COMMUNIQUÉ  SUR LA NÉCESSITÉ DE RECONSIDÉRER CERTAINES DISPOSITIONS MÉDIATIQUES ET COMMUNICATIONNELLES DANS LE  PROJET DE LOI ORGANIQUE RELATIVE AU RÉGIME GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS ET DES RÉFÉRENDUMS

COMMUNIQUÉ SUR LA NÉCESSITÉ DE RECONSIDÉRER CERTAINES DISPOSITIONS MÉDIATIQUES ET COMMUNICATIONNELLES DANS LE PROJET DE LOI ORGANIQUE RELATIVE AU RÉGIME GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS ET DES RÉFÉRENDUMS

Malgré la fin de non recevoir aux nombreuses interpellations par ILONTSERA, nous nous devons de relancer l’alerte sur l’urgence de revoir certaines dispositions du Code de la communication médiatisée et in fine du projet de Loi organique relative au régime général des élections et des référendums : des dispositions « suspectes » portant notamment sur l’aspect médiatique et communicationnel des élections au risque de compromettre le traitement équitable et égalitaire de tous les candidats, seul garant d’élections crédibles, apaisées et acceptées par tous. Relevons notamment :

  • L’Autorité Nationale de Régulation de la Communication Médiatisée (ANRCM), l’entité en charge de l’encadrement légal et pratique du secteur, reste inexistante plus de 12 mois après la promulgation du Code la communication médiatisée par le président de la République, contrairement aux dispositions même dudit Code. La Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a de surcroît insisté par ses recommandations sur la nécessité de marquer plus nettement l’impartialité et la neutralité de cet organe. Comment donc avoir osé superbement invoquer dans ledit projet une institution fantôme, objet d’âpres débats aussitôt son annonce dans le code ? Y lirait-on un point aveugle programmé ?

            En rappel : sur les 11 membres de cette Autorité de régulation, 8 sont issus des entités étatiques contre 3 du privé. C’est dire l’omnipotence de l’ANRCM sur les opérateurs privés de la presse et des médias. Comment donc, face à la mise aux oubliettes délibérée de l’ANCRM, justifier dès lors les dispositions transitoires de confier à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) « la plénitude des attributions qui sont conférées à toute Autorité de régulation prévue par la présente Loi organique, jusqu’à leur mise en place »… Une mise en place reportée sine die….

2- L’Article 106 sur l’interdiction de l’usage du drapeau national, ainsi que l’interdiction des «  affichages qui comprennent la combinaison des trois (3) couleurs, blanche, rouge et verte, du drapeau de l’Etat malagasy» interroge sérieusement toute volonté de redynamiser une fierté identitaire déjà sérieusement laminée.  Et de quel ordre de combinaison s’agit-il exactement ? Questionnements donc pour les communicateurs qui devront d’ores et déjà ôter de leurs palettes ces deux couleurs de base Rouge et Vert. Vive les daltoniens !

            3- « Est également interdite l’utilisation de l’hymne national ». Mais au fait, à qui appartient l’hymne malgache ? À l’Etat, à la CENI ? Au peuple Malagasy ? Cette disposition viole implicitement la Constitution qui stipule juste que « l’hymne national est « Ry Tanindrazanay Malala ô ». Ou faudra-t-il plutôt s’adresser aux ayants droits du Pasteur Rahajason et Norbert Raharisoa pour les droits d’auteurs (prescription 70 ans) ?

4-  L’article 110 sur la position des hauts emplois de l’Etat: «  Le temps de parole comprend toute intervention d’un candidat, d’une liste de candidats, d’une entité en faveur d’une option, à l’exception des prises de parole s’inscrivant dans l’exercice d’une fonction publique » ) suscite autant de doute dans la mesure où les dérives de propagande et de soutien direct ou indirect aux candidats du régime seront difficilement répréhensibles faute de délimitation claire entre obligation de service et obligation de réserve et face aux lacunes dans la liste des hauts emplois touchés par l’obligation de neutralité qui exclut notamment les membres du gouvernement (en annexe du projet de loi organique).

5- Par les « conditions de programmation comparable » sur les chaînes publiques et privées (Art- 110), l’idée de tout niveler pour un traitement égalitaire des candidats est certes louable. Cependant, aurait-on oublié que les médias publics et privés fonctionnent dans des logiques économiques différenciées ? Les chaînes publiques sont financées par l’argent public (vous, moi), les stations privées par l’argent privé. Ces dernières, dans leur logique de rendement risquent ainsi de disparaître. Cette disposition mortifère donc, par ailleurs, va manifestement à l’encontre de la liberté d’entreprise stipulée dans la Constitution (Art-41,42).  D’ailleurs, au-delà d’une quarantaine de candidats à la présidentielle et plus d’un millier pour des législatives, ce système serait bien vite dépassé réduisant à une part incongrue l’intervention de chaque candidat.

6- L’Article 113 « Le décompte des temps de parole et des temps d’antenne est transmis par les services de radiodiffusion et de télévision publics et privés à l’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée, tous les vendredis » autorise le doute sur des velléités fascisantes de flicage et un air de retour à la censure officielle ; les plus anciens s’en souviennent assurément. Et en prime : « chaque entreprise de presse audiovisuelle doit tenir un décompte des temps de parole des personnalités politiques et des temps d’antenne accordés à chaque candidat, liste de candidats ou option ». Donc d’énormes tâches et coûts à prévoir pour les stations au vu des  candidats potentiels, à moins d’un logiciel approprié de l’ANRCM  ou la CENI.

 Toujours à l’article 113, « Si, après une mise en demeure, l’entreprise de presse audiovisuelle n’obtempère pas, l’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée est habilitée, selon la gravité du manquement, à prononcer la suspension d’une partie du programme et/ou une sanction pécuniaire (…) » : Sur quels critères définir la gravité du manquement ? Selon quelle échelle ? Des incertitudes qui ouvrent grande la porte aux abus et injustices et par conséquent aux contestations et aux crises.

6- L’article 115 avec l’interdiction « de tout procédé de publicité commerciale par tout moyen de communication audiovisuelle ». Qu’en est-il alors des levées de fonds comme la vente de livres (les « Visions »), les soirées de gala, les opérations commerciales indirectes en tout genre, etc. ?

7 L’article 116 stipule : « Il est interdit à tout candidat de porter à la connaissance du public un élément nouveau de polémique électorale à un moment tel que ses adversaires n’aient pas la possibilité d’y répondre utilement avant la fin de la campagne électorale». Comment, qui va définir ce nouveau concept de « polémique électorale » sorti tout droit de la loi électorale française (Article L48-2) qui n’est d’ailleurs pas la seule disposition copiée ou inspirée, c’est selon, de la loi française (voir également Article L52-1). Quid dès lors du droit à l’information et des rebondissements médiatiques de l’actualité, de la recherche de la vérité ?

