MAGAZINE TRANDRAKA 3

MAGAZINE TRANDRAKA 3

Depuis le début, ILONTSERA est partenaire du magazine d’investigation Trandraka publié par l’UNESCO dans le cadre du Projet Institutions Démocratiques Intègres Représentatives et Crédibles (IDIRC), financé par le Fonds pour la Consolidation de la paix. Il est mis en œuvre par l’UNESCO, le PNUD et le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme, en collaboration avec le Gouvernement Malagasy.

Le numéro 3 du magazine d’investigation Trandraka 3 est sorti officiellement ce jour à l’hôtel du Louvre Antaninarenina. Un évènement couplé avec la sortie de promotion des 25 journalistes nouvellement formés en matière d’investigation, qui ont été les contributeurs du magazine.

Pour cette troisième parution, l’article sélectionné pour faire la Une du magazine est la « Pénurie d’eau dans le Sud entraînant des milliards d’Ariary ‘noyés’ dans le Château d’eau d’Ambovombe ». L’article parle des zones d’ombre qui se cachent derrière cette pénurie d’eau chronique dans le « deep-south » ; malgré l’immense potentiel en ressources naturelles de la région.

Les autres articles sont tous aussi pertinents car ils parlent tous des problèmes de la société Malagasy.

Nous rappelons que « Trandraka » est un magazine gratuit.

Télécharger gratuitement ici le n°3 du magazine

LA DECLARATION D’UTILITE PUBLIQUE NE DOIT PAS ETRE UTILISEE ABUSIVEMENT AU DETRIMENT DES COMMUNAUTES LESEES PAR LE PROJET TOLIARA SANDS

LA DECLARATION D’UTILITE PUBLIQUE NE DOIT PAS ETRE UTILISEE ABUSIVEMENT AU DETRIMENT DES COMMUNAUTES LESEES PAR LE PROJET TOLIARA SANDS

De nombreuses organisations ainsi que le grand public à Madagascar et dans le monde se rappellent les Communiqués publiés par l’association MAZOTO (Miaro Aina-Zon’olombelona-Tontolo iainana) qui regroupe les représentants des communautés riveraines du projet minier Toliara Sands, dans lesquels les responsables de cette association soulignaient le refus de ce projet d’extraction d’ilménite et de métaux lourds précieux par les communautés concernées. Malgré cette opposition exprimée notamment dans un memorandum en date du 5 novembre 2014 par les représentants de 17 fokontany des communes d’Ankilimalinike, Milenake, Tsianisiha, Marofoty, Ankililoaka, et Manombo Sud qui ont pris la parole au cours de l’audience publique du 19 octobre 2014 à Toliara, ce projet minier destructeur de l’environnement et des moyens d’existence des communautés locales a reçu son permis d’exploitation en juin 2016.

Au mois de décembre 2017 et février 2018, les communautés des pêcheurs Vezo ont organisé des manifestations publiques conjointement avec l’Association MA.ZO.TO. pour s’opposer catégoriquement à la construction du port nécessaire au projet Toliara Sands sur la plage d’Andaboy qui constitue non seulement leur unique aire de loisirs mais aussi un site cultuel important pour la communauté Vezo.

Dans ce contexte de contestation grandissante des mesures d’acquisition foncière du projet Toliara Sands, une décision du Conseil des Ministres du 11 avril 2018 a manifesté la volonté délibérée d’étouffer l’opposition légitime des communautés de pêcheurs menacées, avec l’adoption du « Décret déclarant d’Utilité Publique les travaux de construction des infrastructures portuaire et routière reliant le nouveau port au site minier de Toliara Sands SARL situés à environ 50 km au Nord de la ville de Toliara et portant acquisition par voie amiable ou par expropriation pour cause d’utilité publique des parcelles de terrain et/ou immeuble touchés. »

Peu après la prise de fonction du nouveau Ministre des Mines et du Pétrole, le Conseil des Ministres du 18 juillet dernier a pris un « Décret déclarant d’Utilité Publique les travaux d’exploitation dans le périmètre des sites miniers de TOLIARA SANDS SARL situés dans les Communes d’Ankilimalinike, Tsianisiha et portant acquisition par voie amiable ou par expropriation pour cause d’utilité publique des parcelles de terrain et/ou immeubles touchés par ces travaux. »

Le CRAAD-OI et l’Association MA.ZO.TO. ainsi que tous les signataires de ce Communiqué dénoncent avec la plus grande vigueur cet usage de plus en plus abusif de la Déclaration d’Utilité Publique au bénéfice des intérêts privés étrangers des opérateurs du projet Toliara Sands, et au détriment des membres des communautés concernées qui seront obligés de quitter des terres qui étaient leur propriété et leur moyen de subsistance traditionnel.

Nous attirons l’attention des responsables étatiques concernés sur le caractère inacceptable de l’éviction forcée de centaines de milliers d’occupants des terres qu’ils s’apprêtent à faire au moyen de cette Déclaration d’Utilité Publique, et qui aura des conséquences désastreuses sur les droits civils, politiques, fonciers, économiques, sociaux et culturels fondamentaux de ces occupants, que ce soit individuellement ou collectivement. Il est intolérable que la protection des investisseurs étrangers justifie la destruction de ce que les victimes des évictions forcées prévues ont travaillé à édifier pendant des dizaines d’années, et la disparition de leurs moyens d’existence, de leur vie culturelle, communautaire, familiale, et de leurs foyers mêmes.

Nous rappelons aux autorités qu’elles sont les premières responsables du respect et de la protection des droits des communautés concernées, et qu’en tant que membres de la société civile, nous assumerons pleinement nos rôles de veille et d’interpellation à cet égard.

Fait à Antananarivo, ce 18 juillet 2018

 

Les organisations signataires de ce Communiqué sont les suivantes :
Association MA.ZO.TO.
CRAAD-OI
Collectif pour la défense des terres malgaches – TANY
TAFO MIHAAVO
KMF-CNOE
WWF
ILONTSERA – Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar
FENASOBE
Réseau pour la Transparence et la Redevabilité Sociale à Madagascar (RTRSM)

NON À LA BARBARIE, OUI À L’HUMANITÉ

NON À LA BARBARIE, OUI À L’HUMANITÉ

ILONTSERA s’associe aux douleurs des familles endeuillées lors de la manifestation du 21 avril dernier et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. L’Observatoire des médias et de la communication regrette que l’espoir démocratique populaire soulevé fût suivi de crimes et  blessures, aggravant sa régression déjà maintes fois dénoncée. Une fois de trop, le sang a coulé au nom de la politique de la peur, de la barbarie, du déni d’humanité, de l’autisme aux cris de détresse et de désespoir  d’un peuple à genoux, méprisé, exaspéré, saigné à blanc, humilié, dépossédé de ses droits et de son histoire délibérément raturée, condamné malgré lui à une servitude volontaire… la politique des oligarchies du mensonge, de l’imposture, de la vénalité, de l’obsession du pouvoir, de l’argent et de la brillance….

