATIONS SUR LA COMMUNICATION MÉDIATIQUE AUTOUR DE L’ELECTION PRÉSIDENTIELLE 2018

A l’issue du scrutin présidentiel du 7 novembre 2018, ILONTSERA, en tant qu’Observatoire indépendant des médias et de la communication à Madagascar – Ilontsera, fait le constat suivant :

– La Cellule de veille n’a pas pu empêcher les dérives de certains médias, journalistes et communicateurs,

– La majorité des médias sont devenus les supports des surenchères électorales au détriment des débats d’idées plus enrichissants,

– L’avalanche des comptes « fake » et des « fake news » à base de diffamation, de diffusion de fausses nouvelles que ni la Cellule de veille ni la Brigade anti cybercriminalité n’ont pu endiguer,

– L’évocation de la vie privée de certains candidats et des attaques personnelles ont été utilisées comme « arguments électoraux »,

– La politisation à outrance des médias qui se sont engagés d’une façon ou d’une autre et à un degré tel dans la propagande au point de sombrer dans un délire politico-médiatique collectif,

– L’éthique et la déontologie ont été mises en sourdine, bon gré mal gré, le temps de la propagande,

– Une situation confuse qui déroute le citoyen-électeur ni extrémiste ni fanatisé, dépossédé d’une vraie information pouvant l’aider à distinguer le bon grain de l’ivraie,

– Certains médias inféodés à des candidats ont participé dangereusement à la manipulation des concepts de caste, ethnie, race et couleur à des fins de campagne électorale,

– Les médias publics se sont efforcés de respecter les dispositions prévues par la loi en termes d’équité et d’équilibre d’accès entre tous les candidats,

– Les candidats les mieux placés au 1er tour sont propriétaires de médias et/ou ont pu négocier un « bon partenariat », ce qui démontre une fois de plus si nécessaire la force de cette arme,

– Des atteintes à la liberté d’accès à l’information des journalistes, confiscation de matériels, menaces et pressions contrairement aux dispositions du Code de la communication médiatisée,

– La précarité de la communication de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) contribue à aggraver l’ambiance de suspicion de fraudes et de manipulation,

– Aucun rappel à l’ordre ni mise en demeure n’a été émis au risque d’encourager ces pratiques anti démocratiques et nuisibles aux Droits de l’homme, qui in fine peuvent compromettre la bonne poursuite du processus électoral.

Par conséquent, recommandons :

– Une intervention plus visible et efficiente de la Cellule de veille et des autres autorités compétentes pour le respect des lois et textes en vigueur, et partant, une communication non violente,

– Aux médias et aux journalistes d’éviter de se faire l’écho des discours de mépris, de haine et de violence et de s’interdire de véhiculer et relayer les rumeurs,

– Aux usagers des réseaux sociaux de faire montre de plus de responsabilité, contrepartie indispensable à la liberté offerte par ces outils de communication, et en distinguant l’information et le médiatique.

 

– Plus de retenue et une urgente reprise de conscience de la part de tous les acteurs médiatiques (politiciens, journalistes, médias, patrons de presse, usagers des réseaux sociaux, citoyens, société civile) s’imposent pour faire des médias des vecteurs de paix, de démocratie, et non de crise.

 

Fait à Antananarivo, le 17 novembre 2018

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

                                            Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

                                                                                   Media Matters Madagascar

APPEL FACE AUX MENACES ANNONCÉES D’UNE VIOLENCE ÉLECTORALE INCONTRÔLÉE

APPEL FACE AUX MENACES ANNONCÉES D’UNE VIOLENCE ÉLECTORALE INCONTRÔLÉE

  • Suite aux interpellations répétées d’ILONTSERA à travers notamment ses communiqués depuis 2017  face à la surdité, la cécité et l’aventurisme des oligarchies politiques, économiques, financières, médiatiques et communicationnelles, l’Observatoire des médias et de la communication constate :
  • Les dérives vers une escalade de la violence physique entre les partisans de certains candidats,
  • L’exacerbation d’un climat de colère, de haine, de jalousie, d’indifférence /résignation chez des populations de plus en plus fragilisées par l’aggravation des frustrations transgénérationnelles accumulées d’une classe sociale.
  • L’(a)immoralisme d’une campagne indécente, d’une communication d’une violence symbolique inégalée, celle du mensonge, du marché et de l’argent-roi (brillance, éblouissement, bling bling infantilisant…), du crime de l’oubli programmé et donc du viol des consciences, du mépris, de la revanche historique à travers le discours politique et l’utilisation brutale de la stratégie du choc des décideurs, de la démagogie outrancière et belliciste de certains candidats …
  • Le rapt d’une vraie campagne,
  • La mauvaise foi de responsables se dédouanant de l’héritage des défaillances volontaires des dispositifs électoraux (liste) et s’accommodant d’une machine à voter traditionnellement au service  des pouvoirs successifs pour des intérêts et enjeux de pouvoir,
  • La montée de la logique autoritaire du «QUI PAIE DECIDE, SILENCE ON PAIE!»
  • L’opacité apparente du jeu des forces de l’ombre…

 

 

AUSSI, ILONTSERA APPELLE  à la pluralité d’expression dans une délibération à l’échelle des localités, des habitants/associations civiles, traditionnelles, religieux/élus/entreprises/professionnels des médias/acteurs électoraux … pour des informations fiables et sincères, dans une logique de service et de conscience collectifs.