 8- L’article 117 sur l’utilisation des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) « ou de toute autre ressource des réseaux sociaux » reste vague et donc ouverte à tous les abus. Elle est admise mais les NTICS « demeurent assujetties au respect des principes de pluralité, d’équité et de transparence, sous le contrôle de l’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée ». L’interrogation s’impose : un contrôle via quel système ? Un système de surveillance illicite, des « hackers publics », « Big brother » aura ses yeux dans chaque ordinateur, sur tous les réseaux sociaux ? Ni la technologie, ni le cerveau, ni la main d’œuvre ne manquent. La dernière expérience russo-américaine devrait nous en apprendre davantage…

9Il est aussi « interdit de publier à travers les différents médias les résultats de sondages d’opinion directement ou indirectement liés aux élections et référendums, ainsi que les études et commentaires journalistiques qui s’y rapportent » (Art-118) durant la campagne électorale ou référendaire officielle et pendant la période du silence électoral, la veille du jour de scrutin. Quid de la liberté d’opinion et d’expression et du droit à l’information reconnus par la Constitution ? Traditionnellement infantilisés, resterions-nous donc incapables de distinguer sondages, manipulations et résultats officiels ? Dans les pays dits démocratiques, les sondages font partie des outils de la démocratie et les citoyens bénéficient de l’éducation électorale adéquate pour pouvoir faire la différence et se familiariser avec cet outil. Existe-t-il une réelle volonté et éthique politiques ?

10- L’article 119 évoque le concept de « communication politique » qui reste flou notamment par rapport aux procédures de contrôle, de destruction et de vérification des fichiers informatiques et soulève une fois de plus la question relative au système de contrôle et le respect de la confidentialité des données.

 

 

            Aussi, ILONTSERA recommande :

– de répondre au préalable à la problématique de l’ANRCM par la mise en place de l’espace de concertation promis, ne serait-ce que pour alléger les énormes tâches de la CENI pendant la période électorale. Une ANRCM indépendante, compétente et ses démembrements est impérative au vu des charges qui lui incombent à la lecture de la loi organique.

– de doter les médias publics d’un statut particulier eu égard la mission spécifique de service public lui incombant, distinctement du privé dont la mission première est de faire du profit. Cela dénouera par l’occasion plusieurs problématiques dont celle des cartes professionnelles et du Code de la communication médiatisée.

– d’apporter plus de précisions sur le flou autour des concepts relevés dans les dispositions suscitées afin d’éviter les quiproquos et les tentatives de manipulation des textes en faveur d’un candidat, au détriment du vrai choix des électeurs.

– de concrétiser la volonté politique affichée dans les principes déclarés au chapitre II dudit projet de loi, sur la campagne électorale et référendaire, souhaitant qu’elle ne soit pas qu’une simple opération de communication.

 

–  d’entreprendre la publication et la publicisation la plus large de la loi votée, en langue malgache et dans un langage courant : cette démarche culturelle reste fondamentale pour notre démocratie fragile ou gravement fragilisée et donc à (re) et/ou (co)construire.

 

– à tous les acteurs électoraux de respecter la déontologie et l’éthique politique et professionnelle au risque d’exacerber la mercantilisation de la campagne électorale, pratique banalisée jusque-là dans les pratiques, faussant ainsi les règles du jeu démocratique. 

 

– à l’Etat d’éviter d’agir par voie d’ordonnance, laquelle reste un mode opératoire décuplant les menaces, un geste anti-démocratique, une expression de l’abus de prérogative de puissance publique qui risque de faire sombrer inutilement le pays dans une crise institutionnelle régressive et dangereuse. 

 

– une plus grande considération des réserves de toutes les forces vives de la Nation sur ce projet de loi organique afin d’instaurer un climat politique et social plus serein et apaisé afin d’éviter au pays de précipiter une fois de trop dans une crise électorale.

 

Fait à Antananarivo, ce 29 mars 2018

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar

MAGAZINE TRANDRAKA

MAGAZINE TRANDRAKA

ILONTSERA est partenaire du magazine d’investigation Trandraka publié par l’UNESCO dans le cadre du Projet Institutions Démocratiques Intègres Représentatives et Crédibles (IDIRC), financé par le Fonds pour la Consolidation de la paix. Il est mis en œuvre par l’UNESCO, le PNUD et le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme, en collaboration avec le Gouvernement Malagasy.

En tant que Observatoire des médias et de la communication, ILONTSERA a apporté sa contribution dans la production de ce Magazine indépendant à travers l’évaluation des articles fournis par les journalistes bénéficiaires de la formation pour que Trandraka atteigne un certain niveau de qualité selon les standards du journalisme d’investigation.

L’ONG, convaincue de la nécessité d’instaurer une communication et une information citoyennes pour une société en paix et prospère, un empowerment citoyen, et selon sa vision de médias responsables au service de citoyens responsabilisés, a tenu à apporter sa part à l’édifice en permettant aux médias et à la société civile de mener à bien ses missions d’interpellations et de plaidoyers pour que la population puisse participer pleinement à la vie de la nation.

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COMMUNIQUÉ INTERPELLATION SUR LA COMMUNICATION À PROPOS DE L’ÉPIDÉMIE DE PESTE

COMMUNIQUÉ INTERPELLATION SUR LA COMMUNICATION À PROPOS DE L’ÉPIDÉMIE DE PESTE

Face aux rumeurs et on dit, à la panique disproportionnée, faute  criminelle d’une communication efficace et d’une circulation plus fluide d’informations crédibles et pertinentes, à la psychose qui touche les populations d’Antananarivo et des environs mais aussi celles d’autres régions face à la tragédie  qui ne dit pas son nom : la peste, ILONTSERA-Observatoire des médias et de la communication- s’interroge  sur les dérives  de langage et/ou excès  communicationnels et informationnels qui s’ajoutent à l’angoisse, aux souffrances des familles victimes éplorées, à l’aveu   de  l’extrême fragilité et vulnérabilité  de tous et du tout, conséquence grave d’un désajustement profond des liens sociaux.

            L’urgence est évidente, impérative : la résorption rapide de l’épidémie. Loin de minimiser l’ampleur du danger que représente cette épidémie de peste, elle est aussi malheureusement l’illustration de problèmes plus profonds dont la perte de confiance mutuelle totale au sein de la société entre politiciens, administration, médias, sociétés civiles et citoyens. Des méfiances réciproques dues à la crise des institutions servant de repères sociaux comme les partis politiques, la justice, les églises, l’éducation, les autorités morales et traditionnelles, et les médias.

            Désormais, toute décision de justice est soupçonnée de corruption, chaque désignation aux hauts emplois de l’Etat ou une admission à un concours d’Etat signifie forcément copinage et favoritisme, tout titre foncier devient suspect, chaque décision ministérielle est contestée. Désormais, toute information « officielle »,dans le sens médiatique du terme,est devenue douteuse et remise en cause car jugée trop politisée. Désormais, le public préfère recouper ces informations de manière horizontale entre les membres de réseaux sociaux ou dans un cadre hors-médias (famille, collègues, amis, etc.) au lieu de se fier aux versions verticales des médias classiques et des autorités officielles auxquelles il « se soumettait »   jusque-là.

            L’heure est grave quand une famille ose exhumer et emporter de force le cadavre d’un mort de la peste pour le mettre dans le tombeau familial. Ou lorsque l’on va jusqu’à faire l’intifada contre les agents du BMH pour les empêcher de lever le corps d’un pestiféré. Et cette manifestation contre l’installation d’une unité de tri en plein quartier censée pourtant assurer une prise en main de proximité ? Il a aussi fallu l’intervention des forces de l’ordre pour maîtriser la colère de deux familles dans le même cas au sein d’un hôpital public. Au-delà de la douleur et de la colère, c’est de cette défiance que nous nous devons de nous inquiéter car elle risque d’entraver toute tentative de maîtriser l’épidémie.