                La politique de l’irresponsabilité  face aux forces de l’ombre, de la finance et des marchés…  la politique des piètres politiciens de métier ou opportunistes dont l’inculture historique et politique est si lamentablement travestie autant par une morgue insolente à travers la violence indécente du langage que l’héritage des dérives autocratiques mortifères dans la pratique du pouvoir, d’où qu’on intervienne. La recherche trop facile de bouc émissaire à leurs carences,  comme le vieux et dangereux réflexe du réveil, déjà perceptible, des fantômes du passé- celui de l’ethnicisation des rapports sociaux et politiques en l’absence d’une force d’analyse- leur restent rédhibitoires.  

                La même cécité politique dans les tentatives de musèlement de Marc Ravalomanana à Toliara (6 janvier 2018) et Ambalavao (18 avril 2018) et d’Andry Rajoelina à Mahajanga (30 mars 2018), le forcing éhonté du vote controversé du projet de loi organique relative aux élections au mépris de la Commission consultative, la duperie programmée du vote de la loi sur les ZES -celle de la prédation institutionnalisée- ont excédé non seulement les partisans des deux camps politiques opposants au régime, mais aussi une frange importante de la majorité jusque là silencieuse et dont la conscience politique est réelle. L’explosion de joie des manifestants investissant légitimement le parvis de l’hôtel de ville suite au repli des forces de défense et de sécurité ce samedi 21 avril 2018 est suffisamment emblématique  d’une vitalité réprimée des aspirations démocratiques.

                La surdité politique aux interpellations répétées de « la société civile » avec le mouvement « Aok’izay » du 15 mars 2018, au communiqué du 29 mars 2018 d’ILONTSERA lancé à qui de droit, conjurant une nouvelle tragédie, précédant le vote contesté du projet de loi sus –cité… mais en vain, est révélatrice  de l’aveuglement d’une gouvernance décadente. OR, la communication politique est prioritairement une affaire d’écoute. Elle ne peut se réduire à un décryptage simpliste, tronqué, limitant, de l’histoire de notre Peuple- celle pré ou post 1972 occultée ou ignorée- à celui d’une lecture courte par des forces conservatrices postcoloniales… à des poncifs éculés.

                Par conséquent, ILONTSERA appelle au respect de la liberté d’expression, des droits civils et politiques et des droits de l’homme, pour plus d’égalité sociale, politique, plus d’humanité,  de fraternité et de solidarité, dans la délibération collective et publique des fokonolona, tout en condamnant la répression des forces démocratiques.

                Par ailleurs, l’Observatoire des médias et de la communication condamne avec fermeté la violence multiforme faite aux journalistes quels que soient leurs organes d’appartenance et leurs tendances politiques. Nous appelons les autorités à une lecture plus lucide de l’histoire, à plus de hauteur et d’ouverture dans le respect des droits incombant à la presse en ces moments tragiques, au nom du droit à l’information de chaque citoyen. Nous renouvelons notre confiance auprès des journalistes qui poursuivront leur difficile mission, celle d’un engagement démocratique, en toute responsabilité, avec vigilance et exigence, dans les circonstances aussi complexes que nous vivons, dans le respect de l’éthique, de la déontologie, celui de la vérité des faits, quelles que soient les issues aujourd’hui encore incertaines de cette situation.

Fait à Antananarivo, ce 23 avril 2018

 

 

 

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar

COMMUNIQUÉ  SUR LA NÉCESSITÉ DE RECONSIDÉRER CERTAINES DISPOSITIONS MÉDIATIQUES ET COMMUNICATIONNELLES DANS LE  PROJET DE LOI ORGANIQUE RELATIVE AU RÉGIME GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS ET DES RÉFÉRENDUMS

COMMUNIQUÉ SUR LA NÉCESSITÉ DE RECONSIDÉRER CERTAINES DISPOSITIONS MÉDIATIQUES ET COMMUNICATIONNELLES DANS LE PROJET DE LOI ORGANIQUE RELATIVE AU RÉGIME GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS ET DES RÉFÉRENDUMS

Malgré la fin de non recevoir aux nombreuses interpellations par ILONTSERA, nous nous devons de relancer l’alerte sur l’urgence de revoir certaines dispositions du Code de la communication médiatisée et in fine du projet de Loi organique relative au régime général des élections et des référendums : des dispositions « suspectes » portant notamment sur l’aspect médiatique et communicationnel des élections au risque de compromettre le traitement équitable et égalitaire de tous les candidats, seul garant d’élections crédibles, apaisées et acceptées par tous. Relevons notamment :

  • L’Autorité Nationale de Régulation de la Communication Médiatisée (ANRCM), l’entité en charge de l’encadrement légal et pratique du secteur, reste inexistante plus de 12 mois après la promulgation du Code la communication médiatisée par le président de la République, contrairement aux dispositions même dudit Code. La Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a de surcroît insisté par ses recommandations sur la nécessité de marquer plus nettement l’impartialité et la neutralité de cet organe. Comment donc avoir osé superbement invoquer dans ledit projet une institution fantôme, objet d’âpres débats aussitôt son annonce dans le code ? Y lirait-on un point aveugle programmé ?

            En rappel : sur les 11 membres de cette Autorité de régulation, 8 sont issus des entités étatiques contre 3 du privé. C’est dire l’omnipotence de l’ANRCM sur les opérateurs privés de la presse et des médias. Comment donc, face à la mise aux oubliettes délibérée de l’ANCRM, justifier dès lors les dispositions transitoires de confier à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) « la plénitude des attributions qui sont conférées à toute Autorité de régulation prévue par la présente Loi organique, jusqu’à leur mise en place »… Une mise en place reportée sine die….