  • À un sursaut d’humanité et de fraternité dans le règlement des différends et à oeuvrer plus que jamais ensemble pour une campagne électorale dans le respect de la dignité, du Hasina et de l’humanité des citoyens,
  • À ouvrir le champ de tous les possibles, car ILONTSERA est confiant que, malgré la gravité de la situation, nous pouvons ici et maintenant délier les tensions violentes et appeler tous les acteurs électoraux à la raison et au coeur, au nom de la paix,
  • À une grande compassion pour les blessures individuelles et collectives qui ont généré tant de haine et de séparation, à apaiser ce climat de méfiance réciproque dans le pardon à défaut d’oubli,
  • À ouvrir un espace de liberté et de discernement pour un décryptage du présent et une mise en perspective réfléchie,
  • À ouvrir un espace de concertation pour un updating du code de la communication médiatisée, dans un refus de l’amnésie politique…

 

Fait à Antananarivo, le 31 octobre 2018

 

LONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar

UN CLIMAT MÉDIATIQUE APAISÉ : NON A UNE CRISE POST-ÉLECTORALE

UN CLIMAT MÉDIATIQUE APAISÉ : NON A UNE CRISE POST-ÉLECTORALE

ILONTSERA regrette fortement que l’Autorité Nationale de Régulation de la Communication Médiatisée (ANRCM) n’ait pas été-délibérément ?-mise en place jusqu’à cette ouverture de la campagne présidentielle et deux ans après l’entrée en vigueur du Code de la Communication Médiatisée. Et ce, malgré les enjeux vitaux de l’utilisation des médias, de l’information et de la communication pendant cette « campagne de la violence » prévisible où propos diffamatoires, discours haineux, « fake news » et rumeurs pullulent face à la présence d’extrémistes de tous bords et une presse fortement politisée pour qui les élections constituent aussi une vraie manne financière.

            La « Cellule spéciale » prévue par la Commission Electorale Nationale Indépendante  n’est pas une « AUTORITÉ ». Elle a laissé du reste libre court à toutes les dérives médiatiques : voir celles des réseaux sociaux et de certaines presses lors de la pré-campagne. La neutralité politique du Ministère de tutelle étant mise à mal en cette période de joutes électorales, aussi toute démarche de régulation est considérée comme arbitraire. La CENI a publiquement limité sa compétence aux médias publics : alors, à défaut d’une entité neutre et indépendante, respectons au moins le Code électoral si controversé et chèrement payé. 

            Le spectre d’une crise post-électorale plane de nouveau entre ceux qui affirment d’ores et déjà ne pas reconnaître les prochains résultats, ceux qui appellent au boycott ou report, ceux qui prétendent être assurés de leur victoire, ceux qui rejettent carrément les élections.La clé de l’apaisement appartient aux médias et aux journalistes dont le respect de l’éthique, de la déontologie et de l’honnêteté sont les seules armes pour faire face aux pressions diverses et conjurer les situations périlleuses.

            Mais il s’agit avant tout pour les citoyens de faire preuve de lucidité et de responsabilité en refusant de relayer les rumeurs, les fausses informations évidentes. La prise de responsabilité individuelle et collective, dans un esprit de respect mutuel, reste le garant d’un climat politique apaisé. Laissez juste toutes les idées s’exprimer et le peuple maître de lui-même.

Fait à Antananarivo, ce 15 octobre 2018      

 

 

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

                                            Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

                                                                                   Media Matters Madagascar

MAGAZINE TRANDRAKA 3

MAGAZINE TRANDRAKA 3

Depuis le début, ILONTSERA est partenaire du magazine d’investigation Trandraka publié par l’UNESCO dans le cadre du Projet Institutions Démocratiques Intègres Représentatives et Crédibles (IDIRC), financé par le Fonds pour la Consolidation de la paix. Il est mis en œuvre par l’UNESCO, le PNUD et le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme, en collaboration avec le Gouvernement Malagasy.

Le numéro 3 du magazine d’investigation Trandraka 3 est sorti officiellement ce jour à l’hôtel du Louvre Antaninarenina. Un évènement couplé avec la sortie de promotion des 25 journalistes nouvellement formés en matière d’investigation, qui ont été les contributeurs du magazine.