Face à cette situation de crise, ILONTSERA dans sa mission d’observation et d’interpellation appelle:

– les médias à assumer leur rôle de garant de la cohésion sociale, de « ciment social », en dissipant toute forme de rumeur ; en ne divulguant que des informations crédibles,vérifiées, recoupées , en respectant la décence, la moralité, l’objectivité et surtout l’honnêteté, l’éthique et la déontologie, toujours.Il est vrai que le métier de journaliste est des plus durs notamment en cherchant les infos dans des milieux hostiles et infectés mais c’est pour cela que le métier est noble. C’est en ces moments de détresse  que les médias et les journalistes se doivent d’assumer leur responsabilité sociale : les citoyens ont besoin de retrouver leur confiance en vous.

– les autorités compétentes à rendre effectif l’accès égal et universel à l’information que Madagascar vient d’ailleurs d’en célébrer la journée internationale le 28 septembre dernier ; à diffuser des informations vraies, non manipulées, sans velléité politique, de manière équitable et transparente ; à adopter une communication adaptée à la crise en tenant compte de toutes les diversité sociales et politiques mais surtout mettre au cœur du dispositif de communication les FOKONTANY, véritables détenteurs du pouvoir, qui doivent aller au-delà des mises en scènes politico-sociales et faire montre de vigilance face aux récupérations ou/et instrumentalisations séculaires ; à faire connaître au mieux les lois et les codes sur la communication, l’information et la cybercriminalité à travers des actions d’éducation aux médias dont la pratique est plus que jamais opportune au vu des derniers dérapages notés sur Facebook, en particulier concernant cette épidémie de peste.

– les internautes et les usagers des réseaux sociaux  à prendre conscience de l’arme, voire de la bombe qu’ils ont entre leurs mains ; à prendre conscience qu’Internet peut faire du bien mais aussi beaucoup de mal et qu’ainsi, cette liberté que permet le Web exige surtout une prise de responsabilité ; à ne pas oublier que ce sont les journalistes qui sont les professionnels de l’information ; néanmoins les internautes doivent connaître autant que faire se peut les règles morales, éthiques, et légales car comme le dit l’adage, nul n’est censé ignorer la loi.

– les politiciens à cesser d’instrumentaliser les malheurs des gens à des fins propagandistes et des simples visées de pouvoir, car aussi bien pour les tenants du pouvoir que les opposants, le peuple se souviendra au moment voulu ; à assumer pleinement votre rôle qui est d’abord de rassurer le peuple et donner le bon exemple, sur terrain et dans les médias, surtout en ces moments difficiles ; à repenser dans un bref délais la politique de santé publique pour endiguer la prochaine saison pesteuse et faire cesser cette domination des discours d’ auto-dévalorisation et d’autoflagellation  du Malgache à qui l’on rappelle sans cesse que la peste lui est endémique.

– les citoyens à s’informer par tous les moyens car désormais, c’est le cas de le dire, s’informer c’est rester en vie ; à rester sereins et suivre les directives fournies par les autorités compétentes pour combattre l’épidémie ; à ne pas hésiter à se signaler ou signaler les cas suspects de peste ; à ne pas relayer les rumeurs qui ne font qu’aggraver la psychose ambiante.

– la société civile à s’impliquer davantage, à sa manière respective, dans cette lutte contre la peste mais surtout contre l’ignorance, la pauvreté et la fracture sociale qui s’aggrave de plus en plus ; à s’engager plus dans notre première mission qui est de resserrer les liens sociaux dans notre société.

Appelle à TOUS : Sommes-nous prêts au-delà de l’indignation aujourd’hui stérile, sauf respect aux familles éplorées,  à nous organiser, construire, créer, imaginer et capitaliser la prise de conscience des fokonolona au niveau des différents quartiers qui ont démontré ou exhumé et reconquis  ces derniers jours, dans un formidable élan de solidarité,   leur énergie, ny fihavanana,  dévitalisée et/ ou folklorisée  par les oligarchies politiques , « ethniques »,  religieuses, … qui se sont succédés depuis. Faire de cette étape douloureuse de la vie de la nation une occasion de lancer un grand défi de solidarité, de penser aux vrais intérêts de la population et apprendre ou réapprendre à parler au nom de l’Humanitény mahaolona, car maintenant c’est une question de vie ou de mort.

Fait à Antananarivo, le 10 octobre 2017

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar

POV

POV

Anisan’ny sehatra iray lehibe ao anatin’ny ny asa fanaovan-gazety ny sary hitatra. Hitarafana ny etahetam-bahoaka sy ny fomba fahitany ny toe-javatra iray izay mitranga eo amin’ny firenena izy io. Raha tsiahivina ny tantara dia talohan’ny ady lehibe faharoa no efa nisy ny famoahana ny sary hitatra an-gazety izany hoe tany amin’ny taona  1930 tany ho any . Ity fifanakalozana niaraka tamin’ny mpanao sary hitatra an-gazety iray ity no manoritra ny tontolon’izany asa izany sy ny fomba iainany azy.

 

William Rasoanaivo na koa hoe Pov no hahafantarana azy eo amin’ ny sehatry ny fanaovan-gazety. Anaram-bositra fahakely fa nentiny anavahana an’ireo asan-tsary novokariny nandrintra ny 21 taona  niasany teo amin’ny gazety maromaro.

 

“Olom-pirenena tsotra, raim-pianakaviana  misedra ny fiainana toy ny olontsotra maro ka amin’ny alalan’ny sary no hanantanterahako izany.”

 

Gazety Ilampy izay niompana tamin’ny tontolo ambanivohitra no nanombohan’I Pov ny asan-tsary an-gazety voalohany tamin’ny taona 1995. “Nanomboka nanao sary an-gazety isan’andro ary matihanina tanteraka aho rehefa niasa tao amin’ny Midi Madagasikara nanomboka ny taona 1997. Nitohy tao amin’ny l’Express deMadagascar moa izany tamin’ny taona 2013 ka hatramin’izao.”

 

Fitiavana manao sary, zary lasa asa nofinofy

Fony kely i Pov dia efa liana teo amin’ny tontolon’ny sary. Tsy nianatra manokana momba ny haisary anefa izy fa nampiana-tena. Naka tahaka ireo sary anaty boky ary izay hatrany no fomba fianarany mandrak’ankehitriny. “Mampiana-tena amin’ny fandinihana sy fandikàna na fifanakalozana amin’ireo mpanao sary hafa.”

Nampivadiany tamin’ny fitiavana manara-baovao ny fahaizany sary ka nanosika azy hiditra lalindalina kokoa. “Nony nitranga ny irika nahafahako sady nanao sary no nitantara vaovao dia tsy nisalasala aho nirotsaka teo amin’io sehatry ny fanaovana sary an-gazety io.”

Mbola tanora erotrerony i Pov  no nisantatra io asa io, mbola nianatra teny amin’ Anjerimanontolo teo amin’ny lalam-piofanana Siansa taona fahatelo ary nanomana ny fanadinana hidirana taona fahaefatra izy tamin’ny taona 1997. Rehefa tojo an’io asa io anefa izy dia tsapany avy hatrany fa toa tanteraka sahady ny nofiny hatrizay ary nisafidy ny hifantoka tanteraka amin’izany, satria io no lalana tiany hizorana.