2- L’Article 106 sur l’interdiction de l’usage du drapeau national, ainsi que l’interdiction des «  affichages qui comprennent la combinaison des trois (3) couleurs, blanche, rouge et verte, du drapeau de l’Etat malagasy» interroge sérieusement toute volonté de redynamiser une fierté identitaire déjà sérieusement laminée.  Et de quel ordre de combinaison s’agit-il exactement ? Questionnements donc pour les communicateurs qui devront d’ores et déjà ôter de leurs palettes ces deux couleurs de base Rouge et Vert. Vive les daltoniens !

            3- « Est également interdite l’utilisation de l’hymne national ». Mais au fait, à qui appartient l’hymne malgache ? À l’Etat, à la CENI ? Au peuple Malagasy ? Cette disposition viole implicitement la Constitution qui stipule juste que « l’hymne national est « Ry Tanindrazanay Malala ô ». Ou faudra-t-il plutôt s’adresser aux ayants droits du Pasteur Rahajason et Norbert Raharisoa pour les droits d’auteurs (prescription 70 ans) ?

4-  L’article 110 sur la position des hauts emplois de l’Etat: «  Le temps de parole comprend toute intervention d’un candidat, d’une liste de candidats, d’une entité en faveur d’une option, à l’exception des prises de parole s’inscrivant dans l’exercice d’une fonction publique » ) suscite autant de doute dans la mesure où les dérives de propagande et de soutien direct ou indirect aux candidats du régime seront difficilement répréhensibles faute de délimitation claire entre obligation de service et obligation de réserve et face aux lacunes dans la liste des hauts emplois touchés par l’obligation de neutralité qui exclut notamment les membres du gouvernement (en annexe du projet de loi organique).

5- Par les « conditions de programmation comparable » sur les chaînes publiques et privées (Art- 110), l’idée de tout niveler pour un traitement égalitaire des candidats est certes louable. Cependant, aurait-on oublié que les médias publics et privés fonctionnent dans des logiques économiques différenciées ? Les chaînes publiques sont financées par l’argent public (vous, moi), les stations privées par l’argent privé. Ces dernières, dans leur logique de rendement risquent ainsi de disparaître. Cette disposition mortifère donc, par ailleurs, va manifestement à l’encontre de la liberté d’entreprise stipulée dans la Constitution (Art-41,42).  D’ailleurs, au-delà d’une quarantaine de candidats à la présidentielle et plus d’un millier pour des législatives, ce système serait bien vite dépassé réduisant à une part incongrue l’intervention de chaque candidat.

6- L’Article 113 « Le décompte des temps de parole et des temps d’antenne est transmis par les services de radiodiffusion et de télévision publics et privés à l’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée, tous les vendredis » autorise le doute sur des velléités fascisantes de flicage et un air de retour à la censure officielle ; les plus anciens s’en souviennent assurément. Et en prime : « chaque entreprise de presse audiovisuelle doit tenir un décompte des temps de parole des personnalités politiques et des temps d’antenne accordés à chaque candidat, liste de candidats ou option ». Donc d’énormes tâches et coûts à prévoir pour les stations au vu des  candidats potentiels, à moins d’un logiciel approprié de l’ANRCM  ou la CENI.

 Toujours à l’article 113, « Si, après une mise en demeure, l’entreprise de presse audiovisuelle n’obtempère pas, l’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée est habilitée, selon la gravité du manquement, à prononcer la suspension d’une partie du programme et/ou une sanction pécuniaire (…) » : Sur quels critères définir la gravité du manquement ? Selon quelle échelle ? Des incertitudes qui ouvrent grande la porte aux abus et injustices et par conséquent aux contestations et aux crises.

6- L’article 115 avec l’interdiction « de tout procédé de publicité commerciale par tout moyen de communication audiovisuelle ». Qu’en est-il alors des levées de fonds comme la vente de livres (les « Visions »), les soirées de gala, les opérations commerciales indirectes en tout genre, etc. ?

7 L’article 116 stipule : « Il est interdit à tout candidat de porter à la connaissance du public un élément nouveau de polémique électorale à un moment tel que ses adversaires n’aient pas la possibilité d’y répondre utilement avant la fin de la campagne électorale». Comment, qui va définir ce nouveau concept de « polémique électorale » sorti tout droit de la loi électorale française (Article L48-2) qui n’est d’ailleurs pas la seule disposition copiée ou inspirée, c’est selon, de la loi française (voir également Article L52-1). Quid dès lors du droit à l’information et des rebondissements médiatiques de l’actualité, de la recherche de la vérité ?

 8- L’article 117 sur l’utilisation des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) « ou de toute autre ressource des réseaux sociaux » reste vague et donc ouverte à tous les abus. Elle est admise mais les NTICS « demeurent assujetties au respect des principes de pluralité, d’équité et de transparence, sous le contrôle de l’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée ». L’interrogation s’impose : un contrôle via quel système ? Un système de surveillance illicite, des « hackers publics », « Big brother » aura ses yeux dans chaque ordinateur, sur tous les réseaux sociaux ? Ni la technologie, ni le cerveau, ni la main d’œuvre ne manquent. La dernière expérience russo-américaine devrait nous en apprendre davantage…

9Il est aussi « interdit de publier à travers les différents médias les résultats de sondages d’opinion directement ou indirectement liés aux élections et référendums, ainsi que les études et commentaires journalistiques qui s’y rapportent » (Art-118) durant la campagne électorale ou référendaire officielle et pendant la période du silence électoral, la veille du jour de scrutin. Quid de la liberté d’opinion et d’expression et du droit à l’information reconnus par la Constitution ? Traditionnellement infantilisés, resterions-nous donc incapables de distinguer sondages, manipulations et résultats officiels ? Dans les pays dits démocratiques, les sondages font partie des outils de la démocratie et les citoyens bénéficient de l’éducation électorale adéquate pour pouvoir faire la différence et se familiariser avec cet outil. Existe-t-il une réelle volonté et éthique politiques ?

10- L’article 119 évoque le concept de « communication politique » qui reste flou notamment par rapport aux procédures de contrôle, de destruction et de vérification des fichiers informatiques et soulève une fois de plus la question relative au système de contrôle et le respect de la confidentialité des données.

 

 

            Aussi, ILONTSERA recommande :

– de répondre au préalable à la problématique de l’ANRCM par la mise en place de l’espace de concertation promis, ne serait-ce que pour alléger les énormes tâches de la CENI pendant la période électorale. Une ANRCM indépendante, compétente et ses démembrements est impérative au vu des charges qui lui incombent à la lecture de la loi organique.