Pour cette troisième parution, l’article sélectionné pour faire la Une du magazine est la « Pénurie d’eau dans le Sud entraînant des milliards d’Ariary ‘noyés’ dans le Château d’eau d’Ambovombe ». L’article parle des zones d’ombre qui se cachent derrière cette pénurie d’eau chronique dans le « deep-south » ; malgré l’immense potentiel en ressources naturelles de la région.

Les autres articles sont tous aussi pertinents car ils parlent tous des problèmes de la société Malagasy.

Nous rappelons que « Trandraka » est un magazine gratuit.

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LA DECLARATION D’UTILITE PUBLIQUE NE DOIT PAS ETRE UTILISEE ABUSIVEMENT AU DETRIMENT DES COMMUNAUTES LESEES PAR LE PROJET TOLIARA SANDS

LA DECLARATION D’UTILITE PUBLIQUE NE DOIT PAS ETRE UTILISEE ABUSIVEMENT AU DETRIMENT DES COMMUNAUTES LESEES PAR LE PROJET TOLIARA SANDS

De nombreuses organisations ainsi que le grand public à Madagascar et dans le monde se rappellent les Communiqués publiés par l’association MAZOTO (Miaro Aina-Zon’olombelona-Tontolo iainana) qui regroupe les représentants des communautés riveraines du projet minier Toliara Sands, dans lesquels les responsables de cette association soulignaient le refus de ce projet d’extraction d’ilménite et de métaux lourds précieux par les communautés concernées. Malgré cette opposition exprimée notamment dans un memorandum en date du 5 novembre 2014 par les représentants de 17 fokontany des communes d’Ankilimalinike, Milenake, Tsianisiha, Marofoty, Ankililoaka, et Manombo Sud qui ont pris la parole au cours de l’audience publique du 19 octobre 2014 à Toliara, ce projet minier destructeur de l’environnement et des moyens d’existence des communautés locales a reçu son permis d’exploitation en juin 2016.

Au mois de décembre 2017 et février 2018, les communautés des pêcheurs Vezo ont organisé des manifestations publiques conjointement avec l’Association MA.ZO.TO. pour s’opposer catégoriquement à la construction du port nécessaire au projet Toliara Sands sur la plage d’Andaboy qui constitue non seulement leur unique aire de loisirs mais aussi un site cultuel important pour la communauté Vezo.

Dans ce contexte de contestation grandissante des mesures d’acquisition foncière du projet Toliara Sands, une décision du Conseil des Ministres du 11 avril 2018 a manifesté la volonté délibérée d’étouffer l’opposition légitime des communautés de pêcheurs menacées, avec l’adoption du « Décret déclarant d’Utilité Publique les travaux de construction des infrastructures portuaire et routière reliant le nouveau port au site minier de Toliara Sands SARL situés à environ 50 km au Nord de la ville de Toliara et portant acquisition par voie amiable ou par expropriation pour cause d’utilité publique des parcelles de terrain et/ou immeuble touchés. »

Peu après la prise de fonction du nouveau Ministre des Mines et du Pétrole, le Conseil des Ministres du 18 juillet dernier a pris un « Décret déclarant d’Utilité Publique les travaux d’exploitation dans le périmètre des sites miniers de TOLIARA SANDS SARL situés dans les Communes d’Ankilimalinike, Tsianisiha et portant acquisition par voie amiable ou par expropriation pour cause d’utilité publique des parcelles de terrain et/ou immeubles touchés par ces travaux. »

Le CRAAD-OI et l’Association MA.ZO.TO. ainsi que tous les signataires de ce Communiqué dénoncent avec la plus grande vigueur cet usage de plus en plus abusif de la Déclaration d’Utilité Publique au bénéfice des intérêts privés étrangers des opérateurs du projet Toliara Sands, et au détriment des membres des communautés concernées qui seront obligés de quitter des terres qui étaient leur propriété et leur moyen de subsistance traditionnel.

Nous attirons l’attention des responsables étatiques concernés sur le caractère inacceptable de l’éviction forcée de centaines de milliers d’occupants des terres qu’ils s’apprêtent à faire au moyen de cette Déclaration d’Utilité Publique, et qui aura des conséquences désastreuses sur les droits civils, politiques, fonciers, économiques, sociaux et culturels fondamentaux de ces occupants, que ce soit individuellement ou collectivement. Il est intolérable que la protection des investisseurs étrangers justifie la destruction de ce que les victimes des évictions forcées prévues ont travaillé à édifier pendant des dizaines d’années, et la disparition de leurs moyens d’existence, de leur vie culturelle, communautaire, familiale, et de leurs foyers mêmes.

Nous rappelons aux autorités qu’elles sont les premières responsables du respect et de la protection des droits des communautés concernées, et qu’en tant que membres de la société civile, nous assumerons pleinement nos rôles de veille et d’interpellation à cet égard.