“Noho izany dia toa somary nofy ny fahitako ny fiainako satria manao ny asa tiako aho fa nipariaka teny amin’ny olona marobe koa anefa ny asa sariko. Somary nirehareha anaty aho hoe nahatanteraka nofinofy.”

 

Ny elanelana eo amin’ny fanaovana sary sy ny fanaovana sary an-gazety

Raha efa nandiha ny fanaovana sary sy ny fanaovana sary an-gazety i Pov dia nanamarika fa misy mampiavaka azy ireo sehatra asa roa ireo.

Ny mpanao sary amin’ny ankapobeny dia mety hoe mifototra bebe kokoa eo amin’ny lafin’ny kanto, mitantara amin’ny alalan’ny sary  na manao lazam-barotra na koa manampy ahazoana lahatsoratra. Ny mpanao sary an-gazety kosa dia mpamakafaka na mpaneho hevitra mahakasika ny vaovao. Tsy mpanao zavakanto izy fa mpanao gazety.

Misy lafiny roa ny fanaovana sary an-gazety, indrindra ny fanehoan-kevitra momba ny fitantaram-baovao. Voalohany, ny fanaraham-baovao sy ny fandalinan-kevitra manodidina ny vaovao. Io no tena mafonja. Faharoa ny fampitàna izany an-tsary izay ilàna fahaizana maneho hevitra an-tsary. Tsy voatery hahay sary be dia afaka manao sary an-gazety. Ilay fahaizana maneho hevitra an-tsary sy ny halalin’ny famakafakan-kevitra no tena zava-dehibe. Noho izany tsy ampy raha fahaizana sary fotsiny ihany no entina hanaovana sary an-gazety.

Raha ny momba ny sary hitatra kosa dia tahaka  ny saosy ao anaty nahandro no fahitany Pov azy. Manampy tsiro ny sakafo ary manome ny tena maha izy azy. Ny saosy tokoa manko no maha “bolognaise” na “carbonara” ny spaghetti ohatra.

Manana anjara toerana manokana eo amin’ny mpamaky gazety Malagasy ny sary hitatra satria fomba iray mahery vaika hanehoana ny fiforetana anaty izy. Miroborobo ny sary hitatra rehefa be ny zavatra mahasorena na mahonena nefa mahatsiaro tsy afa- manotra ny tena.

Mpanao gazety feno ny mpanao sary an-gazety

Mitondra tena ho mpanao gazety ary manana tombony mihoatra an’ireo mpanao gazety an-tsoratra ny mpanao gazety an-tsary, hoy Pov. Ny fahafahany mikasika haingana kokoa ny saina sy ny fon’ny mpamaky dia hery lehibe satria. Haingana lavitra ny mamaky sary noho ny mamaky lahatsoratra. Mahery vaika kokoa ny sary noho ny soratra amin’ny ankapobeny.

Toy ny asa rehetra anefa dia misy ihany ireo zavatra mety manembatsembana ny fanaovana sary an-gazety ary efa iainana izany. Tsy misy araky ny nambarany ny sakana mivantana fa an-kolaka angaha no mety misy .” mety hoe sary tsy avelan’ny tompon’andraikitry ny gazety havoaka na ny mifanohitra amin’izay : sary tereny havoaka nefa tsy voatery hifanaraka amin’ny hevitr’ilay mpanao sary.”

Mbola sarotra ny fanantanterahana ny fahafahana maneho hevitra, eny fa na ho an’ny mpanao sary hitatra ihany koa aza, kanefa tena ilaina indrindra ho an’ny firenena maniry hampanjaka ny tena demokrasia..

Mahakasika ny raharaha  “Charlie Hebdo “ izay nitranga tany Frantsa ny volana janoary 2015 ka namonoana mpanao gazety maro dia milaza ho nalahelo tokoa aho hoy Pov. Nofaritany manokana fa “Na tsy mitovy toy inona aza ny hevitra dia ny hevitra no ampiadiana sy ifandresena lahatra fa tsy sanatria ny basy no asedra pensilihazo.”

Ny Malagasy sy ny sary hitatra

Tsy vaovao amin ny Malagasy ny sary hitatra satria efa hatry ny ela  raha efa ho valo ambin’ny henim-polo taona lasa izany no nisy io taranja io, . Nitaiza ny mpamaky teny fahizay ny gazety Hehy  notarihin’i Celestin Andriamanantena tamin’ny 1955. Maro koa ny olona tsy mahay mamaky teny frantsay na tsy mahay mamaky teny loatra na tsy mahay mamaky teny mihitsy kanefa liam-baovao. Ankoatranny onjam-peo sy fahita lavitra dia manampy hitia gazety tokoa ny sary hitatra. Efa misy gazety malagasy izao mifantoka amin ny sary hitatra fotsiny toy ny Ngah…

Hoan ny ireo gazety any ivelany ohatra dia milalao ny sary sy ny fampihomehezana entina hanesona ireo zavatra mitranga eo anivonny fiarahamonina, miavaka amin izany ny Charlie Hebdo.

Raha ny hevitry I Pov dia tsy voatery hoe hanao sary mamoafady na manevateva akory satria samy manana ny fadiny ny fiarahamonina tsirairay. Saingy ilaina ny fasahiana sy ny fahaizana manaitaitra ny saina lalandava mba tsy handry manana aretina ny fiarahamonina. Ny fifangarony ny fampiomehezana sy ny fanandrotandrohana ny fetran’ny “azo ekena” no manaitaitra ny saina sy ny fanahin’ny olona.

Paikadin’i Pov

Ny manosika an’i Pov  andrakitra an-tsary ny tranga iray dia ny fifanoherana miseho eo amin’izay lazaina  na lazain’ny mpitondra na lazain’ny vahoaka sy ny zava-misy marina. “Tiako ny mampibaribary ny tranga tsy mandeha arak’izay tokony ho izy mba hampieritreritra ny tompon’andraikitra isanisany.” Ny vaovao ara- politika sy ny ara- tsosialy noho izany no tena ahitany aingam-panahy. “Raha ny marina dia ny politika no tena mahasahana ny gazety mpikirakira vaovao ankapobeny satria ny politika no mandrafitra ny fomba hisedràna ny andavanandro. Lafiny iray ao anatin’ny asa fanaovan-gazety ny sary itatra ary hiresahana bebe kokoa momba ny politika.”

 

IREO DIDY DIMIN’NY MPANAO GAZETY AN-TSARY ARAK’ I Pov

  • Mila olona tia manaraka vaovao ary afaka mahatakatra ny tsatoka manodidina izany.
  • Mila mahay mamakafaka ka mandravona hevitra anaty sary iray.
  • Mila mahay sary kely ihany satria ilay sary no fitaovana anehoana izany. (Marihako anefa fa tsy ilàna mahay sary be ny fanaovana sary an-gazety satria fanehoan-kevitra no atao fa tsy zavakanto akory.)
  • Mahay ny mpanao sary an-gazety iray rehefa mafonja ny hevitra voizina kanefa mitombina sy rariny.
  • Mila mahatsikaiky ilay sary.