– de doter les médias publics d’un statut particulier eu égard la mission spécifique de service public lui incombant, distinctement du privé dont la mission première est de faire du profit. Cela dénouera par l’occasion plusieurs problématiques dont celle des cartes professionnelles et du Code de la communication médiatisée.

– d’apporter plus de précisions sur le flou autour des concepts relevés dans les dispositions suscitées afin d’éviter les quiproquos et les tentatives de manipulation des textes en faveur d’un candidat, au détriment du vrai choix des électeurs.

– de concrétiser la volonté politique affichée dans les principes déclarés au chapitre II dudit projet de loi, sur la campagne électorale et référendaire, souhaitant qu’elle ne soit pas qu’une simple opération de communication.

 

–  d’entreprendre la publication et la publicisation la plus large de la loi votée, en langue malgache et dans un langage courant : cette démarche culturelle reste fondamentale pour notre démocratie fragile ou gravement fragilisée et donc à (re) et/ou (co)construire.

 

– à tous les acteurs électoraux de respecter la déontologie et l’éthique politique et professionnelle au risque d’exacerber la mercantilisation de la campagne électorale, pratique banalisée jusque-là dans les pratiques, faussant ainsi les règles du jeu démocratique. 

 

– à l’Etat d’éviter d’agir par voie d’ordonnance, laquelle reste un mode opératoire décuplant les menaces, un geste anti-démocratique, une expression de l’abus de prérogative de puissance publique qui risque de faire sombrer inutilement le pays dans une crise institutionnelle régressive et dangereuse. 

 

– une plus grande considération des réserves de toutes les forces vives de la Nation sur ce projet de loi organique afin d’instaurer un climat politique et social plus serein et apaisé afin d’éviter au pays de précipiter une fois de trop dans une crise électorale.

 

Fait à Antananarivo, ce 29 mars 2018

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar

MAGAZINE TRANDRAKA

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ILONTSERA est partenaire du magazine d’investigation Trandraka publié par l’UNESCO dans le cadre du Projet Institutions Démocratiques Intègres Représentatives et Crédibles (IDIRC), financé par le Fonds pour la Consolidation de la paix. Il est mis en œuvre par l’UNESCO, le PNUD et le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme, en collaboration avec le Gouvernement Malagasy.

En tant qu’ Observatoire des médias et de la communication, ILONTSERA a apporté sa contribution dans la production de ce Magazine indépendant à travers l’évaluation des articles fournis par les journalistes bénéficiaires de la formation pour que Trandraka atteigne un certain niveau de qualité selon les standards du journalisme d’investigation.

L’ONG, convaincue de la nécessité d’instaurer une communication et une information citoyenne pour une société de paix et prospère, un empowerment citoyen, et selon sa vision de médias responsables au service de citoyens responsabilisés, a tenu à apporter sa part à l’édifice en permettant aux médias et à la société civile de mener à bien ses missions d’interpellations et de plaidoyers pour que la population puisse participer pleinement à la vie de la nation.

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COMMUNIQUÉ INTERPELLATION SUR LA COMMUNICATION À PROPOS DE L’ÉPIDÉMIE DE PESTE

COMMUNIQUÉ INTERPELLATION SUR LA COMMUNICATION À PROPOS DE L’ÉPIDÉMIE DE PESTE

Face aux rumeurs et on dit, à la panique disproportionnée, faute  criminelle d’une communication efficace et d’une circulation plus fluide d’informations crédibles et pertinentes, à la psychose qui touche les populations d’Antananarivo et des environs mais aussi celles d’autres régions face à la tragédie  qui ne dit pas son nom : la peste, ILONTSERA-Observatoire des médias et de la communication- s’interroge  sur les dérives  de langage et/ou excès  communicationnels et informationnels qui s’ajoutent à l’angoisse, aux souffrances des familles victimes éplorées, à l’aveu   de  l’extrême fragilité et vulnérabilité  de tous et du tout, conséquence grave d’un désajustement profond des liens sociaux.

            L’urgence est évidente, impérative : la résorption rapide de l’épidémie. Loin de minimiser l’ampleur du danger que représente cette épidémie de peste, elle est aussi malheureusement l’illustration de problèmes plus profonds dont la perte de confiance mutuelle totale au sein de la société entre politiciens, administration, médias, sociétés civiles et citoyens. Des méfiances réciproques dues à la crise des institutions servant de repères sociaux comme les partis politiques, la justice, les églises, l’éducation, les autorités morales et traditionnelles, et les médias.

            Désormais, toute décision de justice est soupçonnée de corruption, chaque désignation aux hauts emplois de l’Etat ou une admission à un concours d’Etat signifie forcément copinage et favoritisme, tout titre foncier devient suspect, chaque décision ministérielle est contestée. Désormais, toute information « officielle »,dans le sens médiatique du terme,est devenue douteuse et remise en cause car jugée trop politisée. Désormais, le public préfère recouper ces informations de manière horizontale entre les membres de réseaux sociaux ou dans un cadre hors-médias (famille, collègues, amis, etc.) au lieu de se fier aux versions verticales des médias classiques et des autorités officielles auxquelles il « se soumettait »   jusque-là.

            L’heure est grave quand une famille ose exhumer et emporter de force le cadavre d’un mort de la peste pour le mettre dans le tombeau familial. Ou lorsque l’on va jusqu’à faire l’intifada contre les agents du BMH pour les empêcher de lever le corps d’un pestiféré. Et cette manifestation contre l’installation d’une unité de tri en plein quartier censée pourtant assurer une prise en main de proximité ? Il a aussi fallu l’intervention des forces de l’ordre pour maîtriser la colère de deux familles dans le même cas au sein d’un hôpital public. Au-delà de la douleur et de la colère, c’est de cette défiance que nous nous devons de nous inquiéter car elle risque d’entraver toute tentative de maîtriser l’épidémie.

Face à cette situation de crise, ILONTSERA dans sa mission d’observation et d’interpellation appelle:

– les médias à assumer leur rôle de garant de la cohésion sociale, de « ciment social », en dissipant toute forme de rumeur ; en ne divulguant que des informations crédibles,vérifiées, recoupées , en respectant la décence, la moralité, l’objectivité et surtout l’honnêteté, l’éthique et la déontologie, toujours.Il est vrai que le métier de journaliste est des plus durs notamment en cherchant les infos dans des milieux hostiles et infectés mais c’est pour cela que le métier est noble. C’est en ces moments de détresse  que les médias et les journalistes se doivent d’assumer leur responsabilité sociale : les citoyens ont besoin de retrouver leur confiance en vous.