Fait à Antananarivo, ce 18 juillet 2018

 

Les organisations signataires de ce Communiqué sont les suivantes :
Association MA.ZO.TO.
CRAAD-OI
Collectif pour la défense des terres malgaches – TANY
TAFO MIHAAVO
KMF-CNOE
WWF
ILONTSERA – Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar
FENASOBE
Réseau pour la Transparence et la Redevabilité Sociale à Madagascar (RTRSM)

NON À LA BARBARIE, OUI À L’HUMANITÉ

NON À LA BARBARIE, OUI À L’HUMANITÉ

ILONTSERA s’associe aux douleurs des familles endeuillées lors de la manifestation du 21 avril dernier et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. L’Observatoire des médias et de la communication regrette que l’espoir démocratique populaire soulevé fût suivi de crimes et  blessures, aggravant sa régression déjà maintes fois dénoncée. Une fois de trop, le sang a coulé au nom de la politique de la peur, de la barbarie, du déni d’humanité, de l’autisme aux cris de détresse et de désespoir  d’un peuple à genoux, méprisé, exaspéré, saigné à blanc, humilié, dépossédé de ses droits et de son histoire délibérément raturée, condamné malgré lui à une servitude volontaire… la politique des oligarchies du mensonge, de l’imposture, de la vénalité, de l’obsession du pouvoir, de l’argent et de la brillance….

                La politique de l’irresponsabilité  face aux forces de l’ombre, de la finance et des marchés…  la politique des piètres politiciens de métier ou opportunistes dont l’inculture historique et politique est si lamentablement travestie autant par une morgue insolente à travers la violence indécente du langage que l’héritage des dérives autocratiques mortifères dans la pratique du pouvoir, d’où qu’on intervienne. La recherche trop facile de bouc émissaire à leurs carences,  comme le vieux et dangereux réflexe du réveil, déjà perceptible, des fantômes du passé- celui de l’ethnicisation des rapports sociaux et politiques en l’absence d’une force d’analyse- leur restent rédhibitoires.  

                La même cécité politique dans les tentatives de musèlement de Marc Ravalomanana à Toliara (6 janvier 2018) et Ambalavao (18 avril 2018) et d’Andry Rajoelina à Mahajanga (30 mars 2018), le forcing éhonté du vote controversé du projet de loi organique relative aux élections au mépris de la Commission consultative, la duperie programmée du vote de la loi sur les ZES -celle de la prédation institutionnalisée- ont excédé non seulement les partisans des deux camps politiques opposants au régime, mais aussi une frange importante de la majorité jusque là silencieuse et dont la conscience politique est réelle. L’explosion de joie des manifestants investissant légitimement le parvis de l’hôtel de ville suite au repli des forces de défense et de sécurité ce samedi 21 avril 2018 est suffisamment emblématique  d’une vitalité réprimée des aspirations démocratiques.

                La surdité politique aux interpellations répétées de « la société civile » avec le mouvement « Aok’izay » du 15 mars 2018, au communiqué du 29 mars 2018 d’ILONTSERA lancé à qui de droit, conjurant une nouvelle tragédie, précédant le vote contesté du projet de loi sus –cité… mais en vain, est révélatrice  de l’aveuglement d’une gouvernance décadente. OR, la communication politique est prioritairement une affaire d’écoute. Elle ne peut se réduire à un décryptage simpliste, tronqué, limitant, de l’histoire de notre Peuple- celle pré ou post 1972 occultée ou ignorée- à celui d’une lecture courte par des forces conservatrices postcoloniales… à des poncifs éculés.

                Par conséquent, ILONTSERA appelle au respect de la liberté d’expression, des droits civils et politiques et des droits de l’homme, pour plus d’égalité sociale, politique, plus d’humanité,  de fraternité et de solidarité, dans la délibération collective et publique des fokonolona, tout en condamnant la répression des forces démocratiques.

                Par ailleurs, l’Observatoire des médias et de la communication condamne avec fermeté la violence multiforme faite aux journalistes quels que soient leurs organes d’appartenance et leurs tendances politiques. Nous appelons les autorités à une lecture plus lucide de l’histoire, à plus de hauteur et d’ouverture dans le respect des droits incombant à la presse en ces moments tragiques, au nom du droit à l’information de chaque citoyen. Nous renouvelons notre confiance auprès des journalistes qui poursuivront leur difficile mission, celle d’un engagement démocratique, en toute responsabilité, avec vigilance et exigence, dans les circonstances aussi complexes que nous vivons, dans le respect de l’éthique, de la déontologie, celui de la vérité des faits, quelles que soient les issues aujourd’hui encore incertaines de cette situation.

Fait à Antananarivo, ce 23 avril 2018

 

 

 

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar

COMMUNIQUÉ  SUR LA NÉCESSITÉ DE RECONSIDÉRER CERTAINES DISPOSITIONS MÉDIATIQUES ET COMMUNICATIONNELLES DANS LE  PROJET DE LOI ORGANIQUE RELATIVE AU RÉGIME GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS ET DES RÉFÉRENDUMS

COMMUNIQUÉ SUR LA NÉCESSITÉ DE RECONSIDÉRER CERTAINES DISPOSITIONS MÉDIATIQUES ET COMMUNICATIONNELLES DANS LE PROJET DE LOI ORGANIQUE RELATIVE AU RÉGIME GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS ET DES RÉFÉRENDUMS

Malgré la fin de non recevoir aux nombreuses interpellations par ILONTSERA, nous nous devons de relancer l’alerte sur l’urgence de revoir certaines dispositions du Code de la communication médiatisée et in fine du projet de Loi organique relative au régime général des élections et des référendums : des dispositions « suspectes » portant notamment sur l’aspect médiatique et communicationnel des élections au risque de compromettre le traitement équitable et égalitaire de tous les candidats, seul garant d’élections crédibles, apaisées et acceptées par tous. Relevons notamment :

  • L’Autorité Nationale de Régulation de la Communication Médiatisée (ANRCM), l’entité en charge de l’encadrement légal et pratique du secteur, reste inexistante plus de 12 mois après la promulgation du Code la communication médiatisée par le président de la République, contrairement aux dispositions même dudit Code. La Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a de surcroît insisté par ses recommandations sur la nécessité de marquer plus nettement l’impartialité et la neutralité de cet organe. Comment donc avoir osé superbement invoquer dans ledit projet une institution fantôme, objet d’âpres débats aussitôt son annonce dans le code ? Y lirait-on un point aveugle programmé ?

            En rappel : sur les 11 membres de cette Autorité de régulation, 8 sont issus des entités étatiques contre 3 du privé. C’est dire l’omnipotence de l’ANRCM sur les opérateurs privés de la presse et des médias. Comment donc, face à la mise aux oubliettes délibérée de l’ANCRM, justifier dès lors les dispositions transitoires de confier à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) « la plénitude des attributions qui sont conférées à toute Autorité de régulation prévue par la présente Loi organique, jusqu’à leur mise en place »… Une mise en place reportée sine die….

2- L’Article 106 sur l’interdiction de l’usage du drapeau national, ainsi que l’interdiction des «  affichages qui comprennent la combinaison des trois (3) couleurs, blanche, rouge et verte, du drapeau de l’Etat malagasy» interroge sérieusement toute volonté de redynamiser une fierté identitaire déjà sérieusement laminée.  Et de quel ordre de combinaison s’agit-il exactement ? Questionnements donc pour les communicateurs qui devront d’ores et déjà ôter de leurs palettes ces deux couleurs de base Rouge et Vert. Vive les daltoniens !

            3- « Est également interdite l’utilisation de l’hymne national ». Mais au fait, à qui appartient l’hymne malgache ? À l’Etat, à la CENI ? Au peuple Malagasy ? Cette disposition viole implicitement la Constitution qui stipule juste que « l’hymne national est « Ry Tanindrazanay Malala ô ». Ou faudra-t-il plutôt s’adresser aux ayants droits du Pasteur Rahajason et Norbert Raharisoa pour les droits d’auteurs (prescription 70 ans) ?

4-  L’article 110 sur la position des hauts emplois de l’Etat: «  Le temps de parole comprend toute intervention d’un candidat, d’une liste de candidats, d’une entité en faveur d’une option, à l’exception des prises de parole s’inscrivant dans l’exercice d’une fonction publique » ) suscite autant de doute dans la mesure où les dérives de propagande et de soutien direct ou indirect aux candidats du régime seront difficilement répréhensibles faute de délimitation claire entre obligation de service et obligation de réserve et face aux lacunes dans la liste des hauts emplois touchés par l’obligation de neutralité qui exclut notamment les membres du gouvernement (en annexe du projet de loi organique).

5- Par les « conditions de programmation comparable » sur les chaînes publiques et privées (Art- 110), l’idée de tout niveler pour un traitement égalitaire des candidats est certes louable. Cependant, aurait-on oublié que les médias publics et privés fonctionnent dans des logiques économiques différenciées ? Les chaînes publiques sont financées par l’argent public (vous, moi), les stations privées par l’argent privé. Ces dernières, dans leur logique de rendement risquent ainsi de disparaître. Cette disposition mortifère donc, par ailleurs, va manifestement à l’encontre de la liberté d’entreprise stipulée dans la Constitution (Art-41,42).  D’ailleurs, au-delà d’une quarantaine de candidats à la présidentielle et plus d’un millier pour des législatives, ce système serait bien vite dépassé réduisant à une part incongrue l’intervention de chaque candidat.