 

Njaratiana RAZAFIMANANTSOA

Miora RANDRIANALY

 

 

COMMUNIQUÉ SUR L’ETAT PREOCCUPANT DE LA VIE MEDIATIQUE A MADAGASCAR

COMMUNIQUÉ SUR L’ETAT PREOCCUPANT DE LA VIE MEDIATIQUE A MADAGASCAR

Malheureusement, comme l’avait prévenu ILONTSERA dans son communiqué du 27 février 2017, la guerre médiatique fait rage. Face aux dérives dont celles de réveiller les vieux démons, aux dérapages, à la mauvaise foi et aux coups-bas, le tout dans une ambiance délétère, malsaine, dangereuse, le dialogue est aujourd’hui plus qu’urgent entre les belligérants. Car à l’approche des probables échéances électorales, le pire est peut-être devant nous. L’histoire récente nous a démontré que les médias, quel que soit leur camp, ont été à la fois tour à tour les catalyseurs et les victimes des luttes politiciennes, aux prix d’incendies, de saccages, d’emprisonnements, de violences voire de morts d’homme… et de douloureuses fractures sociales.

            Plateforme, espace ou autres, un penser collectif est ici et maintenant impératif. Le cas de certains journalistes, militant écologiste et internautes poursuivis dans le cadre du droit pénal entretient le flou sur l’application du Code de la Communication Médiatisée, la loi sur la cybercriminalité et l’interprétation de la liberté d’expression et du droit à l’information. En l’absence d’une application stricto sensu des textes en vigueur via notamment les décrets d’application, voire des amendements, ces poursuites donneront toujours l’impression d’une tentative indirecte de museler la presse et de travestir la vérité à travers des « dossiers ».

            L’exemple de la parodie du Président de la République dans son émission « Rendez-vous » en est une illustration : simple délit passible d’amende (port d’une tenue non réglementaire) ? Poursuite « déguisée » pour outrage au Chef de l’Etat ? Au cas où le droit à la parodie, à la caricature et à la satire serait ainsi reconnu, quelles seraient alors les limites ? Des précisions s’imposent dans la mesure où le présent cas risque de faire jurisprudence. Ces genres journalistiques par définition ont toujours existé, à des degrés d’insolence et d’impertinence variables selon la sensibilité de chaque politicien et son appréciation de la liberté et de la démocratie.

            Faut-il le rappeler, la révolution numérique est passée par là : grâce aux chaînes satellitaires, Internet, Facebook, YouTube et autres réseaux sociaux, le public, citadin majoritairement certes, est au fait des avancées planétaires en termes de démocratie, de liberté d’expression et surtout d’opinion. Il mérite bien plus de respect : en ne poursuivant ni les auteurs de l’émission, ni les chaînes de diffusion, les autorités compétentes démontrent certes aux yeux du monde leur volonté de respecter ces libertés et droits, cela va de soi.  Mais la poursuite et la perquisition par la suite chez un des journalistes-auteurs interrogent les citoyens lorsque les clips de chansons et les films de « Dahalo » exhibent les mêmes armes (factices ?) et les tenues « militaires » légalement dédouanées et librement vendues sur les étals.

            Par conséquent, ILONTSERA en tant qu’Observatoire des médias et de la communication dénonce tout acte d’intimidation, de harcèlement et d’atteinte à la personne (physique, psychologique, morale) à l’encontre des journalistes et toute autre personne désirant faire valoir leurs droits à la liberté d’expression et d’opinion. Tout acte de provocation gratuite est tout aussi dénoncé. Cette liberté doit s’exercer dans le respect des règles de déontologie, d’éthique et de moralité. Face à la confusion ambiante dans l’invocation des Code et lois, les décrets d’application s’avèrent urgents. Que l’affaire « Fotoam-bita » ne devienne pas un cas d’école.

            Face à la complexité de l’économie dominante dans la médiasphère locale, conjuguant intérêts politico-médiatiques et financiers des patrons de presse, notamment en période d’élection présidentielle, l’égalité de traitement des journalistes et des organes de presse au nom du droit au pluralisme des idées, à la diversité et à la liberté des opinions et du droit aux critiques EST une exigence. Elle demeure le garant d’une meilleure respiration démocratique en l’absence d’une presse réellement affranchie des jougs politico-financiers. Le même traitement égalitaire est réclamé vis-à-vis du droit à l’engagement politique de chaque journaliste quelque soit son choix, voire celui de son patron, pour conjurer les tentations d’abus de la prérogative de puissance politique.

            Embourbées dans leurs difficultés quotidiennes, les populations, saignées à blanc sont lassées des querelles politiques et règlements de compte politico-médiatiques qui relèguent au second plan la hausse des prix du riz, de la farine, du café, de la JIRAMA, des carburants… en un mot : leurs souffrances. Sans parler de la lutte contre l’insécurité qui se limite pour l’heure à des opérations de communication pendant que les voyageurs des taxi-brousse, les épiciers, les opérateurs économiques et les propriétaires de bovidés se font braqués et tués un peu partout dans l’île. Et que dire des vindictes populaires qui sont désormais devenues d’une banalité dans la presse. La banalisation de la tendance lourde d’actes de violence multiformes et multi-secteurs, au mépris de l’humain, inquiète profondément.

            Aussi, non à l’infantilisation du peuple lorsque, ailleurs, l’heure est déjà au journalisme-citoyen et au public journalism. Engagé pour une conscience médiatique citoyenne, ILONTSERA appelle à plus de retenu et de prise de responsabilité de la part de tous les acteurs médiatiques et politiques. Que le souci du bien commun et du tombontsoa iombonana soient au centre des préoccupations. L’on n’ose imaginer le climat socio-politique et médiatique de 2018 dans la mesure où dès à présent, nombreux médias, déjà en mode pré-campagne, ne se soucient plus que du maintien ou de la conquête du pouvoir au détriment de l’éternelle victime collatérale : le peuple.

Fait à Antananarivo, le 24 juillet 2017

 

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar

COMMUNIQUÉ SUR LA JOURNEE MONDIALE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE

COMMUNIQUÉ SUR LA JOURNEE MONDIALE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE

A l’occasion de ce 3 mai 2017, Journée mondiale de la Liberté de la presse, ILONTSERA- Observatoire des médias et de la communication à Madagascar appelle le monde de la presse malgache à une humble et profonde réflexion quant à l’état réel de cette liberté dans le pays. Au-delà des célébrations officielles et des réjouissances d’usage, cette date doit nous inciter à un instant de recul, un moment d’introspection, et répondre en notre for intérieur, dans la plus grande honnêteté: à quoi sert notre presse actuellement ? Ou plutôt, qui/à qui sert-elle réellement ? Où en est-elle dans sa mission d’éducation citoyenne et de pourvoyeur de connaissances ? Bref, en quoi notre presse nous est-elle bénéfique en matière de développement, celui juste, équitable, durable ?

            Le thème de cette année nous incite d’autant plus à cette auto-(psych)analyse: « Des esprits critiques pour des temps critiques – Le rôle des médias dans la promotion de sociétés justes, pacifiques et inclusives ». Des sujets qui touchent plus que jamais les Malgaches à l’heure des profondes ruptures sociétales, des phénomènes de vindict populaire, de viol, d’insécurité urbaine et rurale, de rumeur, de « fake news » et de bonimenteurs en tout genre. A l’heure aussi des réseaux sociaux, espace de liberté et d’expression par excellence, mais qui, sans une démarche préalable dont l’Education aux médias, ne sera qu’un outil d’exclusion, de fracture, de haine, de violence et de dictature.