– les autorités compétentes à rendre effectif l’accès égal et universel à l’information que Madagascar vient d’ailleurs d’en célébrer la journée internationale le 28 septembre dernier ; à diffuser des informations vraies, non manipulées, sans velléité politique, de manière équitable et transparente ; à adopter une communication adaptée à la crise en tenant compte de toutes les diversité sociales et politiques mais surtout mettre au cœur du dispositif de communication les FOKONTANY, véritables détenteurs du pouvoir, qui doivent aller au-delà des mises en scènes politico-sociales et faire montre de vigilance face aux récupérations ou/et instrumentalisations séculaires ; à faire connaître au mieux les lois et les codes sur la communication, l’information et la cybercriminalité à travers des actions d’éducation aux médias dont la pratique est plus que jamais opportune au vu des derniers dérapages notés sur Facebook, en particulier concernant cette épidémie de peste.

– les internautes et les usagers des réseaux sociaux  à prendre conscience de l’arme, voire de la bombe qu’ils ont entre leurs mains ; à prendre conscience qu’Internet peut faire du bien mais aussi beaucoup de mal et qu’ainsi, cette liberté que permet le Web exige surtout une prise de responsabilité ; à ne pas oublier que ce sont les journalistes qui sont les professionnels de l’information ; néanmoins les internautes doivent connaître autant que faire se peut les règles morales, éthiques, et légales car comme le dit l’adage, nul n’est censé ignorer la loi.

– les politiciens à cesser d’instrumentaliser les malheurs des gens à des fins propagandistes et des simples visées de pouvoir, car aussi bien pour les tenants du pouvoir que les opposants, le peuple se souviendra au moment voulu ; à assumer pleinement votre rôle qui est d’abord de rassurer le peuple et donner le bon exemple, sur terrain et dans les médias, surtout en ces moments difficiles ; à repenser dans un bref délais la politique de santé publique pour endiguer la prochaine saison pesteuse et faire cesser cette domination des discours d’ auto-dévalorisation et d’autoflagellation  du Malgache à qui l’on rappelle sans cesse que la peste lui est endémique.

– les citoyens à s’informer par tous les moyens car désormais, c’est le cas de le dire, s’informer c’est rester en vie ; à rester sereins et suivre les directives fournies par les autorités compétentes pour combattre l’épidémie ; à ne pas hésiter à se signaler ou signaler les cas suspects de peste ; à ne pas relayer les rumeurs qui ne font qu’aggraver la psychose ambiante.

– la société civile à s’impliquer davantage, à sa manière respective, dans cette lutte contre la peste mais surtout contre l’ignorance, la pauvreté et la fracture sociale qui s’aggrave de plus en plus ; à s’engager plus dans notre première mission qui est de resserrer les liens sociaux dans notre société.

Appelle à TOUS : Sommes-nous prêts au-delà de l’indignation aujourd’hui stérile, sauf respect aux familles éplorées,  à nous organiser, construire, créer, imaginer et capitaliser la prise de conscience des fokonolona au niveau des différents quartiers qui ont démontré ou exhumé et reconquis  ces derniers jours, dans un formidable élan de solidarité,   leur énergie, ny fihavanana,  dévitalisée et/ ou folklorisée  par les oligarchies politiques , « ethniques »,  religieuses, … qui se sont succédés depuis. Faire de cette étape douloureuse de la vie de la nation une occasion de lancer un grand défi de solidarité, de penser aux vrais intérêts de la population et apprendre ou réapprendre à parler au nom de l’Humanitény mahaolona, car maintenant c’est une question de vie ou de mort.

Fait à Antananarivo, le 10 octobre 2017

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar

POV

POV

Anisan’ny sehatra iray lehibe ao anatin’ny ny asa fanaovan-gazety ny sary hitatra. Hitarafana ny etahetam-bahoaka sy ny fomba fahitany ny toe-javatra iray izay mitranga eo amin’ny firenena izy io. Raha tsiahivina ny tantara dia talohan’ny ady lehibe faharoa no efa nisy ny famoahana ny sary hitatra an-gazety izany hoe tany amin’ny taona  1930 tany ho any . Ity fifanakalozana niaraka tamin’ny mpanao sary hitatra an-gazety iray ity no manoritra ny tontolon’izany asa izany sy ny fomba iainany azy.

 

William Rasoanaivo na koa hoe Pov no hahafantarana azy eo amin’ ny sehatry ny fanaovan-gazety. Anaram-bositra fahakely fa nentiny anavahana an’ireo asan-tsary novokariny nandrintra ny 21 taona  niasany teo amin’ny gazety maromaro.

 

“Olom-pirenena tsotra, raim-pianakaviana  misedra ny fiainana toy ny olontsotra maro ka amin’ny alalan’ny sary no hanantanterahako izany.”

 

Gazety Ilampy izay niompana tamin’ny tontolo ambanivohitra no nanombohan’I Pov ny asan-tsary an-gazety voalohany tamin’ny taona 1995. “Nanomboka nanao sary an-gazety isan’andro ary matihanina tanteraka aho rehefa niasa tao amin’ny Midi Madagasikara nanomboka ny taona 1997. Nitohy tao amin’ny l’Express deMadagascar moa izany tamin’ny taona 2013 ka hatramin’izao.”

 

Fitiavana manao sary, zary lasa asa nofinofy

Fony kely i Pov dia efa liana teo amin’ny tontolon’ny sary. Tsy nianatra manokana momba ny haisary anefa izy fa nampiana-tena. Naka tahaka ireo sary anaty boky ary izay hatrany no fomba fianarany mandrak’ankehitriny. “Mampiana-tena amin’ny fandinihana sy fandikàna na fifanakalozana amin’ireo mpanao sary hafa.”

Nampivadiany tamin’ny fitiavana manara-baovao ny fahaizany sary ka nanosika azy hiditra lalindalina kokoa. “Nony nitranga ny irika nahafahako sady nanao sary no nitantara vaovao dia tsy nisalasala aho nirotsaka teo amin’io sehatry ny fanaovana sary an-gazety io.”