6- L’Article 113 « Le décompte des temps de parole et des temps d’antenne est transmis par les services de radiodiffusion et de télévision publics et privés à l’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée, tous les vendredis » autorise le doute sur des velléités fascisantes de flicage et un air de retour à la censure officielle ; les plus anciens s’en souviennent assurément. Et en prime : « chaque entreprise de presse audiovisuelle doit tenir un décompte des temps de parole des personnalités politiques et des temps d’antenne accordés à chaque candidat, liste de candidats ou option ». Donc d’énormes tâches et coûts à prévoir pour les stations au vu des  candidats potentiels, à moins d’un logiciel approprié de l’ANRCM  ou la CENI.

 Toujours à l’article 113, « Si, après une mise en demeure, l’entreprise de presse audiovisuelle n’obtempère pas, l’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée est habilitée, selon la gravité du manquement, à prononcer la suspension d’une partie du programme et/ou une sanction pécuniaire (…) » : Sur quels critères définir la gravité du manquement ? Selon quelle échelle ? Des incertitudes qui ouvrent grande la porte aux abus et injustices et par conséquent aux contestations et aux crises.

6- L’article 115 avec l’interdiction « de tout procédé de publicité commerciale par tout moyen de communication audiovisuelle ». Qu’en est-il alors des levées de fonds comme la vente de livres (les « Visions »), les soirées de gala, les opérations commerciales indirectes en tout genre, etc. ?

7 L’article 116 stipule : « Il est interdit à tout candidat de porter à la connaissance du public un élément nouveau de polémique électorale à un moment tel que ses adversaires n’aient pas la possibilité d’y répondre utilement avant la fin de la campagne électorale». Comment, qui va définir ce nouveau concept de « polémique électorale » sorti tout droit de la loi électorale française (Article L48-2) qui n’est d’ailleurs pas la seule disposition copiée ou inspirée, c’est selon, de la loi française (voir également Article L52-1). Quid dès lors du droit à l’information et des rebondissements médiatiques de l’actualité, de la recherche de la vérité ?

 8- L’article 117 sur l’utilisation des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) « ou de toute autre ressource des réseaux sociaux » reste vague et donc ouverte à tous les abus. Elle est admise mais les NTICS « demeurent assujetties au respect des principes de pluralité, d’équité et de transparence, sous le contrôle de l’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée ». L’interrogation s’impose : un contrôle via quel système ? Un système de surveillance illicite, des « hackers publics », « Big brother » aura ses yeux dans chaque ordinateur, sur tous les réseaux sociaux ? Ni la technologie, ni le cerveau, ni la main d’œuvre ne manquent. La dernière expérience russo-américaine devrait nous en apprendre davantage…

9Il est aussi « interdit de publier à travers les différents médias les résultats de sondages d’opinion directement ou indirectement liés aux élections et référendums, ainsi que les études et commentaires journalistiques qui s’y rapportent » (Art-118) durant la campagne électorale ou référendaire officielle et pendant la période du silence électoral, la veille du jour de scrutin. Quid de la liberté d’opinion et d’expression et du droit à l’information reconnus par la Constitution ? Traditionnellement infantilisés, resterions-nous donc incapables de distinguer sondages, manipulations et résultats officiels ? Dans les pays dits démocratiques, les sondages font partie des outils de la démocratie et les citoyens bénéficient de l’éducation électorale adéquate pour pouvoir faire la différence et se familiariser avec cet outil. Existe-t-il une réelle volonté et éthique politiques ?

10- L’article 119 évoque le concept de « communication politique » qui reste flou notamment par rapport aux procédures de contrôle, de destruction et de vérification des fichiers informatiques et soulève une fois de plus la question relative au système de contrôle et le respect de la confidentialité des données.

 

 

            Aussi, ILONTSERA recommande :

– de répondre au préalable à la problématique de l’ANRCM par la mise en place de l’espace de concertation promis, ne serait-ce que pour alléger les énormes tâches de la CENI pendant la période électorale. Une ANRCM indépendante, compétente et ses démembrements est impérative au vu des charges qui lui incombent à la lecture de la loi organique.

– de doter les médias publics d’un statut particulier eu égard la mission spécifique de service public lui incombant, distinctement du privé dont la mission première est de faire du profit. Cela dénouera par l’occasion plusieurs problématiques dont celle des cartes professionnelles et du Code de la communication médiatisée.

– d’apporter plus de précisions sur le flou autour des concepts relevés dans les dispositions suscitées afin d’éviter les quiproquos et les tentatives de manipulation des textes en faveur d’un candidat, au détriment du vrai choix des électeurs.

– de concrétiser la volonté politique affichée dans les principes déclarés au chapitre II dudit projet de loi, sur la campagne électorale et référendaire, souhaitant qu’elle ne soit pas qu’une simple opération de communication.

 

–  d’entreprendre la publication et la publicisation la plus large de la loi votée, en langue malgache et dans un langage courant : cette démarche culturelle reste fondamentale pour notre démocratie fragile ou gravement fragilisée et donc à (re) et/ou (co)construire.

 

– à tous les acteurs électoraux de respecter la déontologie et l’éthique politique et professionnelle au risque d’exacerber la mercantilisation de la campagne électorale, pratique banalisée jusque-là dans les pratiques, faussant ainsi les règles du jeu démocratique. 

 

– à l’Etat d’éviter d’agir par voie d’ordonnance, laquelle reste un mode opératoire décuplant les menaces, un geste anti-démocratique, une expression de l’abus de prérogative de puissance publique qui risque de faire sombrer inutilement le pays dans une crise institutionnelle régressive et dangereuse. 

 

– une plus grande considération des réserves de toutes les forces vives de la Nation sur ce projet de loi organique afin d’instaurer un climat politique et social plus serein et apaisé afin d’éviter au pays de précipiter une fois de trop dans une crise électorale.

 

Fait à Antananarivo, ce 29 mars 2018

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar

MAGAZINE TRANDRAKA

MAGAZINE TRANDRAKA

ILONTSERA est partenaire du magazine d’investigation Trandraka publié par l’UNESCO dans le cadre du Projet Institutions Démocratiques Intègres Représentatives et Crédibles (IDIRC), financé par le Fonds pour la Consolidation de la paix. Il est mis en œuvre par l’UNESCO, le PNUD et le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme, en collaboration avec le Gouvernement Malagasy.

En tant qu’ Observatoire des médias et de la communication, ILONTSERA a apporté sa contribution dans la production de ce Magazine indépendant à travers l’évaluation des articles fournis par les journalistes bénéficiaires de la formation pour que Trandraka atteigne un certain niveau de qualité selon les standards du journalisme d’investigation.

L’ONG, convaincue de la nécessité d’instaurer une communication et une information citoyenne pour une société de paix et prospère, un empowerment citoyen, et selon sa vision de médias responsables au service de citoyens responsabilisés, a tenu à apporter sa part à l’édifice en permettant aux médias et à la société civile de mener à bien ses missions d’interpellations et de plaidoyers pour que la population puisse participer pleinement à la vie de la nation.

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COMMUNIQUÉ INTERPELLATION SUR LA COMMUNICATION À PROPOS DE L’ÉPIDÉMIE DE PESTE

COMMUNIQUÉ INTERPELLATION SUR LA COMMUNICATION À PROPOS DE L’ÉPIDÉMIE DE PESTE

Face aux rumeurs et on dit, à la panique disproportionnée, faute  criminelle d’une communication efficace et d’une circulation plus fluide d’informations crédibles et pertinentes, à la psychose qui touche les populations d’Antananarivo et des environs mais aussi celles d’autres régions face à la tragédie  qui ne dit pas son nom : la peste, ILONTSERA-Observatoire des médias et de la communication- s’interroge  sur les dérives  de langage et/ou excès  communicationnels et informationnels qui s’ajoutent à l’angoisse, aux souffrances des familles victimes éplorées, à l’aveu   de  l’extrême fragilité et vulnérabilité  de tous et du tout, conséquence grave d’un désajustement profond des liens sociaux.

            L’urgence est évidente, impérative : la résorption rapide de l’épidémie. Loin de minimiser l’ampleur du danger que représente cette épidémie de peste, elle est aussi malheureusement l’illustration de problèmes plus profonds dont la perte de confiance mutuelle totale au sein de la société entre politiciens, administration, médias, sociétés civiles et citoyens. Des méfiances réciproques dues à la crise des institutions servant de repères sociaux comme les partis politiques, la justice, les églises, l’éducation, les autorités morales et traditionnelles, et les médias.

            Désormais, toute décision de justice est soupçonnée de corruption, chaque désignation aux hauts emplois de l’Etat ou une admission à un concours d’Etat signifie forcément copinage et favoritisme, tout titre foncier devient suspect, chaque décision ministérielle est contestée. Désormais, toute information « officielle »,dans le sens médiatique du terme,est devenue douteuse et remise en cause car jugée trop politisée. Désormais, le public préfère recouper ces informations de manière horizontale entre les membres de réseaux sociaux ou dans un cadre hors-médias (famille, collègues, amis, etc.) au lieu de se fier aux versions verticales des médias classiques et des autorités officielles auxquelles il « se soumettait »   jusque-là.