            Quel est notre rôle et nos responsabilités pour et dans cette société quand on se met désormais à attaquer et à violer des « religieux », à attiser les conflits religieux pour des enjeux inavoués? Où est notre redevabilité sociale quand la corruption et l’autocensure (parfois douloureuse) sont devenues les règles dans la profession de journaliste et dans les médias, à quelques exceptions près ? L’on dit que souvent la presse est le miroir d’une société. Dans notre cas, une société devenue sans repère, cupide et corrompue, où la majorité vit noyée dans la précarité et la dureté du quotidien. A qui la faute ? Point de bouc émissaire car l’heure est grave. A chaque niveau, l’Etat, l’armée, les médias, les journalistes, l’Ordre des Journalistes de Madagascar (OJM), les Organisations de la Société civile (OSC), les citoyens : tous responsables.

            L’on est ainsi en droit de beaucoup espérer du « nouveau » Ministre de la communication et des relations avec les institutions qui promet de rouvrir les dialogues sur le Code de la Communication Médiatisée tant décrié, afin d’ « instaurer un climat plus serein et apaisé dans le milieu médiatique et journalistique surtout à l’approche des élections ». Au-delà du Code, plusieurs problématiques devraient être également abordées dont l’éthique, la déontologie, la moralité, la responsabilité sociétale de la presse, la précarité du métier, l’avènement d’une culture médiatique locale, les nouveaux modèles économiques des médias, les réalités numériques, etc.

            Cet espace de dialogue ne serait dès lors que le bienvenu et ne devrait chômer vu l’ampleur de la tâche. Mais à condition qu’il soit suivi d’actions et de résultats avec la garantie d’une inclusivité totale, d’une entière liberté d’expression et de critique constructive et surtout d’une vraie volonté politique. Il exigera vigilance de la part des acteurs. L’objectif commun étant d’aboutir à un Code de la Communication Médiatisée moins liberticide à l’heure où la transparence, l’accès à l’information et la liberté d’expression deviennent les normes mondiales en matière de presse et de démocratie. En attendant, ILONTSERA encourage la presse à toujours faire montre de professionalisme, d’engagement et d’honnêteté dans la recherche de la vérité, en toute âme et conscience.

Fait à Antananarivo, le 3 mai 2017

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar

Renforcement de capacités des journalistes free-lance sur le journalisme d’investigation en format cross media

Renforcement de capacités des journalistes free-lance sur le journalisme d’investigation en format cross media

Lancement ce mois d’avril 2017 par ILONTSERA et Malagasy Press Independant (MPI) d’un projet destiné au renforcement de capacité des journalistes freelance sur le journalisme d’investigation en format  cross media. Les journalistes freelance, considérés comme plus indépendants et libres, sont aptes à s’impliquer dans un travail d’investigation plus poussé de par leur disponibilité et la marge de manœuvre que leur offre cette indépendance.

Face à un contexte où la demande de transparence, de bonne gouvernance, de lutte contre la corruption et de liberté d’expression se fait de plus en plus pressante, les journalistes ont plus que jamais besoin d’accompagnement dans l’accomplissement de leur noble mission d’informer et d’éduquer les citoyens et aussi de garants de la démocratie et, à terme, vecteurs de développement durable.

Œuvrant dans l’environnement des médias et de la communication, les deux entités de la Société Civile, avec l’appui du Fonds Commun Multi-bailleurs d’Appui à la Société Civile de Madagascar, inspirent à encourager les journalistes indépendants à s’orienter davantage vers des investigations sur des sujets sociaux d’intérêt public d’une part ; et contribuer à la normalisation du journalisme d’investigation à Madagascar d’autre part.

Des formations, des séances de partage d’expériences assurés par des références dans le domaine des médias, des pratiques de terrain avec à la clé des productions en format cross media seront les principales activités durant les trois mois, durée du projet.

Fait à Antananarivo, le 1 avril 2017

ILONTSERA

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Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar

Convention ILONTSERA – MEN

Convention ILONTSERA – MEN

Signature de la convention ILONTSERA avec le Ministère de l’Education Nationale sur l’ « Education aux médias »

Depuis ces dernières années, la communication est devenue un enjeu principal de toutes les activités entreprises dans les sociétés actuelles : éducation, sensibilisation, formation, développement personnel… Les médias, autant traditionnels que nouveaux, font désormais partie de l’environnement de l’homme contemporain. Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) sont essentiellement présentes et requises dans quasiment tous les domaines. Ne dérogeant pas à cette règle, le monde de l’éducation et de la formation s’est approprié ces outils, permettant une montée en puissance de l’Education par les TIC qui a démontré l’importance de l’usage de ces outils dans l’apprentissage autant de l’adulte que des enfants et adolescents. Il paraît alors indispensable de réfléchir et d’agir sur l’éducation de nos générations futures, quant à l’utilisation de ces dispositifs désormais inhérents à leur quotidien.

C’est dans cette perspective que la présente Convention a été entreprise, afin de permettre aux élèves de tous les lycées publics à Madagascar de faire un usage bénéfique des NTIC à travers une « éducation aux médias ». L’intérêt de cette convention entre le Ministère de l’Education Nationale et l’ONG ILONTSERA est de faciliter la conciliation de la jeunesse avec le monde des médias et de la communication du fait que les TIC et les médias traditionnels (radio, télévision, presse écrite) prolifèrent à une telle vitesse qu’il est prévoyant d’intégrer l’éducation aux médias dans le cursus scolaire des élèves. Cette démarche permettra un empowerment citoyen des Malagasys dès leur jeune âge.

FANAMBARANA

FANAMBARANA

FANAMBARANA

Mandry tsy lavo loha ankehitriny ny vahoaka malagasy ny amin’izay mety hoentin’ity taona vaoavao 2017 ity, indrindra manoloana ny fanatonan’ny taom-pifidianana izay ho Filoham-pirenena afaka iray na roa taona. Fifidianana izay efa noporofoin’ny tantara fa niafara hatrany teny an-dalam-be sy tao anatin’ny krizy ny fifamindram-pahefana. Efa vonona avokoa ankehitriny ny fitaovam-piadiana an-tserasera na ho an’ny andaniny na ho an’ny ankilany, taorian’ny fisokafan’ireo haino aman-jery sy gazety maro mpanohana ny fitondrana raha toa efa an-taonany kosa, nanomboka tamin’ny 2013, no miandry ny anjara masoandrony ireo haino aman-jery hafa, indrindra ireo an’ny mpanao politika mpanohitra.

Hafampàna noho izany ny tontolo politika sy sosialy ary ara-toekarena amin’ity 2017 ity, ampian’ny fikopahan’afo ataon’ny orinasan-tserasera avy amin’ny andaniny avy. Efa ahitana taratra izany ny firongatry ny fitsaram-bahoaka izay tsy voafehin’ny manam-pahefana intsony, na ny mpitandro ny filaminana na ny mpitsara, ka hahafahan’ireo mpanao politika sasantsasany “manararao-paty” sy manodina ny saim-bahoaka. Efa iaraha-mahalala ihany koa ny tsy fandriampahalemana iainan’ny mponina efa ho isan’andro na eto an-drenivohitra izany na any ambanivohitra ary mazàna dia ny maso solon’ny maso sy ny aina, solon’ny aina no vahaolana hitan’ny mponina amin’ny fahasahiranany. Tsy lazaina intsony koa ny fisian’ny delesitazy izay manampy trotraka ny tsy fandriampahalemana satria ahazoan’ny olon-dratsy sy tontakely mananaraotra toy ny banga mihomehy alina.