Mbola tanora erotrerony i Pov  no nisantatra io asa io, mbola nianatra teny amin’ Anjerimanontolo teo amin’ny lalam-piofanana Siansa taona fahatelo ary nanomana ny fanadinana hidirana taona fahaefatra izy tamin’ny taona 1997. Rehefa tojo an’io asa io anefa izy dia tsapany avy hatrany fa toa tanteraka sahady ny nofiny hatrizay ary nisafidy ny hifantoka tanteraka amin’izany, satria io no lalana tiany hizorana.

“Noho izany dia toa somary nofy ny fahitako ny fiainako satria manao ny asa tiako aho fa nipariaka teny amin’ny olona marobe koa anefa ny asa sariko. Somary nirehareha anaty aho hoe nahatanteraka nofinofy.”

 

Ny elanelana eo amin’ny fanaovana sary sy ny fanaovana sary an-gazety

Raha efa nandiha ny fanaovana sary sy ny fanaovana sary an-gazety i Pov dia nanamarika fa misy mampiavaka azy ireo sehatra asa roa ireo.

Ny mpanao sary amin’ny ankapobeny dia mety hoe mifototra bebe kokoa eo amin’ny lafin’ny kanto, mitantara amin’ny alalan’ny sary  na manao lazam-barotra na koa manampy ahazoana lahatsoratra. Ny mpanao sary an-gazety kosa dia mpamakafaka na mpaneho hevitra mahakasika ny vaovao. Tsy mpanao zavakanto izy fa mpanao gazety.

Misy lafiny roa ny fanaovana sary an-gazety, indrindra ny fanehoan-kevitra momba ny fitantaram-baovao. Voalohany, ny fanaraham-baovao sy ny fandalinan-kevitra manodidina ny vaovao. Io no tena mafonja. Faharoa ny fampitàna izany an-tsary izay ilàna fahaizana maneho hevitra an-tsary. Tsy voatery hahay sary be dia afaka manao sary an-gazety. Ilay fahaizana maneho hevitra an-tsary sy ny halalin’ny famakafakan-kevitra no tena zava-dehibe. Noho izany tsy ampy raha fahaizana sary fotsiny ihany no entina hanaovana sary an-gazety.

Raha ny momba ny sary hitatra kosa dia tahaka  ny saosy ao anaty nahandro no fahitany Pov azy. Manampy tsiro ny sakafo ary manome ny tena maha izy azy. Ny saosy tokoa manko no maha “bolognaise” na “carbonara” ny spaghetti ohatra.

Manana anjara toerana manokana eo amin’ny mpamaky gazety Malagasy ny sary hitatra satria fomba iray mahery vaika hanehoana ny fiforetana anaty izy. Miroborobo ny sary hitatra rehefa be ny zavatra mahasorena na mahonena nefa mahatsiaro tsy afa- manotra ny tena.

Mpanao gazety feno ny mpanao sary an-gazety

Mitondra tena ho mpanao gazety ary manana tombony mihoatra an’ireo mpanao gazety an-tsoratra ny mpanao gazety an-tsary, hoy Pov. Ny fahafahany mikasika haingana kokoa ny saina sy ny fon’ny mpamaky dia hery lehibe satria. Haingana lavitra ny mamaky sary noho ny mamaky lahatsoratra. Mahery vaika kokoa ny sary noho ny soratra amin’ny ankapobeny.

Toy ny asa rehetra anefa dia misy ihany ireo zavatra mety manembatsembana ny fanaovana sary an-gazety ary efa iainana izany. Tsy misy araky ny nambarany ny sakana mivantana fa an-kolaka angaha no mety misy .” mety hoe sary tsy avelan’ny tompon’andraikitry ny gazety havoaka na ny mifanohitra amin’izay : sary tereny havoaka nefa tsy voatery hifanaraka amin’ny hevitr’ilay mpanao sary.”

Mbola sarotra ny fanantanterahana ny fahafahana maneho hevitra, eny fa na ho an’ny mpanao sary hitatra ihany koa aza, kanefa tena ilaina indrindra ho an’ny firenena maniry hampanjaka ny tena demokrasia..

Mahakasika ny raharaha  “Charlie Hebdo “ izay nitranga tany Frantsa ny volana janoary 2015 ka namonoana mpanao gazety maro dia milaza ho nalahelo tokoa aho hoy Pov. Nofaritany manokana fa “Na tsy mitovy toy inona aza ny hevitra dia ny hevitra no ampiadiana sy ifandresena lahatra fa tsy sanatria ny basy no asedra pensilihazo.”

Ny Malagasy sy ny sary hitatra

Tsy vaovao amin ny Malagasy ny sary hitatra satria efa hatry ny ela  raha efa ho valo ambin’ny henim-polo taona lasa izany no nisy io taranja io, . Nitaiza ny mpamaky teny fahizay ny gazety Hehy  notarihin’i Celestin Andriamanantena tamin’ny 1955. Maro koa ny olona tsy mahay mamaky teny frantsay na tsy mahay mamaky teny loatra na tsy mahay mamaky teny mihitsy kanefa liam-baovao. Ankoatranny onjam-peo sy fahita lavitra dia manampy hitia gazety tokoa ny sary hitatra. Efa misy gazety malagasy izao mifantoka amin ny sary hitatra fotsiny toy ny Ngah…

Hoan ny ireo gazety any ivelany ohatra dia milalao ny sary sy ny fampihomehezana entina hanesona ireo zavatra mitranga eo anivonny fiarahamonina, miavaka amin izany ny Charlie Hebdo.

Raha ny hevitry I Pov dia tsy voatery hoe hanao sary mamoafady na manevateva akory satria samy manana ny fadiny ny fiarahamonina tsirairay. Saingy ilaina ny fasahiana sy ny fahaizana manaitaitra ny saina lalandava mba tsy handry manana aretina ny fiarahamonina. Ny fifangarony ny fampiomehezana sy ny fanandrotandrohana ny fetran’ny “azo ekena” no manaitaitra ny saina sy ny fanahin’ny olona.