            L’heure est grave quand une famille ose exhumer et emporter de force le cadavre d’un mort de la peste pour le mettre dans le tombeau familial. Ou lorsque l’on va jusqu’à faire l’intifada contre les agents du BMH pour les empêcher de lever le corps d’un pestiféré. Et cette manifestation contre l’installation d’une unité de tri en plein quartier censée pourtant assurer une prise en main de proximité ? Il a aussi fallu l’intervention des forces de l’ordre pour maîtriser la colère de deux familles dans le même cas au sein d’un hôpital public. Au-delà de la douleur et de la colère, c’est de cette défiance que nous nous devons de nous inquiéter car elle risque d’entraver toute tentative de maîtriser l’épidémie.

Face à cette situation de crise, ILONTSERA dans sa mission d’observation et d’interpellation appelle:

– les médias à assumer leur rôle de garant de la cohésion sociale, de « ciment social », en dissipant toute forme de rumeur ; en ne divulguant que des informations crédibles,vérifiées, recoupées , en respectant la décence, la moralité, l’objectivité et surtout l’honnêteté, l’éthique et la déontologie, toujours.Il est vrai que le métier de journaliste est des plus durs notamment en cherchant les infos dans des milieux hostiles et infectés mais c’est pour cela que le métier est noble. C’est en ces moments de détresse  que les médias et les journalistes se doivent d’assumer leur responsabilité sociale : les citoyens ont besoin de retrouver leur confiance en vous.

– les autorités compétentes à rendre effectif l’accès égal et universel à l’information que Madagascar vient d’ailleurs d’en célébrer la journée internationale le 28 septembre dernier ; à diffuser des informations vraies, non manipulées, sans velléité politique, de manière équitable et transparente ; à adopter une communication adaptée à la crise en tenant compte de toutes les diversité sociales et politiques mais surtout mettre au cœur du dispositif de communication les FOKONTANY, véritables détenteurs du pouvoir, qui doivent aller au-delà des mises en scènes politico-sociales et faire montre de vigilance face aux récupérations ou/et instrumentalisations séculaires ; à faire connaître au mieux les lois et les codes sur la communication, l’information et la cybercriminalité à travers des actions d’éducation aux médias dont la pratique est plus que jamais opportune au vu des derniers dérapages notés sur Facebook, en particulier concernant cette épidémie de peste.

– les internautes et les usagers des réseaux sociaux  à prendre conscience de l’arme, voire de la bombe qu’ils ont entre leurs mains ; à prendre conscience qu’Internet peut faire du bien mais aussi beaucoup de mal et qu’ainsi, cette liberté que permet le Web exige surtout une prise de responsabilité ; à ne pas oublier que ce sont les journalistes qui sont les professionnels de l’information ; néanmoins les internautes doivent connaître autant que faire se peut les règles morales, éthiques, et légales car comme le dit l’adage, nul n’est censé ignorer la loi.

– les politiciens à cesser d’instrumentaliser les malheurs des gens à des fins propagandistes et des simples visées de pouvoir, car aussi bien pour les tenants du pouvoir que les opposants, le peuple se souviendra au moment voulu ; à assumer pleinement votre rôle qui est d’abord de rassurer le peuple et donner le bon exemple, sur terrain et dans les médias, surtout en ces moments difficiles ; à repenser dans un bref délais la politique de santé publique pour endiguer la prochaine saison pesteuse et faire cesser cette domination des discours d’ auto-dévalorisation et d’autoflagellation  du Malgache à qui l’on rappelle sans cesse que la peste lui est endémique.

– les citoyens à s’informer par tous les moyens car désormais, c’est le cas de le dire, s’informer c’est rester en vie ; à rester sereins et suivre les directives fournies par les autorités compétentes pour combattre l’épidémie ; à ne pas hésiter à se signaler ou signaler les cas suspects de peste ; à ne pas relayer les rumeurs qui ne font qu’aggraver la psychose ambiante.

– la société civile à s’impliquer davantage, à sa manière respective, dans cette lutte contre la peste mais surtout contre l’ignorance, la pauvreté et la fracture sociale qui s’aggrave de plus en plus ; à s’engager plus dans notre première mission qui est de resserrer les liens sociaux dans notre société.

Appelle à TOUS : Sommes-nous prêts au-delà de l’indignation aujourd’hui stérile, sauf respect aux familles éplorées,  à nous organiser, construire, créer, imaginer et capitaliser la prise de conscience des fokonolona au niveau des différents quartiers qui ont démontré ou exhumé et reconquis  ces derniers jours, dans un formidable élan de solidarité,   leur énergie, ny fihavanana,  dévitalisée et/ ou folklorisée  par les oligarchies politiques , « ethniques »,  religieuses, … qui se sont succédés depuis. Faire de cette étape douloureuse de la vie de la nation une occasion de lancer un grand défi de solidarité, de penser aux vrais intérêts de la population et apprendre ou réapprendre à parler au nom de l’Humanitény mahaolona, car maintenant c’est une question de vie ou de mort.

Fait à Antananarivo, le 10 octobre 2017

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

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