Ahiana ho mafy ihany koa ny fifanandrinan’ny haino aman-jery sy gazety avy amin’ny ankolafy roa vokatry ny fanampiana ara-bola avy any ivelany izay tsy omemem-poana akory fa misy tambiny toy ny fifehezan-kibo mafy ho an’ny firenena sy ny fanaraha-maso akaiky ny fitondrana momba ny demaokrasia sy ny fahalalahana ary ny fanajana ny zon’olombelona. Marihana anefa fa ny vahoaka tsy mandady harona hatrany no mitaty ny vokatr’izany trosa vaovao sy fihafihana ara-bola isan-karazany izany ka mibaby ny fahatrana efa antsoso-koditra hatramin’ny taona 90 sy ny Fanitsiana ara-drafitra napetraka tamin’izany fotoana izany. Ilaina ny fandraisan’andraikitry ny haino aman-jery sy gazety rehetra, na inona na inona fironany, hamela ny fironan-kevitra rehetra hiteny am-pahalalahana hamerenana indray ny fitokisan’ny vahoaka amin’izy ireo sy ny mpitondra ary indrindra hamerina indray ny filaminan-tsaina ho an’ny mpiara-monina.

Misy ireo tranga samihafa tokony hisintona ny saina noho ny lalao maloto idiran’ny haino aman-jery sy gazety ka isian’ny fihoaram-pefy lavitra mihoatra ny tokony ho asa fanaovan-gazety. Isan’izany ny raharaha JIRAMA, ny momba ny toetry ny andro, ny ady harena an-kibon’ny tany (Anjozorobe, Soamahamanina), ny fitsaram-bahoaka (Ikalamavony, Sambava, Mampikony, Betafo, Ambilobe, Mananara avaratra, Moramanga, Befandriana, Mananjary, Vangaindrano, Ihosy, Antanimora Ambovombe, Ambatolampy, Ampitatafika, sns.), ny olan’ny famatsiana vary (na pilasitika na tsia), ny fitateram-bahoaka sy ny fitaterana amin’ny ankapobeny, ny fitantanana ny renivohi-paritany sasantsany, ny fiakaran’ny vidintsolika. Tsy hadinoina ny fifanalam-baraka sy ny fifanompana ary ny fifampitoriana isankarazany
eny amin’ny tamban-jotra sosialy izay matetika anefa tato ho ato no raisin’ny mpanao gazety ho toy ny loharanom-baovao azo itokisana.

Sambany teo amin’ny tantaran’ny firenena no isian’ny gazety sy haino aman-jery marobe toy izao saingy mazàna dia fihetsiketsehana no be ankoatra ny fanenjehana na fanohanan’olona be fahatany sy ny fiantsian’ady. Lazaina ho taratry ny demaokrasia eto amin’ny Nosy ny fisian’ireo gazety sy haino aman-jery tsy tambo isaina ireo saingy ny marina dia ny sivana ankolaka sy ny felaka ary ny fividianana mpanao gazety sy haino aman-jery no manjaka ka raha tsy ampy izany dia hirosoana ny ramatahora sy ny fahirano samihafa.

Taratry ny tsy filaminana eo amin’ny sehatry ny asa fanaovan-gazety sy ny fampitambaovao ihany koa ny fikaramana an’ady ataon’ny mpanao gazety maromaro izay mifindra lasy etsy sy eroa vokatrin’ny vola sy ny hamafin’ny fiainana ka tsy manisy fotony intsony ny etika sy deaontaolaojia na ny soa toavina hafa mandidy ny asa fanaovan-gazety ho toa ny asa masina. Raha ny marina dia ny mpanao paolitika-tompon’orinasan-gazety ihany no tena mahazo tombony satria hatreto aloha dia fitaovana politika sy ara-barotra ihany no ilan’izy ireo ny gazety sy haino aman-jery hatsangany.

Isan’ny voka-dratsin’ny firaisana tsikombakomban’ny politika sy ny haino aman-jery ny fitrandrahana tsy an-drariny sy mangingina ny harena voajanaharintsika; eo ihany koa ny fanaovana ho fitaovana paolitika ny finoana sy ny fivavahana ka zary manampy trotraka ny fahorian’ny vahoaka izay tsy manana afa-tsy ny finoany intsony ankehitriny antenainy hanavotra azy amin’ny hasarotam-piainana. Ho avy ny fifidianana ary inoana fa hanenika ny tempoly sy ny trano fiangonana isan-karazany ny mpanao paolitika hanjono ny mpino izay mpifidy ihany koa alohan’ny zava-drehetra. Efa tsy vitsy amin’ireo mpanao politika ireo no tsy mitsahatra miseho amin’ny haino aman-jery sy miseho gazety manatrika fitaompivavahana isan-tokony.

Noho ireo antony ireo, ary manoloana ny mety hisian’ny fipoahana ara-tsosialy sy ny ady an-trano, ny fikambanana ILONTSERA, amin’ny maha Ivontoeram-pandalinana ny tontolon’ny serasera marolafy azy, dia mandroso ireto tolon-kevitra ireto :

  •  manao antso avo ho an’ny haino aman-jery sy ny gazety ary ny mpanao gazety, na inona na inona fironana politika tohanany, hanatanteraka ny asany amim-pomba matihanina ka handray ny andraikiny feno amin’ny fampiasana ny fitaovana mahery vaika eo ampelatanan’izy ireo izay mety hamono olona sy hamotika firenena nefa mety hitondra fivoarana tsy tambo isaina ihany koa ;
  • manao antso avo ho an’ny manam-pahefana isan-tokony hanome fahalalahana mitovy ho an’ny mpanao gazety rehetra na inona na inona fironany, indrindra eo amin’ny lafiny fahazoam-baovao sy maneho hevitra, araka ny lalàna sy ny fifanarahana iraisam-pirenana samihafa nosoniavin’i Madagasikara, voalohany amin’ireo ny fanajana ny demaokrasia sy ny Zon’olombelona ary fahalalahana haneho hevitra.
  • mitaky ny fampiharana amin’ny fomba tsy mitanila ny Lalàna vaovao mifehy ny serasera na inona na inona fironan’ny mpanao gazety sy ny mpampiasa azy, mandra-pisy ny fanoherana ara-dalàna eo anivon’ny Antenimieram-pirenena, hany sehatra mbola azo andinihina indray ity lalàna notsikerain’ny be sy ny maro ity ;
  • mandrisika ny fampiasana am-piheverana sy am-pahamendrehana ny tamba-jotra sosialy na ho an’ny olon-tsotra na ho an’ny mpanao gazety mba hitohizan’ny fahalalahana hiteny sy haneho hevitra;
  • manao antso avo ho an’ny olom-pirenena, ny tompon’andraikim-panjakana, ny Fiarahamonim-pirenena, ny hery velona rehetra eto amin’ny Nosy, indrindra ny mpisehatra eo amin’ny lafin’ny serasera sy fampitam-baovao, mba ho tonga saina sy handray ny andraikitra tandrify azy avy hisian’ny fitoniana sy ny filaminana ara-tsosialy ka hahazoan’ny vahoaka mpiara-belona mifantoka amin’ny fameloman-tena sy ny tokantranony manoloana ny hasarotry ny fiainana andavanandro ankehitriny.

