Citoyenneté numérique :  Le vide juridique, une entrave au respect des Droits humains et des libertés

Citoyenneté numérique : Le vide juridique, une entrave au respect des Droits humains et des libertés

La cybercriminalité est désormais une réalité qui n’épargne personne aussi bien les personnalités que les simples citoyens dès lors qu’ils aient recours aux Nouvelles Technologies de l’information et de la Communication (NTIC). Certes, il existe déjà la loi 2014-006 sur la lutte contre la cybercriminalité, mais compte tenu de l’évolution rapide des outils et des pratiques numériques, la panoplie juridique sur les droits numériques doit être renforcée, notamment avec l’avant-projet de loi sur la protection des défenseurs des droits humains et des lanceurs d’alerte.

Ceci au regard des évènements qui ont eu lieu ces derniers temps et qui mettent en danger la liberté d’expression, la liberté d’opinion et le droit à l’information, piliers de la démocratie et parties intégrantes des droits humains fondamentaux, et ce, selon l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ». Néanmoins, afin d’éviter les dérapages et les dérives, une loi est nécessaire pour permettre l’exercice de ce devoir citoyen. C’est d’autant plus urgent que les lanceurs d’alerte n’ont pas le statut officiel de journalistes mais peuvent collaborer avec eux, et avec les autorités judiciaires.

Le vide juridique constitue un frein chez le citoyen qui n’ose plus dénoncer quoi que ce soit, laissant la porte ouverte à l’impunité, quand bien même les faits dénoncés par les lanceurs d’alerte et activistes soient avérés ou peuvent constituer des pistes et des indices à suivre pour une éventuelle enquête. Et surtout s’ils se révèlent d’intérêt public.

Il faut une application impartiale et égale de la loi pour que celle-ci ne devienne un instrument politique ou l’arme des plus forts. La perte de confiance envers le système judiciaire peut favoriser le « tribunal de Facebook », là où les usagers déversent leurs frustrations ou avoir leur quart d’heure de gloire. Même si elle représente un nombre relativement faible à l’échelle du pays, les utilisateurs des réseaux sociaux, devenus la nouvelle opinion publique (virtuelle), sait qu’elle peut peser aussi lourde que dans la réalité, et peut influencer le processus de prise de décision politique et impacter la vie de toutes les communautés. Autant de raisons pour faire des droits numériques une priorité à l’heure de la digitalisation, du tout numérique et de la démocratisation des réseaux sociaux, mais aussi des cybercriminalités, de la désinformation, des fake news, des piratages et arnaques en tout genre, et toutes autres formes de violation des droits humains.

Sans une véritable politique de transparence, au nom du droit d’informer et du droit à l’information et nonobstant les secrets de l’instruction, cette perte de confiance s’étendra et favorisera le tribunal des réseaux sociaux. « Les enquêtes sont en cours » (litt. « misokatra ny fanadihadiana », Rado) est devenue l’expression à la mode actuellement pour ironiser sur le cas des dossiers « classés sans suite » …  

L’ambiance se fait de plus en plus pressante, en témoignent une volonté de « maîtriser » l’information à coup d’exclusion de certains organes de presse pour certaines informations au détriment de l’accès équitable à une information à caractère public. Certaines velléités de menace contre des journalistes refont également surface dans un contexte de forte politisation et de polarisation extrême des médias. Les informations se limitent, alors, à des querelles politiques empêchant d’aller en profondeur et trouver des solutions adéquates sur des sujets primordiaux comme le cas des enfants atteints d’albinisme, l’insécurité ambiante surtout en milieu rural, le coût de la vie, le kere. Dans ce contexte, la loi sur l’accès à l’information à caractère public est plus que souhaitée et ce au nom du respect des droits humains fondamentaux évoqués plus haut.

D’un côté, le citoyen, confronté à une masse et un flux considérable d’information chaque jour, est laissé à lui-même sans la possibilité d’un débat de fond et plus d’investigations grâce à une presse libre et un traitement plus égalitaire des médias et des journalistes. De l’autre, seul un travail journalistique soucieux de l’éthique et de la déontologie professionnelle permettrait de respecter la vérité et de faire jouer la capacité de libre-arbitre du public, le tout en laissant toutes les opinions s’exprimer dans le cadre de la légalité et de la légitimité. 

Le volet éducation est également un élément déterminant pour vaincre l’ignorance et inculquer une culture médiatique et numérique plus responsable et avisée. Raison pour laquelle Ilontsera a lancé le Projet « e-taray » sur la promotion et la protection des droits numériques (Numéro vert gratuit 034 30 810 10) pour permettre aux citoyens d’utiliser sereinement, et dans le respect de leurs droits fondamentaux, l’espace numérique. Aucune partie de notre vie n’échappe plus désormais à l’usage des TIC, avec ce qu’il y a de meilleur et de pire. Ilontsera en appelle, ainsi, à un usage des outils d’information et de communication numériques de manière plus inclusive, équitable, démocratique, responsable et respectueuse des valeurs malagasy pour que l’Internet et les réseaux sociaux ne deviennent le théâtre des violations des droits humains au lieu d’être un terreau favorable, d’une part, à l’épanouissement de chaque individu, en particulier les personnes et les communautés vulnérables, et d’autre part, au réel développement de toutes les sociétés malgaches.

 

Fait à Antananarivo, le 18 octobre 2022

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

                                            Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

                                                                                   Media Matters Madagascar

 

Recrutement consultant(e) en communication

Recrutement consultant(e) en communication

A. Contexte

L’ONG ILONTSERA, ou Observatoire des médias et de la communication à Madagascar, créée en 2015, est animée par la vision d’une conscience citoyenne collective et de la régénération des liens sociaux dans un monde de justice, de paix et de démocratie. Les activités d’ILONTSERA sont la conjugaison de savoirs scientifiques, d’expériences partagées et d’une énergie créatrice de la jeunesse pour un empowerment citoyen et un mieux vivre ensemble par l’utilisation libérée, éclairée et responsabilisée des médias, de l’information et de la communication.

Pour le cas de Madagascar, les médias sont plus des outils politiques que des instruments de développement. L’information étant laissée au bon vouloir des autorités devient le monopole de l’État et des médias mainstream. La multiplication des médias durant ces 10 dernières années nécessite plus de responsabilité de la part des médias et des journalistes nationaux afin de respecter et d’équilibrer les principaux rôles des médias à savoir : informer, éduquer et divertir. Les médias faisant partie des produits de consommation quotidienne de la population influent directement sur leur comportement, leur façon de penser et peuvent forger une mentalité en fonction de la façon où les informations sont transmises vers ce public.

Les contraintes financières, lignes éditoriales, pression politique, économique et autres, peuvent être les causes sous-jacentes de ces informations incomplètes de la part de ces organes de presse car une information de qualité nécessite du temps pour un travail approfondi notamment pour le journalisme d’investigation. Certains journalistes tentent tant bien que mal de faire des efforts pour donner un sens à leur travail, mais cela reste insuffisant ou s’éloigne de l’objectif quand leurs investigations se limitent aux descriptions de faits seulement, sans révéler des informations pertinentes, autrement dit véritablement au service de la société et utiles à chaque individu avec le devoir d’exposer des informations susceptibles d’aider le public à accéder à la vérité et à réagir dans le bon sens en retour.

Pour apporter son apport au développement du secteur médiatique et communicationnel, l’ONG ILONTSERA a conçu plusieurs projets qui sont maintenant en cours d’où la nécessité de renforcer son équipe pendant les 3 prochains mois afin d’atteindre tous ses objectifs.

B. Missions

  • Sous la supervision du Bureau Exécutif d’ILONTSERA, le consultant contribuera à la réalisation des diverses activités en mettant en œuvre toutes ses compétences pour atteindre les objectifs fixés au préalable par l’Observatoire durant la durée de la consultance.
  • ILONTSERA contribuera pour sa part à renforcer l’expérience du consultant en lui permettant d’assimiler les enjeux qui s’articulent autour des médias et de l’organisation, tout en lui donnant l’opportunité d’être en relation avec les partenaires et de tisser des réseaux.

C. Conditions générales 

  • La durée de la consultance est de (03) mois, de novembre 2022 à janvier 2023, précédée d’un essai de 2 semaines. L’emploi du temps sera à déterminer selon le chronogramme des activités. 
  • Le consultant effectuera les tâches au siège de l’Observatoire à Antananarivo avec des déplacements dans la capitale ainsi que sur tout le territoire national. 
  • Le consultant sera pris en charge par l’ONG ILONTSERA (déplacements, restauration, rafraîchissements, hébergement)
  • Une évaluation est prévue après 2 semaines d’essai, au cours de laquelle le consultant se verra valider ou refuser sa candidature.

D. Profil du consultant(e)

a. Formation académique

Titulaire d’au moins un diplôme Licence en communication parcours journalisme / communication organisationnelle ou Sciences humaines.

* Etudiant(e) en L3 accepté(e) selon motivation et disponibilité.

b. Autres compétences

  • Maîtrise parfaite des langues malagasy, française et anglaise ;
  • Excellente capacité d’analyse et une forte capacité rédactionnelle ;
  • Sens développé de la communication et des relations humaines ;
  • Facilité pour la communication verbale, bonne capacité interpersonnelle, aisance relationnelle ;
  • Proactif(ve) avec un esprit d’équipe très développé ;
  • Capacité à travailler sous pression ;
  • Disponibilité et flexibilité dans les horaires de travail y compris le week-end ;
  • Maîtrise des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC)
  • Bonne maîtrise des logiciels de bureautique et de traitement de texte ;
  • La maîtrise des outils de traitement graphique (Adobe InDesign et/ou Adobe Photoshop et/ou Illustrator) et des outils de traitement de données serait un atout.

E. Dossiers à fournir

Tout(e)s les candidat(e)s remplissant les conditions précédemment citées peuvent envoyer leurs dossiers de candidature (CV + lettre de motivation avec prétention salariale) au plus tard le 23 octobre 2022 à 23h59 à l’attention de Monsieur le Responsable Communication de l’ONG ILONTSERA, à l’adresse électronique suivante : communication-manager@ilontsera.mg

Les candidat(e)s présélectionné(e)s feront l’objet d’un entretien.

 

Message de Mme Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, à l’occasion de la Journée internationale de l’accès universel à l’information, 28 septembre 2022

Message de Mme Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, à l’occasion de la Journée internationale de l’accès universel à l’information, 28 septembre 2022

Comme l’a déclaré Kofi Annan, ancien Secrétaire général de l’ONU, « l’information et la liberté sont indivisibles ». Selon lui, « la révolution de l’information est impensable sans démocratie, et une véritable démocratie est inimaginable sans liberté de l’information ».

En effet, l’information joue un rôle essentiel dans les sociétés démocratiques. Elle aide à dévoiler les mensonges et à lutter contre la désinformation ; elle décrédibilise les discours de haine et encourage la compréhension interculturelle. Elle permet de combattre l’extrémisme, facilite la prise de décision éclairée et améliore la transparence et la responsabilité.

Cependant, pour que l’information puisse jouer ce rôle si important, tout le monde doit y avoir un accès égal – et les pays doivent adopter des dispositions constitutionnelles, réglementaires et politiques à cet effet. Selon nos chiffres actuels, un peu plus des deux tiers des États membres de l’ONU l’ont fait.

C’est pour cela que l’UNESCO s’efforce de protéger et de promouvoir l’accès à l’information en tant que droit fondamental de l’être humain et en tant qu’étape essentielle sur la voie de la réalisation des objectifs de développement durable. Dans le cadre de ces efforts, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 28 septembre Journée internationale de l’accès universel à l’information – reconnaissant ainsi son rôle dans le développement, la démocratie et l’égalité.

Cette année, la Journée internationale est axée sur les difficultés et les possibilités d’accès à l’information dans un monde numérique. Les technologies numériques façonnent la manière dont nous communiquons et accédons à l’information dans le monde entier. Pourtant, en Afrique par exemple, seuls 14 % des ménages ont accès à Internet, contre 57,4 % au niveau mondial.

Toutefois, il ne suffit pas d’accélérer et de renforcer les efforts en faveur d’une connectivité Internet abordable, ouverte, sécurisée et de qualité, il faut également faire en sorte que tous les individus soient en mesure de chercher des informations, de les recevoir et de les relayer. Cela signifie que le contenu proposé est divers et disponible dans de multiples langues.

Cela suppose en outre de développer des compétences grâce, notamment, à l’éducation aux médias et à l’information, afin que les individus puissent contribuer aux contenus efficacement et en faisant preuve d’esprit critique – autre défi important à l’ère du numérique.

Pour examiner ces problématiques de plus près, l’UNESCO organisera une conférence mondiale en Ouzbékistan sur le thème « Intelligence artificielle, gouvernance en ligne et accès à l’information » à l’occasion de cette édition 2022 de la Journée internationale de l’accès universel à l’information. Les débats porteront sur la façon dont l’IA peut être utilisée pour donner à tous les moyens d’accéder à l’information, tout en remédiant aux risques qu’elle crée – en s’appuyant sur la Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle, adoptée par les 193 États membres de l’UNESCO en novembre 2021.

Les sociétés contemporaines ont besoin d’un accès inclusif à l’information pour construire un avenir juste, pacifique et durable. En conséquence, l’UNESCO appelle tous les pays à faire de l’information un bien public mondial.

STOPPONS LES CRIMINELS ENVIRONNEMENTAUX ET JUSTICE POUR HENRI RAKOTOARISOA !

STOPPONS LES CRIMINELS ENVIRONNEMENTAUX ET JUSTICE POUR HENRI RAKOTOARISOA !

 

Vendredi 17 juin 2022 – Un meurtre sauvage et sans précédent. Ainsi se qualifie la mise à mort de Henri Rakotoarisoa, président du Vondron’Olona Ifotony (VOI) MAILO. À rappeler que ce meurtre a été commis par un groupe de trafiquants de bois. Le militant écologiste de 70 ans a été retrouvé massacré le 2 juin 2022 sous fond d’histoire de défense des ressources au sein de la forêt primaire d’Ankazondandy-Beparasy entre les districts de Moramanga, Manjakandriana et Andramasina.

 

Des antécédents de conflits

Pour rappel, ce meurtre est en effet une suite d’un conflit de longue date. Henri Rakotoarisoa a déjà maintes fois lancé des alertes concernant les exploitations illicites dans cette zone forestière. En riposte à cela, ces exploitants ont réussi à mettre Henri sous mandat de dépôt pour trouble à l’ordre public en septembre 2021.

D’ailleurs, Henri Rakotoarisoa a effectué avec les autres membres du VOI MAILO une requête pour le transfert de gestion pour la préservation de la forêt naturelle de transition d’Ankazondandy Beparasy, dernier vestige primaire de transition de près de 2000 hectares entre les trois districts précédemment cités. Le décès d’Henri a eu lieu juste au moment où le processus de validation du zonage a été entamé par la Direction Régionale de l’Environnement et du Développement Durable de Moramanga.

 

Déferrement et enquêtes

 

Trente-cinq (35) personnes se sont rendues aux autorités. Les investigations sont en cours. L’affaire a été déférée le 7 juin. Vingt-huit (28) personnes prévenues sur trente-cinq (35) ont été mis en liberté provisoire et 7 d’entre eux ont été placés sous mandat de dépôt. Le procès de ce crime odieux devant le tribunal à Ambatolampy devrait avoir lieu ce lundi 20 juin. La société civile entend suivre de près cette affaire et condamne fermement ces actes de violence et de barbarie.

Derrière cet assassinat se cache une situation peu reluisante pour les activistes et l’environnement :

– Le harcèlement des lanceurs d’alerte et leur non-protection ;

– L’impunité des trafiquants et l’amplification d’un réseau de malfaiteurs ;

– La tergiversation dans les prises de décisions.

Tout converge vers la destruction, la spoliation de nos ressources naturelles de manière galopante. Si à partir de l’Indépendance, la forêt naturelle de Madagascar perd 100.000 hectares de sa couverture tous les ans (en 2017, elle a atteint les 500. 000 hectares selon Global Forest Watch). Nos ressources naturelles telles que les bois précieux, les richesses minières, les ressources halieutiques sont assujetties à un pillage à grande échelle, souvent sous couvert de commanditaires hauts-placés. La question de la pollution se confronte à un atermoiement sur les mesures à prendre. En parallèle, la corruption de grande envergure peine à être endiguée.

– Compte tenu de ces faits, nous Organisations de la Société civile, signataires de ce communiqué, tenons à nous mobiliser pour la protection des lanceurs d’alerte et incitons les Communautés de Base (COBA) et les fokonolona à poursuivre la sauvegarde de nos patrimoines naturels et à ne pas baisser le bras. Que les auteurs du crime soient emprisonnés à perpétuité.

– Nous exhortons le Président de la République de Madagascar à honorer le Velirano n°10 sur la gestion durable des ressources naturelles ainsi que le Velirano n°3 sur la lutte contre la corruption et l’établissement d’une justice équitable. Compte tenu des circonstances actuelles, les crimes environnementaux dans la majorité n’écopent pas la peine qu’il faut. Les dossiers sur les affaires environnementales ne sont pas toujours traités à fonds, les auteurs de crimes environnementaux sont souvent relaxés ou bénéficient souvent de la peine minimale.

L’instauration d’une justice environnementale est essentielle pour le développement durable et présentement, la vie des écologistes Malagasy qui en pâtit.

– Nous demandons au Gouvernement, à la justice malagasy d’honorer la Constitution de la République dans son Préambule qui décrit l’Environnement comme d’Intérêt général et la Charte de l’Environnement malagasy, article 5 : « L’environnement constitue une préoccupation prioritaire de l’État »

– Nous appelons l’État à mieux considérer et à être à l’écoute des organisations de la société civile. Une collaboration franche et transparente serait un gage de réussite dans une meilleure gouvernance environnementale ;

– Un clin d’oeil spécial au secteur privé à lutter contre la corruption et les abus surtout concernant les ressources naturelles et l’environnement. Soyons un secteur privé écoresponsable dans ces actes et moteur de développement pour l’environnement ;

– Nous faisons appel aux partenaires techniques et financiers d’amplifier leur participation dans la gouvernance environnementale. Les assistances en développement seront en vain si elles ne vont pas de pair avec une meilleure gouvernance environnementale.

Tous les acteurs, tous les citoyens sont invités à joindre leur voix aux organisations de la société civile pour que les lanceurs d’alerte et les militants écologiques soient épargnés de toute sanction portant atteinte à leur liberté, surtout à leur vie. Ensemble, luttons contre les injustices environnementales qui ont coûté la vie à l’un des nôtres ! Que la lutte de Henri Rakotoarisoa ne soit pas vaine !

22 plateformes régionales OSC (PFROSC)

ACCE

AFDFP

AFHAM

AGEVAREN

AIFM

AIM

AIM (Action Intercoopération Madagascar)

AJAMF

AJE

AJIPAD

AVG (Alliance Voahary Gasy)

ANAE

Ankoay

APMM

ASITY Madagascar

Asity Madagasikara

ASOS (Action Socio Sanitaire Organisation Secours Madagascar)

Associataion MAMY

BIMTT

CAPROCORNUS

CCOC Madagascar (Collectif des Citoyens et des Organisations Citoyennes)

CEDII (Centre D’echange De Documentation D’information Inter-institutionnelles)

CMP Tandavanala

CNFM (Conseil National des Femmes de Madagascar)

CODE Menabe

COJEAA

COMARESS (COalition MAlagasy pour le REnforcement des Systèmes de Santé et de la Vaccination)

CRADES

CREM

CROPH AA

DELC

DRV (Dinika sy Rindra ho an’ny Vehivavy)

FAFAMA Association

FAFITO FLM

FAMELOGNO

FANAMBY

FANOITRA

FAPBM

FBMM (Fikambanam-Behivavy Malagasy Mihoatra)

FEKRITAMA

FFM Malagasy Mahomby

Fiantso Madagascar

FIFAFI

Fondation Tany Meva

FONIALA

FTMF (Fikambanan’ny Tanora Mandala ny Fahamarinana)

FVTM (Federasiona ny Vehivavy Tantsaha eto Madagasikara)

GERP

GNEFM

GROUPE MANOVA

GTZ (Gny To tsy mba Zainy)

HAJAVAO

HARENA

HERY MIRAY

Ilontsera

JAI

LOVAINJAFY

Madagasikara Voakajy

MICET

MIRANGA

Mitsinjo

MMTM

MONEPT

MONEPT (MOuvement National pour l’Education Pour Tous)

MSIS-tatao (Multi-Sector Information Service/Tohana sy ainga ho an’ny tambazotran’ny olompirenena)

Observatoire de la Jeunesse

Observatoire National des Droits Humains

ONG EDENA

ONG Felana

ONG Hintsy

ONG Ivorary

ONG Làlana

ONG Ravintsara

ONG SAHA (Soa Afafy Hampahomby ny ho Avy)

OPTA

OSER

Paca

PENSER

PFNOSCM /VOIFIRAISANA (Plate-forme Nationale des Organisations de la Société Civile de Madagascar)

PFPH/MAD (Plateforme des Fédérations des Personnes Handicapés de Madagascar)

PFROSC /VOIFIRAISANA Analamanga

PROSC Fitovinany

PROSC Haute Matsiatra

PROSC Sava

PROSC Vatovavy

PROSC Alaotra Mangoro

PROSC Amoron’I Mania

PROSC Analanjirofo

PROSC Androy

PROSC Anosy

PROSC Atsimo Andrefana

PROSC Atsimo Atsinanana

PROSC Atsinanana

PROSC Betsiboka

PROSC Boeny

PROSC Bongolava

PROSC Diana

PROSC FIVE Menabe

PROSC Itasy

PROSC Sofia

PROSC Vakinakaratra

PROSCI Ihorombe

RESEAU SOA

SAF FJKM

SAGE

SIF (Sehatra Iombonana ho an’ny Fananan-tany)

TAFATAFA

Tafo Mihaavo

TAMAMPIRAPI/TVMA

TAMIMPIRAMPI

TARATRA

Transparency International Initiative Madagascar (TI-MG)

UTBU

V3M

VOAHARY SALAMA

Voarisoa Observatoire

28 SEPTEMBRE – JOURNEE INTERNATIONALE POUR L’ACCES UNIVERSEL A L’INFORMATION ÉTAT DE LA PRESSE ET DES MEDIAS : CHRONIQUE D’UNE CRISE ANNONCEE

28 SEPTEMBRE – JOURNEE INTERNATIONALE POUR L’ACCES UNIVERSEL A L’INFORMATION ÉTAT DE LA PRESSE ET DES MEDIAS : CHRONIQUE D’UNE CRISE ANNONCEE

Une fois encore et de trop, l’élection des nouveaux membres du Bureau de l’Ordre des Journalistes de Madagascar (OJM) suscite des remous dans le milieu médiatique. Une fois encore et de trop, la Commission électorale et la Commission de délivrance des cartes professionnelles sont remises en question, une fois encore et de trop, le Ministère de la Communication et de la Culture est accusé par une partie de la presse d’imposture par sa mainmise sur l’Ordre, en faisant élire à tout prix un candidat qui lui serait favorable politiquement. Ces dernières modifications dans le mode électoral apporteraient-elles l’apaisement dans ce métier que tout le monde s’empresse de qualifier de « sacré » mais qui souffre pourtant ces derniers temps des pires suspicions et perd progressivement de sa crédibilité à l’heure des réseaux sociaux et du « tout le monde journaliste » ? La trop forte politisation de l’environnement médiatique est un fait : désormais la totalité des médias mainstream de la place appartiennent à des patrons de presse-politiciens.

Par ailleurs, l’obligation pour chaque candidat de disposer d’une liste de 93 conseillers et suppléants issus des régions et l’exigence de payer pour chacun une caution (évaluée en tout à près de 10 millions d’ariary pour chaque liste de candidat) est considérée comme une entrave aux droits des journalistes, une atteinte à l’égalité des chances des candidats et une instrumentalisation de l’OJM à des fins politiques. Que penser de la tenue des Assemblées générales ? Et le cas des stagiaires ? Certes le Ministère de tutelle avance la question de la décentralisation pour justifier sa démarche. Cependant, la précarité du métier ainsi que la configuration du milieu médiatique régional risquent de favoriser certains types de candidats, les plus nantis et les plus nombreux sur tout le territoire. Bref, cette financiarisation mortifère des futures élections fera assurément l’objet d’importantes contestations qui plongeraient la presse une fois encore et de trop, dans une crise avec tout cela suppose de conséquences.

Cette forte polarisation politique des médias entre pro et anti-régime devrait interpeller sur les vrais rôles des médias publics, réellement au service du public, de tous les publics avec plus de pluralisme, plus de diversité et d’objectivité des informations. À défaut de médias privés politiquement impartiaux, seuls les médias publics peuvent garantir le droit des citoyens à des informations de qualité, équilibrées et objectives, mais aussi le droit politique de l’opposition explicitement prévu par la loi. Tant que les médias publics restent asservis à “la voix de son maître”, ils seront toujours les cibles des attaques politiques.  Les employés, s’ils ne sont pas politisés à leur tour, ne seront que de simples exécutants aux ordres des régimes successifs. Par ailleurs, le risque reste réel, dans le privé, qu’ils soient le porte-voix des idéologies politico-commerciales et économiques de leurs patrons. Dans ces conditions, le libre accès à l’information, la liberté d’informer, la liberté d’expression, le respect de l’éthique et la déontologie font vite place à l’autocensure et à l’instinct de survie. « Le droit de savoir -construire en mieux grâce à l’accès à l’information ». Mais dans ces conditions, la devise cette année de l’Unesco pour la célébration de la Journée Internationale pour l’Accès Universel à l’Information ne sera que vains mots.

Aussi, ILONTSERA, dans son rôle d’Observatoire des médias et de la communication et le CRAAD-OI, interpellent les acteurs médiatiques face aux violences multiformes, langagières notamment, qui déferlent dans les réseaux sociaux et les médias traditionnels en ces temps d’ébullition politique et d’incertitudes. Ilontsera dénonce l’asservissement des populations réduits en spectateurs impuissants aux agressions des dérives communicationnelles : intrigues de palais, saga politico-judiciaire, « fakes news » programmés, règlements de compte politico-médiatiques. Elles vivent leur drame, en proie à une angoisse silencieuse mais réelle et profonde, face à la cherté incontrôlée de la vie, au Kere (la famine), aux criquets, à l’insécurité quotidienne attendant l’heure… Ce climat de décadence généralisée aggrave inexorablement la défiance des publics envers les médias et l’oligarchie politique irresponsables, provoquant ainsi leur démission envers la Res republica. Quelle « citoyenneté » attendre en effet de populations nourries par une communication aussi violente, dégradante et destructrice au détriment de leur Droit fondamental, celui de vivre en paix ?

Face à ces multiples dérives verbales, comportementales qui, portent atteinte aux droits à la dignité, à l’intégrité, à l’humanité des populations déjà profondément meurtries, inhibent toute tentative de co-construction d’un mieux vivre ensemble et aggravent les risques de désintégration sociale, ILONTSERA et le CRAAD-OI invitent les acteurs politiques autant que médiatiques à plus de décence, dans le respect de l’éthique communicationnelle.

 

Fait à Antananarivo, ce 28 septembre 2021

 

Signataires :

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

                                            Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

                                                                                   Media Matters Madagascar

CRAAD-OI

Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement – Océan Indien

“Repeal the Government decision ultimately aimed at dictatorship”

“Repeal the Government decision ultimately aimed at dictatorship”

Stop using the health emergency to justify silencing opponents. It only results in weakening the responses to the Covid-19 epidemics, as well as undermining democracy, the foundation of power and government in Madagascar.

 

In view of the Government decision forbidding the airing of all programmes and discussions, whether political, economic or social on the medias during the health emergency enforced in five of the regions in the Republic of Madagascar, the Order of Journalists and civil society organisations, the signatories of this statement, feel that the rights of citizens to express their opinions and get information, as well as the rights of the medias to freely express opinions and publish information, are seriously threatened.

 

Those are fundamental rights which are enshrined and made mandatory in Articles 10 and 11 of the Malagasy Constitution. They are also contained in the Universal Declaration of Human Rights to which Madagascar is party:

“Article 18 Everyone has the right to freedom of thought, conscience and religion;”

“Article 19 Everyone has the right to freedom of opinion and expression; this right includes freedom to hold opinions without interference and to seek, receive and impart information and ideas through any media and regardless of frontiers.”

Therefore, we demand that the decision be repelled immediately, the medias be free to do their work, and the citizens to express their opinions.

Multiple sources of information, propositions, criticism and discussion are the means through which the government, as well as all the actors and citizens, are enabled to take decisions and put on more responsible behaviours in their responses to the Covid epidemics.

It should be emphasized that we are now facing a situation of health emergency, not of civil or political unrest. Consequently, the political and economic activities of the nation should be carried out smoothly, along with the fight against the epidemics, while scrupulously observing the law and the health emergency measures.

The power in the hands of the Executive, which is intended to lead the organization and implementation of the Covid-19 response, SHOULD BY NO MEANS be used to silence dissenters or kill democracy in Madagascar.

We are calling on the following institutions and international NGOs to take action and immediately condemn that treacherous decision:

  • The citizens of this country;
  • All the national actors;
  • The private sector, particularly those working in the medias
  • The trade unions;
  • The Churches, in particular FFKM
  • The traditional leaders;
  • The leaders and members of all political parties;
  • The institutions working in the defence of human rights and the rule of law (CNIDH, HCDDED);
  • The judicial institutions (the Conseil d’Etat, the High Constitutional Court), the law making institutions (the Senate and the National Assembly), the Human Rights institutions and NGOs (the Office of the High Commissioner for Human Rights, CIVICUS, Frontline Defenders, Reporters Sans Frontières, etc.) as well as the international partners represented in Madagascar (the African Union, SADC, the World Bank, the International Monetary Fund, the United Nations System, the European Union, France, Germany, Switzerland, the USA, South Africa, Russia, China, Norway, United Kingdom, etc..

 

23 April 2021

Signatories of this statement include:

 

Ordre des Journalistes de Madagascar (OJM)

Alliance Voahary Gasy (AVG)

Centre d’Echange et de Documentation Inter-Instiutionnel (CEDII)

Coalition des radios de Madagascar

Coalition Nationale de Plaidoyer Environnemental (CNPE)

Collectif des Citoyens et des Organisations Citoyennes (CCOC)

Conseil national des femmes de madagascar (CNFM)

Dinika sy Rindran’ny Vehivavy (DRV)

Fikambanan’ny Tanora Miaro ny Fahamarinana (FTMF)

Gny To Tsy mba Zainy (GTZ)

ILONTSERA

JAI Association

KMF/CNOE-Fanabeazana Olompirenena

Liberty 32

Mouvement pour l’Education pour tous (MonEPT)

Mouvement ROHY

MSIS-TATAO

Observatoire de la Jeunesse

Observatoire des élections SAFIDY

ONG AIM

ONG FIANTSO

ONG HITSY

ONG IVORARY

ONG LALANA

ONG RAVINTSARA

ONG SAF/FJKM

ONG SAHA

ONG TOLOTSOA

PACA

Plateforme des Fédérations des Personnes Handicapées (PFPH)

Plateforme Nationale des  OSC de Madagascar (PFNOSCM/Vohifiraisana)

Sehatra Iombonana ho an’ny Fananan-tany (SIF)

TAFO MIHAAVO

Transparency International – Initiative Madagascar (TI-MG)

Young Men/Women Christian Association (YMCA)

 Versions Malagasy et Française disponible sur les lien suivants : 

Fanambarana momba ny Fahalalahana maneho hevitra_230421

 Communique Liberté_expression_230421

COMMUNICATION MÉDIATISÉE : SACHONS TIRER LES LEÇONS DE L’HISTOIRE

COMMUNICATION MÉDIATISÉE : SACHONS TIRER LES LEÇONS DE L’HISTOIRE

ILONTSERA, en tant qu’Observatoire des médias et de la communication à Madagascar, ne peut se taire face à l’ambiance délétère dans laquelle se trouve de nouveau le secteur médiatique national (https://www.oeil-maisondesjournalistes.fr/2020/10/13/madagascar). Après les péripéties de la réquisition des médias pour cause de COVID- 19 qui a vu la restriction des libertés de la presse et d’expression, et qui a valu à une journaliste d’être emprisonnée, voilà maintenant les affaires MBS, « Rolly Mercia » et la guerre déclarée entre l’Ordre des Journalistes de Madagascar (OJM) et le Ministère de la communication et de la Culture (MCC) qui viennent perturber l’harmonie et la paix sociales au moment où tous aspirent à plus de sérénité pour se remettre des mois de « galère » dûs au confinement et à l’état d’urgence sanitaire.

            L’histoire devrait nous interpeler à propos de cette nouvelle loi sur la communication médiatisée 2020-006 et sur les tentations des régimes successifs d’inféoder l’Ordre professionnel des journalistes au pouvoir en place. Dès le lendemain de sa création, en 1974, son ancien président, le P. Rémi Ralibera, avait tout fait pour contrer le désir de l’Amiral Didier Ratsiraka d’obliger les journalistes à prêter serment à la Charte de la révolution socialiste. Depuis, cette relation incestueuse entre politique et médias n’a eu de cesse de saper la liberté de presse et d’expression dans le pays au point d’enfanter d’une presse aux ordres, peu professionnelle, maintenue dans un état de précarité chronique qui empêche le respect de l’éthique et de la déontologie.  

            La même histoire devrait nous interpeler sur les conséquences néfastes que cette politisation à outrance du secteur médiatique a sur notre fragile démocratie. Les conflits et les tentatives de politiser l’Ordre, les vengeances politiques entre journalistes, les atteintes détournées à la presse et aux journalistes, la polarisation du milieu médiatico-politique, l’instrumentalisation des lois, …. La même rengaine depuis des années sans que l’on ait voulu y mettre un terme préférant l’alternance en prison que l’alternance démocratique, l’alternance dans la rue plutôt que dans les urnes. Et à ce rythme, ce n’est pas demain la veille tant que rancune, haine et rancœur inondent notre environnement médiatique. La réconciliation ne devrait pas être que politique, elle doit être aussi médiatique.

            Certes, l’idée de décentralisation des structures médiatiques n’est pas mauvaise en soi, comme le stipulait le Sénat à propos des représentations régionales de l’OJM. Mais les intérêts des parlementaires ne sont pas forcément ceux des journalistes, et in fine des citoyens. L’interdiction de publier les informations sur les débats à huis-clos aux parlements qui a été tant décriée par les journalistes eux-mêmes, contrairement à ce qui était prévu dans le projet de loi, en est la preuve. En outre, depuis 2009, la délivrance de la carte de presse et la commission chargée de la délivrer ont toujours suscité la controverse et n’ont cessé de diviser les journalistes. Mais l’on ose espérer que cette fois l’histoire bégaiera et que l’élection des membres du bureau de l’OJM et la distribution des cartes professionnelles se feront pour une fois de manière réellement propre et démocratique.

  Pour toutes ces raisons, ILONTSERA appelle :

 – au respect des libertés de presse et d’expression, consacrées aussi bien par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme que par la Constitution malagasy et la loi sur la communication médiatisée ;

 – à la prise de responsabilité de chacun, journaliste, autorités, Société civile, citoyens, pour œuvrer à l’instauration d’un environnement médiatique plus mesuré et apaisé, qui garantirait plus de sérénité à la population déjà épuisée par la crise du Coronavirus ;

 – à un bon usage de la loi pour qu’elle soit réellement au service de l’intérêt général ;

 – à tirer une bonne fois pour toutes les leçons de l’histoire.