Paikadin’i Pov

Ny manosika an’i Pov  andrakitra an-tsary ny tranga iray dia ny fifanoherana miseho eo amin’izay lazaina  na lazain’ny mpitondra na lazain’ny vahoaka sy ny zava-misy marina. “Tiako ny mampibaribary ny tranga tsy mandeha arak’izay tokony ho izy mba hampieritreritra ny tompon’andraikitra isanisany.” Ny vaovao ara- politika sy ny ara- tsosialy noho izany no tena ahitany aingam-panahy. “Raha ny marina dia ny politika no tena mahasahana ny gazety mpikirakira vaovao ankapobeny satria ny politika no mandrafitra ny fomba hisedràna ny andavanandro. Lafiny iray ao anatin’ny asa fanaovan-gazety ny sary itatra ary hiresahana bebe kokoa momba ny politika.”

 

IREO DIDY DIMIN’NY MPANAO GAZETY AN-TSARY ARAK’ I Pov

  • Mila olona tia manaraka vaovao ary afaka mahatakatra ny tsatoka manodidina izany.
  • Mila mahay mamakafaka ka mandravona hevitra anaty sary iray.
  • Mila mahay sary kely ihany satria ilay sary no fitaovana anehoana izany. (Marihako anefa fa tsy ilàna mahay sary be ny fanaovana sary an-gazety satria fanehoan-kevitra no atao fa tsy zavakanto akory.)
  • Mahay ny mpanao sary an-gazety iray rehefa mafonja ny hevitra voizina kanefa mitombina sy rariny.
  • Mila mahatsikaiky ilay sary.

 

Njaratiana RAZAFIMANANTSOA

Miora RANDRIANALY

 

 

COMMUNIQUÉ SUR L’ETAT PREOCCUPANT DE LA VIE MEDIATIQUE A MADAGASCAR

COMMUNIQUÉ SUR L’ETAT PREOCCUPANT DE LA VIE MEDIATIQUE A MADAGASCAR

Malheureusement, comme l’avait prévenu ILONTSERA dans son communiqué du 27 février 2017, la guerre médiatique fait rage. Face aux dérives dont celles de réveiller les vieux démons, aux dérapages, à la mauvaise foi et aux coups-bas, le tout dans une ambiance délétère, malsaine, dangereuse, le dialogue est aujourd’hui plus qu’urgent entre les belligérants. Car à l’approche des probables échéances électorales, le pire est peut-être devant nous. L’histoire récente nous a démontré que les médias, quel que soit leur camp, ont été à la fois tour à tour les catalyseurs et les victimes des luttes politiciennes, aux prix d’incendies, de saccages, d’emprisonnements, de violences voire de morts d’homme… et de douloureuses fractures sociales.

            Plateforme, espace ou autres, un penser collectif est ici et maintenant impératif. Le cas de certains journalistes, militant écologiste et internautes poursuivis dans le cadre du droit pénal entretient le flou sur l’application du Code de la Communication Médiatisée, la loi sur la cybercriminalité et l’interprétation de la liberté d’expression et du droit à l’information. En l’absence d’une application stricto sensu des textes en vigueur via notamment les décrets d’application, voire des amendements, ces poursuites donneront toujours l’impression d’une tentative indirecte de museler la presse et de travestir la vérité à travers des « dossiers ».

            L’exemple de la parodie du Président de la République dans son émission « Rendez-vous » en est une illustration : simple délit passible d’amende (port d’une tenue non réglementaire) ? Poursuite « déguisée » pour outrage au Chef de l’Etat ? Au cas où le droit à la parodie, à la caricature et à la satire serait ainsi reconnu, quelles seraient alors les limites ? Des précisions s’imposent dans la mesure où le présent cas risque de faire jurisprudence. Ces genres journalistiques par définition ont toujours existé, à des degrés d’insolence et d’impertinence variables selon la sensibilité de chaque politicien et son appréciation de la liberté et de la démocratie.

            Faut-il le rappeler, la révolution numérique est passée par là : grâce aux chaînes satellitaires, Internet, Facebook, YouTube et autres réseaux sociaux, le public, citadin majoritairement certes, est au fait des avancées planétaires en termes de démocratie, de liberté d’expression et surtout d’opinion. Il mérite bien plus de respect : en ne poursuivant ni les auteurs de l’émission, ni les chaînes de diffusion, les autorités compétentes démontrent certes aux yeux du monde leur volonté de respecter ces libertés et droits, cela va de soi.  Mais la poursuite et la perquisition par la suite chez un des journalistes-auteurs interrogent les citoyens lorsque les clips de chansons et les films de « Dahalo » exhibent les mêmes armes (factices ?) et les tenues « militaires » légalement dédouanées et librement vendues sur les étals.

            Par conséquent, ILONTSERA en tant qu’Observatoire des médias et de la communication dénonce tout acte d’intimidation, de harcèlement et d’atteinte à la personne (physique, psychologique, morale) à l’encontre des journalistes et toute autre personne désirant faire valoir leurs droits à la liberté d’expression et d’opinion. Tout acte de provocation gratuite est tout aussi dénoncé. Cette liberté doit s’exercer dans le respect des règles de déontologie, d’éthique et de moralité. Face à la confusion ambiante dans l’invocation des Code et lois, les décrets d’application s’avèrent urgents. Que l’affaire « Fotoam-bita » ne devienne pas un cas d’école.

            Face à la complexité de l’économie dominante dans la médiasphère locale, conjuguant intérêts politico-médiatiques et financiers des patrons de presse, notamment en période d’élection présidentielle, l’égalité de traitement des journalistes et des organes de presse au nom du droit au pluralisme des idées, à la diversité et à la liberté des opinions et du droit aux critiques EST une exigence. Elle demeure le garant d’une meilleure respiration démocratique en l’absence d’une presse réellement affranchie des jougs politico-financiers. Le même traitement égalitaire est réclamé vis-à-vis du droit à l’engagement politique de chaque journaliste quelque soit son choix, voire celui de son patron, pour conjurer les tentations d’abus de la prérogative de puissance politique.

            Embourbées dans leurs difficultés quotidiennes, les populations, saignées à blanc sont lassées des querelles politiques et règlements de compte politico-médiatiques qui relèguent au second plan la hausse des prix du riz, de la farine, du café, de la JIRAMA, des carburants… en un mot : leurs souffrances. Sans parler de la lutte contre l’insécurité qui se limite pour l’heure à des opérations de communication pendant que les voyageurs des taxi-brousse, les épiciers, les opérateurs économiques et les propriétaires de bovidés se font braqués et tués un peu partout dans l’île. Et que dire des vindictes populaires qui sont désormais devenues d’une banalité dans la presse. La banalisation de la tendance lourde d’actes de violence multiformes et multi-secteurs, au mépris de l’humain, inquiète profondément.