Natao teto Antananarivo, faha- 18 febroary 2017

ILONTSERA
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COMMUNIQUE Février 2017

COMMUNIQUE Février 2017

COMMUNIQUÉ

L’année qui commence augure une période sensible pour le pays notamment à l’approche des échéances électorales de 2018. A près d’une année de l’élection présidentielle, le régime en place et les oppositions ne cessent d’affûter leurs armes médiatiques. Du point de vue quantitatif, le nombre de médias entre les mains de chaque camp semble désormais s’équilibrer avec la prolifération à grande vitesse des médias « présidentiels » tandis que plusieurs demandes d’extension d’émission et/ou d’ouverture de nouvelles stations sont en attente depuis 2013.
Une guerre médiatique sera difficilement évitable face aux enjeux politicio-médiatiques qui prévaudront pour cette année 2017, celle de tous les dangers. Les prémices sont déjà là avec la multiplication des vindictes populaires un peu partout dans l’île qui semblent échapper à tout contrôle des autorités compétentes, des forces de l’ordre au magistrats, et qui font l’affaire des politiciens locaux en mal d’étincelle pour allumer le brasier. Sans parler de l’insécurité, devenue le lot quotidien autant des habitants des agglomérations urbaines – avec en sus les séries de longs délestages- que ceux des campagnes où la problématique des Dahalo se règle désormais selon la loi du Talion : oeil pour oeil, dent pour dent.
Cette guerre sera aggravée par l’application des conditionnalités liées à l’octroi des aides financières issues de la dernière Conférence des Bailleurs de fonds internationaux. De nouvelles aides qui pèsent déjà sur la situation socio-économique et politique du pays et de chaque ménage, obligés de supporter les conséquences des mesures d’austérité liées à ces nouvelles dettes comme cela a été toujours le cas depuis le premier Plan d’ajustement structurel (PAS) dans les 90. Que ce soit de la part des médias pro-régime ou ceux de l’opposition, la prise de responsabilité est plus que jamais indispensable en laissant toutes les opinions s’exprimer afin de rendre aux citoyens les repères sociaux et économiques dont ils ont besoin face à beaucoup d’incertitude, de psychose et de dérive.
Plusieurs faits sont à soulever compte tenu de l’implication subjective, voire dangeureuse, des médias de toute tendance dans certaines affaires politico-économiques et médiatiques dont celle de la JIRAMA, les derniers aléas climatiques, le conflit minier d’Anjozorobe, celui de Soamahamanina, les justices populaires (Ikalamavony, Sambava, Mampikony, Befandriana, Betafo, Ambilobe, Mananara nord, Moramanga, Mananjary, Vangaindrano, Ihosy, Antanimora Ambovombe, Ambatolampy, Ampitatafika, etc.), la crise du riz (notamment celui soit-disant en plastique), celle du transport urbain et de la sécurité routière en général, la gestion de certaines grandes villes, le prix des carburants, sans oublier les différentes dérives sur les réseaux sociaux qui deviennent pourtant des sources d’information souvent citées par les médias.
Au mieux, le « pluralisme de l’information » se confond au sensationalisme ; au pire il donne lieu à des positionnements extrémistes alimentés à coup de désinformations et de manipulations médiatiques. Un pluralisme de façade, voire de pseudo-démocratie, celui de l’autocensure, de la peur des menaces à l’encontre d’un organe de presse ou d’un journaliste lorsque les « felaka » et la corruption ou l’ « achat » ne suffisent pas…
L’important « turn over » des journalistes qui prévaut actuellement témoigne de cette disparition des repères même. Ces derniers, face à la précarité du métier et l’inflation galopante, n’ont plus de considération ni pour l’éthique, ni pour la déontologie, encore moins pour la moralité et l’intégrité, migrant d’un camp à un autre, d’un organe à un autre, sans honte ni vergogne, à la limite du délit d’initié, ruinant les idéaux de ce noble métier qu’est le journalisme….. au profit de certains patrons de presse dont les médias servent avant tout leurs intérêts politiques et économiques : la hantise des « invendus »… au profit également d’un pouvoir qui ne s’encombre pas en jouant avec les ambitions des acteurs d’un corps de métier en crise.
La polarisation et la politicisation exacerbées des médias entretiennent dès lors, autant l’impasse sur la prédation autorisée et silencieuse de nos richesses que l’instrumentalisation politico-religieuse éhontée autant des puissances aussi bien publiques que confessionnelles, destructurant ainsi les frontières du « religieux » et du « non-religieux »… du politique, du diplomatique, dans la pratique et l’imaginaire social et politique.
A l’approche des prochaines échéances électorales, les églises « historiques », réservoirs d’électeurs par excellence, sont de plus en plus sollicitées et il est maintenant de bon ton pour le politicien opportuniste – candidat potentiel de surcroît- d’assister aux « grand-messes » religieuses de l’île, avec la complicité bienveillante des médias qui brouillent ainsi en rendant poreuses à leur tour les limites entre laïcité, république, religion….et responsabilité démocratique d’information, d’analyse, de débat pour les citoyens.
Par conséquent, face aux menaces d’explosion sociale qui nous ramènera une fois de plus dans la spirale crisique dont le pays a encore toujours du mal à se défaire depuis 2009, ILONTSERA en tant qu’Observatoire des médias et de la communication, recommande:

  • aux médias et aux journalistes, toutes tendances confondues, à faire preuve de professionnalisme, de loyauté envers les citoyens, et d’assumer comme il se doit leurs responsabilités puisque conscients de la puissance, de la force de frappe et de l’influence dont ils disposent sur les sociétés et chaque individu ;
  • aux autorités compétentes de garantir les mêmes traitements aux journalistes- en particulier sur l’accès à l’information- quelque soit l’organe de presse qui l’emploie, au nom des lois, des chartes et des traitées internationales auxquelles Madagascar est soumis, en premier lieu celles rattachées au respect de la démocratie, des Droits de l’homme et de la liberté d’expression;
  • l’application du nouveau Code de la Communication Médiatisée de manière équitable à tous les médias quelque soit leur obédience politique et leur ligne éditoriale, à défaut d’une opposition parlementaire claire et capable de remettre sur le tapis ce Code accouché dans la douleur, la controverse et la contestation ;
  • A tous personnages publiques, politiques, religieux, au-delà de leur genre respectif et de leur statut, d’observer plus de décence, d’humilité, d’esprit civique, dans leurs comportements et attitudes à l’occasion des « grand-messes » publiques sur tout le territoire, ainsi que l’exige leur rôle délibérément consenti;
  • l’utilisation contrôlée et raisonnée des réseaux sociaux aussi bien par les citoyens que par les médias pour déjouer les velléités annoncées de dérives autoritaires de verrouiller ces réseaux sociaux;
  • l’urgente (re)prise de conscience de chaque citoyen, des autorités publiques, de la Société civile et de toutes les forces vives de la Nation, en premier lieu tous les acteurs médiatiques, quant à la nécessité d’instaurer un environnement socio-médiatique et politique plus sain, réellement au service de la paix, de l’harmonie sociale et du bien commun.

Fait à Antananarivo, le 18 février 2017

ILONTSERA
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