Fait à Antananarivo, le 21 octobre 2020

 

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

                                            Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

                                                                                   Media Matters Madagascar

Fanambarana mikasika ny minisitry ny serasera teo aloha

Fanambarana mikasika ny minisitry ny serasera teo aloha

Manoloana ny didim-pitsarana nanameloka ny Minisitry ny Serasera teo aloha, Andriamatoa Rahajason Harry Laurent ; izay nivoaka ny alakamisy 15 oktobra, dia maneho izao hevitra manaraka izao ny Ilontsera :

  • Araka ny efa hanairan’ny hery velona maro eto amin’ny Firenena, dia mitady hiverina ny fomba jadona, fahavalon’ny Demokrasia ;
  • Zary mifangaro ny fampanajana ny lalàna sy ny fampiasana azy ho famoretana izay sahy maneho hevitra ;
  • Tsy fitaovana politika intsony fotsiny ny Fitsarana fa lasa kilalaon’ireo mihevitra fa « tompon’ny fahefana » ; vitsy ny tsy mandady harona no mbola mahatoky izany rafitra izany, amin’ny antanan-tohatra rehetra ;
  • Zarin’ny mpanao politika hiaina anaty fifandrafesana ny mpiray tanindrazana, ka tsy mahatakatra intsony fa Vahoaka Malagasy tokana ihany.

 

Izany no hisintonanay ny sain’ny : mpitondra, mpanao politika, mpikirakira ny torohay sy ita, malagasy tsy ankanavaka. Mendrika filaminana sy fandrosoana mantsy ny Nosintsika, ary ny fiarahana miaina anaty fahalalahana sy fifanajana dia isan’ny antoka ho an’izany.

 

Natao teto Antananarivo, 15 oktobra 2020

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

                                            Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

                                                                                   Media Matters Madagascar

Il est grand temps que la discréditation et les attaques à l’encontre des Organisations de la Société Civile pour occulter des manquements cessent.

Il est grand temps que la discréditation et les attaques à l’encontre des Organisations de la Société Civile pour occulter des manquements cessent.

 

Fortement interpellées par les homicides suite à la mutinerie et évasion des 88 prisonniers de la maison de détention de Farafangana, le dimanche 23 août 2020 ;

Préoccupées par les répliques arrogantes et étonnamment puériles de certains responsables des forces de défense et de sécurité et membres du Gouvernement censés faire respecter la loi et ayant pour mission d’assurer la sécurité, la paix et la stabilité du pays face aux réactions des défenseurs des droits de l’homme condamnant cet acte barbare ;

Nous, les Organisations de la Société Civile œuvrant pour la promotion et la défense des Droits de l’Homme signataires de cette déclaration, tenons à rappeler et à préciser que :

 1.En adhérant à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et en ratifiant divers instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme dont la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ainsi que le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques, l’Etat Malagasy :

  1. s’est engagé à prendre toutes les mesures nécessaires pour respecter tous les droits humains de tous les Malagasy dont le droit à la vie et le respect de la dignité de chaque citoyen à tout moment et en toutes circonstances ;
  2. a accepté d’être le premier responsable de la protection des droits humains de tous les Malagasy, et est de ce fait responsable et redevable eu égard à toutes formes de violation de ces droits humains par un(e) ou plusieurs agents de l’Etat ;
  3. est tenu de doter les forces de défense et de sécurité de tous les moyens nécessaires pour leur permettre de respecter et de faire respecter ces droits humains, y compris les moyens matériels et les moyens techniques englobant toutes connaissances et compétences requises à cet effet, en l’occurrence la maîtrise des normes et principes internationaux relatifs à l’usage de la force dont les principes de légalité, de nécessité, et de proportionnalité. En aucun cas, le manque de moyens ne peut justifier le non-respect de telles obligations et des lois en vigueur ;
  4. les efforts et réalisations annexes de l’Etat Malagasy en matière de droits de l’homme, d’ailleurs salués par les Organisations de la Société Civile, ne le dispense en aucun cas de s’acquitter de tous ses autres engagements et de se conformer à toutes ses autres obligations y afférents ; 

2 .Il est évident que contrairement à l’Etat, les dahalo n’ont pas pris de tels engagements et ne sauraient en être tenus redevables. Toutefois, les Organisations de la Société Civile sont effectivement affligées par les nombreux décès d’éléments des forces de défense et de sécurité qui sont malheureusement les victimes de l’inadéquation des stratégies adoptées et des moyens mis en œuvre par l’Etat pour combattre ce fléau, tel que nous l’avons clamé à maintes reprises ;

3.Nous condamnons toutes formes de violences et de violations des droits de l’homme quels qu’en soient les auteurs et qui qu’en soient les victimes, et trouvons les ripostes désinvoltes de certains responsables étatiques, accusant et provoquant les Organisations de la Société Civile au lieu d’assumer leurs responsabilités et de prendre d’urgence les dispositions qui s’imposent, profondément irrespectueuses envers ces victimes et extrêmement préoccupantes quant à la considération effective des droits humains de la population Malagasy et au respect des lois en vigueur à Madagascar ;

4.Nous réitérons l’urgence de la nécessité de réviser notre système carcéral marqué par la vétusté des infrastructures et la surpopulation, une situation davantage aggravée par la corruption ;

5. Le cas « Farafangana » n’est que la face visible du délitement de l’appareil administratiet du dysfonctionnement du système de gouvernance minés par la corruption et les abus de certains responsables à tous les niveaux dotés de pouvoir discrétionnaire. Une société où règnent la violence et l’injustice institutionnelle ne peut que faire jaillir et encourager la criminalité. Par conséquent, nous exhortons tous les responsables à réfléchir aux causes de ces maux qui minent notre société, et à trouver ensemble les solutions durables au lieu d’en traiter inutilement les conséquences et d’y apporter des solutions superficielles à des coûts considérables ;

6. Nous réclamons une enquête indépendante à cette tuerie de Farafangana et de celle de Berary (Androy) ainsi qu’à toutes les allégations d’exécutions sommaires perpétrées par des éléments des forces de défense et de sécurité qui ont eu lieu et pour lesquelles il n’y a pas eu de suite jusqu’à présent dans les districts d’Ampanihy, de Mampikony, ainsi que de Betroka malgré nos rappels incessants. Nous osons espérer que ces affaires ne seront pas remises aux calendes grecques comme cela a été le cas jusqu’ici ;

7. A l’instar des Organisations de la Société Civile Malagasy, l’Organisation des Nations Unies a également dénoncé l’usage excessif de la force lors de cette mutinerie lors son point de presse du 28 août 2020 à Genève[1].

https://news.un.org/fr/story/2020/08/1076052?utm_source=UN+News+-+French&utm_campaign=dbfbba3449-EMAIL_CAMPAIGN_2020_08_29_12_00&utm_medium=email&utm_term=0_0264da9d8f-dbfbba3449-107452382

Fait à Antananarivo, le 04 septembre 2020

 

Signataires

  • Plate-Forme Nationale des Organisations de la Société Civile de Madagascar – VOIFIRAISANA (PFNOSCM/VOIFIRAISANA)
  • ONG FIANTSO Madagascar
  • ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture)
  • Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement – Océan Indien (CRAAD-OI) 
  • Collectif pour la défense des terres malgaches – TANY
  • MIFAMA
  • ILONTSERA, OBSERVATOIRE DES MÉDIAS ET DE LA COMMUNICATION, IVOM-PANDALINANA NY TONTOLON’NY SERASERA MAROLAFIKA ETO MADAGASIKARA
  • Consortium National pour la Participation Citoyenne (CNPC)
  • COJEAA (Collectif des OSCs des Jeunes Engagés Atsimo Andrefana)
  • CROPHAA (Collectif Régional des Organisation des Personnes Handicapées Atsimo Andrefana)
  • Conseil de Développement d’Andohatapenaka (CDA)
  • Miantso ny Rà Malagasy (MRM)
  • RMH (Réseau Malgache du Handicap)
  • SEKRIMA
  • 3A (Association Antso Avo)
  • FRDT (Femmes Responsables pour le Developpement de Toliara)
  • FARM (Femmes en Action Rurales de Madagascar)
  • LEMUR (Lead and Educate Madagascar for University Reacherch)
  • APHIDT (Association des Personnes Handicapées Intellectuelles et Dynamique de Toliara)
  • ASAR (Assocition Sportif Antaninarenina de Rugby)
  • Association Croix d’Or
  • Association Gasy Mandroso (AGM)
  • Association ZANAKAMBANIVOLO (SAVA)
  • CADHP (Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples – Section Madagascar)
  • FANOITRA     
  • MIFEM (Ministère de la FEMme)
  • Organisation pour le Développement Intellectuel de Madagascar (ODIMA)
  • CRADES (Comité de Réflexion et d’Action pour le Développement et Environnement de Sambirano)
  • DOJO XXX     
  • JFET (Jeune Femme Engager Toliara)
  • ZATOMA (ZAnaka Toliara MAndroso)
  • RASC-3A (Réseau des Acteurs de la Société Civil Actif Atsimo Andrefana)
  • TGT (Tanora Garen’Teen)
  • JIDT (Jeunes Intégrés et Dynamiques de Toliara)
  • JTM (Jeune Toliara Miray)
  • MIAVOTRA     
  • ONG MIVOATRA
  • TAFAMAHASOATOI (TAmbajotra FAmpandrosoana MAHAritra ho fanaSOAvana ny TOntolo Iainana)
Loi sur la communication – La publication des informations à huis clos interdite

Loi sur la communication – La publication des informations à huis clos interdite

Le Sénat bétonne l’interdiction de publication des débats à huis clos. Un coup dur tant pour l’exercice du journalisme que pour le principe de recevabilité, ainsi que la transparence et l’accès à l’information.

L’ESSENCE même du journalisme moderne est en danger. Le Sénat s’aligne à l’Assemblée nationale. Tout comme les députés, les membres de la Chambre haute refusent l’abrogation de l’article 19 du code de la communication médiatisée.

Le projet de loi portant modification du code de la communication médiatisée a été adopté par l’institution d’Anosy, hier. Les sénateurs y ont apporté quelques amendements, dont le plus important est le maintien des dispositions de
l’article 19 de ce code. Le texte défendu par le ministère de la Communication et de la Culture prévoit, pourtant, l’abrogation de cet article.

L’article 19 du code de la communication actuellement en vigueur prévoit, « est interdite la publication non autorisée des débats à huis clos, des rapports ou tout autre document tenus ou établis au sein des institutions de la République pouvant compromettre l’ordre public ou la sécurité nationale dont l’appréciation relève des juridictions ». À la lecture de la nouvelle formulation votée par la Chambre haute, la disposition est visiblement, plus rigide.

Secret défense

L’amendement apporté par le Sénat au projet de loi adopté, hier, se lit, « toutefois, est interdite la publication des débats à huis clos, des rapports ou tout autre document tenus ou établis au sein des institutions de la République ». Une formulation, de prime abord, en contradiction avec les alinéas précédents, également, adoptés, hier. L’un d’entre eux soutient que « le journaliste a le droit d’accès à toutes les sources d’informations, dont les données et les statistiques. Le journaliste a le droit de s’informer sur tous les faits d’intérêt public ».

Ni les responsables du ministère de la Communication et de la Culture, ni les Organisations de la Société Civile ne sont donc, parvenus à convaincre le Sénat de voter l’abrogation de l’article 19. Durant la commission plénière avant le vote, la Chambre haute aurait soulevé qu’ils s’en tiennent surtout, « au principe du huis clos ». Que dans la gestion d’un État, il y a toujours des sujets qui ne peuvent être rendus publics.

Garry Fabrice Ranaivoson

Paru dans l’Express de Madagascar ce 20 juin 2020