            Aussi, non à l’infantilisation du peuple lorsque, ailleurs, l’heure est déjà au journalisme-citoyen et au public journalism. Engagé pour une conscience médiatique citoyenne, ILONTSERA appelle à plus de retenu et de prise de responsabilité de la part de tous les acteurs médiatiques et politiques. Que le souci du bien commun et du tombontsoa iombonana soient au centre des préoccupations. L’on n’ose imaginer le climat socio-politique et médiatique de 2018 dans la mesure où dès à présent, nombreux médias, déjà en mode pré-campagne, ne se soucient plus que du maintien ou de la conquête du pouvoir au détriment de l’éternelle victime collatérale : le peuple.

Fait à Antananarivo, le 24 juillet 2017

 

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar

COMMUNIQUÉ SUR LA JOURNEE MONDIALE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE

COMMUNIQUÉ SUR LA JOURNEE MONDIALE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE

A l’occasion de ce 3 mai 2017, Journée mondiale de la Liberté de la presse, ILONTSERA- Observatoire des médias et de la communication à Madagascar appelle le monde de la presse malgache à une humble et profonde réflexion quant à l’état réel de cette liberté dans le pays. Au-delà des célébrations officielles et des réjouissances d’usage, cette date doit nous inciter à un instant de recul, un moment d’introspection, et répondre en notre for intérieur, dans la plus grande honnêteté: à quoi sert notre presse actuellement ? Ou plutôt, qui/à qui sert-elle réellement ? Où en est-elle dans sa mission d’éducation citoyenne et de pourvoyeur de connaissances ? Bref, en quoi notre presse nous est-elle bénéfique en matière de développement, celui juste, équitable, durable ?

            Le thème de cette année nous incite d’autant plus à cette auto-(psych)analyse: « Des esprits critiques pour des temps critiques – Le rôle des médias dans la promotion de sociétés justes, pacifiques et inclusives ». Des sujets qui touchent plus que jamais les Malgaches à l’heure des profondes ruptures sociétales, des phénomènes de vindict populaire, de viol, d’insécurité urbaine et rurale, de rumeur, de « fake news » et de bonimenteurs en tout genre. A l’heure aussi des réseaux sociaux, espace de liberté et d’expression par excellence, mais qui, sans une démarche préalable dont l’Education aux médias, ne sera qu’un outil d’exclusion, de fracture, de haine, de violence et de dictature.

            Quel est notre rôle et nos responsabilités pour et dans cette société quand on se met désormais à attaquer et à violer des « religieux », à attiser les conflits religieux pour des enjeux inavoués? Où est notre redevabilité sociale quand la corruption et l’autocensure (parfois douloureuse) sont devenues les règles dans la profession de journaliste et dans les médias, à quelques exceptions près ? L’on dit que souvent la presse est le miroir d’une société. Dans notre cas, une société devenue sans repère, cupide et corrompue, où la majorité vit noyée dans la précarité et la dureté du quotidien. A qui la faute ? Point de bouc émissaire car l’heure est grave. A chaque niveau, l’Etat, l’armée, les médias, les journalistes, l’Ordre des Journalistes de Madagascar (OJM), les Organisations de la Société civile (OSC), les citoyens : tous responsables.

            L’on est ainsi en droit de beaucoup espérer du « nouveau » Ministre de la communication et des relations avec les institutions qui promet de rouvrir les dialogues sur le Code de la Communication Médiatisée tant décrié, afin d’ « instaurer un climat plus serein et apaisé dans le milieu médiatique et journalistique surtout à l’approche des élections ». Au-delà du Code, plusieurs problématiques devraient être également abordées dont l’éthique, la déontologie, la moralité, la responsabilité sociétale de la presse, la précarité du métier, l’avènement d’une culture médiatique locale, les nouveaux modèles économiques des médias, les réalités numériques, etc.

            Cet espace de dialogue ne serait dès lors que le bienvenu et ne devrait chômer vu l’ampleur de la tâche. Mais à condition qu’il soit suivi d’actions et de résultats avec la garantie d’une inclusivité totale, d’une entière liberté d’expression et de critique constructive et surtout d’une vraie volonté politique. Il exigera vigilance de la part des acteurs. L’objectif commun étant d’aboutir à un Code de la Communication Médiatisée moins liberticide à l’heure où la transparence, l’accès à l’information et la liberté d’expression deviennent les normes mondiales en matière de presse et de démocratie. En attendant, ILONTSERA encourage la presse à toujours faire montre de professionalisme, d’engagement et d’honnêteté dans la recherche de la vérité, en toute âme et conscience.

Fait à Antananarivo, le 3 mai 2017

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar

Renforcement de capacités des journalistes free-lance sur le journalisme d’investigation en format cross media

Renforcement de capacités des journalistes free-lance sur le journalisme d’investigation en format cross media

Lancement ce mois d’avril 2017 par ILONTSERA et Malagasy Press Independant (MPI) d’un projet destiné au renforcement de capacité des journalistes freelance sur le journalisme d’investigation en format  cross media. Les journalistes freelance, considérés comme plus indépendants et libres, sont aptes à s’impliquer dans un travail d’investigation plus poussé de par leur disponibilité et la marge de manœuvre que leur offre cette indépendance.

Face à un contexte où la demande de transparence, de bonne gouvernance, de lutte contre la corruption et de liberté d’expression se fait de plus en plus pressante, les journalistes ont plus que jamais besoin d’accompagnement dans l’accomplissement de leur noble mission d’informer et d’éduquer les citoyens et aussi de garants de la démocratie et, à terme, vecteurs de développement durable.

Œuvrant dans l’environnement des médias et de la communication, les deux entités de la Société Civile, avec l’appui du Fonds Commun Multi-bailleurs d’Appui à la Société Civile de Madagascar, inspirent à encourager les journalistes indépendants à s’orienter davantage vers des investigations sur des sujets sociaux d’intérêt public d’une part ; et contribuer à la normalisation du journalisme d’investigation à Madagascar d’autre part.

Des formations, des séances de partage d’expériences assurés par des références dans le domaine des médias, des pratiques de terrain avec à la clé des productions en format cross media seront les principales activités durant les trois mois, durée du projet.

Fait à Antananarivo, le 1 avril 2017

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar