CYBERCRIMINALITE EN AFRIQUE DE L’EST-Madagascar dans la lutte aux cotés des pays de la SADC à travers ILONTSERA

CYBERCRIMINALITE EN AFRIQUE DE L’EST-Madagascar dans la lutte aux cotés des pays de la SADC à travers ILONTSERA

Une réunion régionale sur la lutte contre la cybercriminalité s’est tenue les 23 et 24 octobre 2019 à Johannesburg, en Afrique du Sud. Initiée par ARISA (Advancing Rights in Southern Africa) et ABA (American Bar Association- association des membres du barreau américain), le programme ABAROLI est soutenu par l’USAID et réunit plusieurs organisations de la société civile internationale dont PACT et INTERNEWS. Intervenant dans la protection des droits humains en général, le programme est particulièrement actif dans la promotion de la liberté d’expression et de la presse avec un focus particulier depuis quelques années sur la cybercriminalité. Ceci compte tenu de l’évolution galopante des NTIC en Afrique et par conséquent la nécessité d’un accompagnement des citoyens et l’établissement d’un cadre légal juste et légitime, aussi bien pour les journalistes que pour les internautes.
Cette séance de travail a été ainsi l’occasion d’établir l’état des lieux de la lutte parmi les pays de l’Afrique de l’est, entre ceux qui comme Madagascar, disposent déjà d’une loi spécifique et ceux dont le processus est en cours. L’objectif étant d’harmoniser le cadre légal au niveau régional, notamment à travers un modèle de loi adapté au contexte de l’Afrique australe compte tenu désormais du caractère transnational des crimes et les similitudes qu’ils présentent dans plusieurs pays du continent. Il s’agissait ainsi de trouver pour chaque pays les moyens de renforcer le combat au niveau national en s’inspirant des expériences d’autres nations du continent. C’est au titre d’Observatoire indépendant des médias et de la communication à Madagascar qu’ILONTSERA a participé à cette rencontre en insistant sur un usage responsable des réseaux sociaux et des technologies numériques en général, tout en respectant la liberté et les droits de chaque citoyen.

RECRUTEMENT DE STAGIAIRES

RECRUTEMENT DE STAGIAIRES

A. Contexte

            ILONTSERA est une organisation non gouvernementale, membre des Organisations de la Société Civile (OSC). Son mandat est lié à l’éducation citoyenne et la promotion de la culture de la paix à travers l’appui des organismes et professionnels œuvrant dans l’environnement médiatique malagasy. L’Observatoire a pour objectif général d’édifier une société loin des violences, démocratique, prospère, juste et équitable à travers une interaction responsable et vertueuse entre le monde de la communication, médiatique essentiellement, et la citoyenneté en action.

            Les principales missions de l’Observatoire sont ainsi de :

  • Restaurer la confiance du public dans les médias et l’information pour la promotion des droits humains, de la prospérité pour tous et de culture de la paix et le renforcement du lien social.
  • Prévenir l’engrenage des extrémismes grâce à la promotion de l’éthique et de la déontologie dans la fabrication et la consommation de l’information.
  • Accompagner les acteurs médiatiques vers le respect de l’éthique et de la déontologie pour une conscience et un empowerment citoyen, une pleine participation des populations indifférenciées à la vie publique.
  • Œuvrer pour l’accès de toutes les populations à l’information et instaurer in fine une culture médiatique adaptée aux contextes nationaux.
  • Promouvoir la recherche pour une communication médiatisée, inclusive, respectueuse du
    pluralisme et de la diversité.
  • Promouvoir une politique non exclusive et plus équitable de la communication médiatisée.

B.Missions

            Sous la supervision du Bureau Exécutif d’ILONTSERA, les stagiaires contribueront à la réalisation des diverses activités et des objectifs fixés au préalable par l’Observatoire.

            ILONTSERA contribue également pour sa part à l’insertion professionnelle des étudiant(e)s-stagiaires en leur permettant d’assimiler les enjeux qui s’articulent autour des médias et de la communication à Madagascar.

C.Conditions générales

  • La durée du stage est d’un (01) mois calendaire renouvelable mais l’emploi du temps des stagiaires sera à déterminer selon le chronogramme établi des activités. Les stagiaires recevront les formations initiales adéquates à ces activités ; celles-ci se feront généralement au siège de l’Observatoire à Antananarivo avec des déplacements dans la capitale et dans les régions qui seront entièrement prises en charge par ILONTSERA.
  • Une indemnité de stage sera octroyée suivant les conditions de l’organisation ainsi que les résultats et les performances fournis par le/la stagiaire à la fin de son stage.
  • Une évaluation est prévue à la fin du stage, au cours de laquelle chaque stagiaire se verra délivrer une attestation de stage.

D. Profil du stagiaire

  1. Formation académique

Titulaire d’au moins un diplôme de Licence en journalisme / communication / relations publiques / sciences humaines et sociales / sciences politiques ou autre domaine académique pertinent.

  • Etudiant(e) en L3 accepté(e) selon motivation et disponibilité

         2. Autres compétences

  • Maitrise parfaite de la langue malagasy et du français;
  • Excellente capacité d’analyse et une forte capacité rédactionnelle ;
  • Sens développé de la communication et des relations humaines ;
  • Facilité pour la communication verbale, bonne capacité interpersonnelle, aisance relationnelle ;
  • Proactif(ve) avec un esprit d’équipe très développé;
  • Capacité à travailler sous pression ;
  • Disponibilité et flexibilité dans les horaires de travail y compris le week-end;
  • Maîtrise des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC)
  • Bonne maîtrise des logiciels de bureautique et de traitement de texte ;
  • La maitrise des outils de traitement graphique (Adobe InDesign et/ou Adobe Photoshop et/ou Illustrator) et des outils de traitement de données serait un atout.

E. Dossiers à fournir

            Tou(te)s les candidat(e)s remplissant les conditions précédemment citées peuvent envoyer leurs dossiers de candidature (CV + lettre de motivation) au plus tard le 27 octobre 2019 à l’attention de Monsieur le Responsable Communication de l’ONG ILONTSERA, à l’adresse électronique suivante : communication-manager@ilontsera.mg

 

Les candidat(e)s présélectionné(e)s feront l’objet d’un entretien.

 

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Posted by Ilontsera – Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar on Sunday, October 13, 2019

 

28 SEPTEMBRE JOURNÉE INTERNATIONALE DE L’ACCÈS UNIVERSEL  À L’INFORMATION : LOI ET ÉDUCATION S’IMPOSENT

28 SEPTEMBRE JOURNÉE INTERNATIONALE DE L’ACCÈS UNIVERSEL À L’INFORMATION : LOI ET ÉDUCATION S’IMPOSENT

 

            L’ONG ILONTSERA, dans son rôle d’observateur indépendant des médias et de la communication, regrette l’ambiance délétère dans laquelle se trouve de nouveau le milieu journalistique et médiatique suite à la condamnation de deux journalistes à de lourdes peines d’amende dans le cadre de l’hélicoptère du Stade municipal de Mahamasina. Il est regrettable qu’une fois de plus, la question de la liberté d’expression en général, et celle de la presse en particulier, ainsi que l’accès aux informations deviennent l’enjeu d’intérêts politiques inavoués. Mais tant que notre secteur médiatique et notre presse sont si profondément politisés– une situation longtemps décriée par l’Observatoire mais contre laquelle l’on préfère appliquer la politique de l’autruche –l’alternance devant les juges fera lieu d’une alternance véritablement démocratique. Et cette dernière affaire en date ne sera ni la première ni la dernière quelles que soient les lois que nous instaurerions tant que les médias et la presse ne seront que des outils de propagandes politiques au service de la culte d’une personnalité.

 

            L’on osait espérer que la visite et le message papale aient pu toucher le cœur de chacun, croyant ou pas, notamment sur ce fameux respect du « Fihavanana » dont on se gargarisait partout mais qui reste trop souvent au stade de vœux pieux. Dans cet esprit du « Fihavanana », le recours à la justice ne devrait, sur le principe, intervenir qu’en dernier recours, après avoir expiré toutes les procédures prévues aussi bien par le Code de la communication médiatisée que les règles d’éthique et de déontologie en matière d’information et de journalisme. Car « Fihavanana » doit signifier avant tout, et principalement, communiquer. Et communiquer, c’est vivre. Précisément « vivre ensemble ». « Tsy misy tsy vitan’ny fifampiresahana » (Le dialogue résout tout, trad. lib.) aime-t-on dire, mais quand c’est la violence, l’extrémisme, la haine, et le rejet de l’autre qui prennent le dessus, ce « vivre ensemble » n’est plus du domaine du possible, et l’histoire ne sera qu’un éternel recommencement.

 

            Car ni les intimidations à coups de peine « exemplaire », ni le juridisme obtus, ni les provocations gratuites, n’apportent rien à cette recherche de ce milieu médiatique apaisé, plus soucieux du bien commun et du réel bien-être de la population. L’histoire nous l’a déjà démontré à maintes reprises. En effet, l’on semble parfois oublier que la liberté d’expression dont on se targue à tout bout de champ doit être mise avant tout au service des citoyens qui ont le droit d’accéder aux informations, les vraies, sans se faire manipuler et désinformer dans le sens d’un intérêt politique ou un autre. « Ne laisser personne pour compte », comme l’indique le thème choisi par l’UNESCO pour cette année. D’autant plus que, face à la grande jungle que sont devenus les réseaux sociaux, le rôle des journalistes est plus que jamais prépondérant, et leur responsabilité, énorme, afin de distinguer l’information du médiatique. Faire le distinguo entre journaliste et internaute.

 

            Tous espèrent dès lors de pied ferme une loi sur la communication plus à même de considérer les intérêts des citoyens qui sont appelés également à plus de responsabilité face à la pseudo liberté que nous font miroiter ces réseaux sociaux, Facebook en tête. Dans ces conditions, l’éducation aux médias, corollaire de l’Accès universel à l’information, devient une question de salubrité publique parallèlement à l’application des lois si l’on voudrait instaurer réellement un milieu médiatique moins violente et plus apaisé, plus juste et plus responsable surtout à l’approche des prochaines élections municipales. Au risque de se répéter, ILONTSERA de rappeler que cette responsabilité incombe à tous : État, Organisations de la Société Civile (OSC), citoyens, familles, écoles, internautes, journalistes et patrons de presse.

 

Fait à Antananarivo, le 28 septembre 2019  

ILONTSERA

                                                                  Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

                                            Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

                                                                                   Media Matters Madagascar

DÉRAPAGE COMMUNICATIONNEL DU 26 JUIN ET TRAUMA COLONIAL

DÉRAPAGE COMMUNICATIONNEL DU 26 JUIN ET TRAUMA COLONIAL

La dérive verbale télévisée à connotation racisante d’une reporter de la chaîne publique au cours de la célébration de la fête de l’Indépendance (?) de Madagascar à Mahamasina, au-delà de l’indignation des citoyens et de la promptitude des excuses officielles, nous interpelle. Elle est révélatrice d’un héritage colonial non-dit, masqué sans doute, inconscient et inhibé en profondeur assurément, quand bien même refusé. Elle est la résultante des mémoires et  histoires douloureuses, silencieuses, effacées, invisibilisées, tabous, celles qui ont et continuent encore aujourd’hui à investir nos corps, nos comportements, notre mental, nos idées, nos langages… Les récits tronqués, structurés, relayés  ou oubliés dans une amnésie délibérée et renforcée par les dispositifs institutionnels (écoles, medias, églises, armée, commémorations…) encore à l’œuvre, sont ceux des souffrances  de nos sociétés racisées et stigmatisées idéologiquement Blancs/Noirs par des pouvoirs esclavagistes, colonialistes, postcolonialistes locaux et étrangers, impérialistes dominants. Cet excès de discours entendu est simplement l’expression de« l’effet-retour » déjà évoqué par A. Césaire. Il hypothèque gravement un dialogue en humanité nécessaire, au sein de nos sociétés locales, nationales, mondiales.

Minorer la dimension anthropolitique de cette bavure et de sa       violence confortera les discours et actions hégémoniques sur les peuples «  qui ne sont pas encore entrés dans l’histoire ».

Aussi, Ilontsera, bien que consciente de l’inscription dans un processus historique long,  rappelle l’urgente nécessité d’une communication pacifiée et décomplexée qui implique une décolonisation audacieuse des formations, de leurs programmes, au niveau des différents dispositifs : école(PSE), université, media, droit, art, administration, politique, écologie, armée, église, culture, santé, société civile…

Ilontsera ose croire aux possibles : celui d’un sursaut solidaire des composantes de nos sociétés- si bouleversées et laminées soient elles par les agressions internes et externes multiformes- celui de la construction d’une Histoire décoloniale impérative, dépolluée, pour une libération créatrice (bonheur ? développement ? progrès ? émergence ? …) et une communication moins violente dans notre monde multipolaire.

                                    Fait à Antananarivo ce 28 juin 2019

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

                                            Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

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NON À UNE COMMUNICATION POLITIQUE DU MÉPRIS

NON À UNE COMMUNICATION POLITIQUE DU MÉPRIS

L’épisode politique d’un référendum mort-né sur l’amendement ? le changement ? de la Constitution malgache déjà si sérieusement controversée dès sa naissance en décembre 2010, témoigne de la fragilité des quelques acquis démocratiques obtenus jusque-là à Madagascar. Passé une période de grâce sans anicroche consécutive à la passation de pouvoir présidentiel en janvier 2019, la confusion au sein de diverses entités citoyennes provoquée par le flou autour du projet jumelé temporellement aux législatives du 27 mai 2019 subitement annoncé dans la soirée du vendredi 26 avril 2019, agressive, ne pouvait qu’être désastreuse. En effet, au-delà du tollé autour de son opportunité et de sa validité constitutionnelle, c’est la forme de communication d’abord qui inquiète et interpelle, car elle présage souvent des intentions.

Face à cette impression de précipitation, voire de panique créée par la brutalité de l’information, la succession intempestive de communiqués, déclarations, conférences de presse, mises en scènes politiques infantilisants entre « l’art de la vérité et du mensonge » (Hessel), les questionnements sinon l’inquiétude de l’opinion publique sont légitimes : improvisation autoritaire ? amateurisme politique ? diversion autour d’une panique réelle face aux prochaines échéances législatives ? violence institutionnelle, provocation délibérée ? gouvernance dictatoriale d’une communication politique du « mépris » pour des enjeux politiques et/ou économiques inavoués ? Autant d’interrogations et d’incertitudes qui égarent, déstabilisent de trop et aggravent la défiance des citoyens envers les « gouvernants ». 

« La communication politique est l’espace où s’échangent les discours contradictoires des trois acteurs qui ont la légitimité à s’exprimer publiquement sur la politique et qui sont les hommes politiques, les journalistes et l’opinion publique » (Wolton). Étions-nous, serons-nous enfin prêts à respecter cet impératif démocratique ? Faute de débats préalables et d’informations légitimement données et non arrachées sous la pression des citoyens, le public a crié à la trahison. Aucun régime ne peut sortir indemne d’une telle épreuve de force. Au-delà des théories en communication et politique, on peut regretter que la dimension politico-culturelle cardinale du « Teny ierana » interactionnel et délibératif, le souci de la paix et de l’harmonie sociales, aient été simplement ignorés au profit du « Tiankano tsy tiankano », « Didiko fehy lehibe », « Kabary tsy valiana » c’est-à-dire le langage du « top down » autoritaire et intolérant de la pensée unique, le diktat d’une communication répressive vécue.

Ce viol des consciences- forme de violence symbolique sur les populations exaspérées mais apparemment résignées et politiquement apathiques, embourbées au quotidien dans l’insécurité, la précarité, le spectacle insultant des injustices et inégalités sociales- nourrit dépit, frustration, rêve de vengeance incontrôlée, toujours dangereux.

 

L’espoir d’un vrai changement reste immense de la part d’un peuple avide d’une véritable démocratie sociale et humaine méritée (accès à la santé, l’éducation, l’emploi, au bonheur…), à qui l’on a beaucoup promis, en vain, depuis près de 60 ans : la liberté d’expression, la liberté de presse, le droit d’informer et d’être informé … Il existe une nécessité impérieuse face aux chaînes publiques de gouvernement, excluant les opposants, marginalisant la presse adverse, favorisant les médias « présidentiels ». Il existe une urgente nécessité face aux relations « ambiguës » entre médias publics et pseudo privés des oligarques du pouvoir. Elles restent encore à (re)penser. Notre démocratie est aussi à ce prix.

Fait à Antananarivo, ce 29 avril 2019

 

ILONTSERA

                                                       Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

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BILAN MÉDIATIQUE ET COMMUNICATIONNEL DE L’ELECTION PRÉSIDENTIELLE 2018  ET NOUVELLES PERSPECTIVES DÉMOCRATIQUES

BILAN MÉDIATIQUE ET COMMUNICATIONNEL DE L’ELECTION PRÉSIDENTIELLE 2018 ET NOUVELLES PERSPECTIVES DÉMOCRATIQUES

Le pays aborde un tournant délicat et décisif de son histoire. Il s’agit désormais de tirer les leçons du passé pour éviter les mêmes erreurs si l’on voudrait mettre fin aux crises cycliques qui mettent à chaque fois à terre les efforts de croissance et de développement du pays, et instaurer réellement la paix et la sérénité pour les années à venir. Comme la tentation d’une « justice du vainqueur » qui empêche de trouver le juste équilibre entre la lutte contre l’impunité, la recherche de la vérité et la nécessité d’une vraie réconciliation notamment dans son aspect médiatique et communicationnel. Notre histoire récente a montré que les journalistes et les médias figurent toujours parmi les « dégâts collatéraux » lors des périodes de changement de régime quand les politiques, eux, peuvent toujours s’esquiver en trouvant un « accord politique ».

            Il est clair que les médias et la communication ont été au cœur de cette élection présidentielle aussi bien en amont qu’en aval, depuis la contestation du Code électoral, en avril 2018 sur la Place du 13 mai, jusqu’à la proclamation des résultats officiels par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) en passant par la contestation des résultats du deuxième tour sur la même Place. Le traitement médiatique et informationnel des scrutins a montré au grand jour les failles, longtemps connues et dénoncées, de notre paysage médiatique dont les conséquences ont atteint leur summum pendant cette élection présidentielle.

            En premier lieu, la dangerosité de l’imbrication de la politique et des médias et les risques qu’encourent les journalistes pendant leur mission du fait de cette relation malsaine. Ensuite, le règne de l’argent-roi inondant toute la presse pendant la propagande. Tout comme la guerre médiatique illustrée par la polarisation du paysage médiatique qui a limité le pluralisme de l’information, donc un choix plus éclairé, pour l’électeur lambda préférant rejoindre en partie le rang des très nombreux abstentionnistes. Surtout qu’aucune limite n’ait pu été imposée permettant la propagation à grande échelle de rumeurs, mensonges, fausses nouvelles, diffamations et manipulation en tout genre dans des médias traditionnels mais surtout sur les réseaux sociaux.

            A chaque citoyen de s’impliquer également davantage dans la vie de la Nation et dans le processus électoral, notamment en vérifiant l’inscription dans la liste électorale, et surtout en suivant plus, et mieux, les informations et les actualités. Sans oublier l’impératif d’une meilleure communication au niveau de toutes les instances électorales ainsi qu’une formation plus soutenue pour tous les personnels de vote en vue d’améliorer les prochaines échéances électorales.

            En outre, la paix des prochaines années sera au prix d’un réel respect de la liberté d’expression, du pluralisme des idées, du droit à l’information, gages de l’application d’un acquis démocratique, au-delà des controverses, qui a mis à la tête du pays un nouveau Président de la République et qui fera émerger une opposition souhaitée appelée à exercer librement et en toute responsabilité ses droits. L’investiture du nouveau Président Andry Rajoelina, le 19 janvier dernier, assistée de tous les anciens Chefs d’Etat, a été déjà un grand pas dans l’histoire de la jeune démocratie malagasy. L’enjeu futur est de capitaliser le geste au-delà du symbolisme et œuvrer réellement ensemble au développement du pays.

Fait à Antananarivo, ce 22 janvier 2019

ILONTSERA

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MAGAZINE TRANDRAKA 4

MAGAZINE TRANDRAKA 4

La parution du 4ème volet du magazine TRANDRAKA a eu lieu le 10 décembre 2018 avec pour thème principal les droits de l’Homme. Le choix de cette date n’est pas un hasard car elle concorde avec la célébration des 70 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Madagascar n’a pas été en reste pour cela et à célébrer comme elle se doit cette date historique. Pour rappel, Le 10 décembre 1948, les 58 États Membres de l’Assemblée générale ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris au Palais). Pour commémorer son adoption, la Journée des droits de l’Homme est célébrée chaque année le 10 décembre.

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » Article 1 DUDH

« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » Article 19 DUDH

Télécharger gratuitement ici le n°4 du magazine

CONSTATS ET RECOMMANDATIONS SUR LA COMMUNICATION MÉDIATIQUE AUTOUR DE L’ELECTION PRÉSIDENTIELLE 2018

CONSTATS ET RECOMMANDATIONS SUR LA COMMUNICATION MÉDIATIQUE AUTOUR DE L’ELECTION PRÉSIDENTIELLE 2018

A l’issue du scrutin présidentiel du 7 novembre 2018, ILONTSERA, en tant qu’Observatoire indépendant des médias et de la communication à Madagascar – Ilontsera, fait le constat suivant :

– La Cellule de veille n’a pas pu empêcher les dérives de certains médias, journalistes et communicateurs,

– La majorité des médias sont devenus les supports des surenchères électorales au détriment des débats d’idées plus enrichissants,

– L’avalanche des comptes « fake » et des « fake news » à base de diffamation, de diffusion de fausses nouvelles que ni la Cellule de veille ni la Brigade anti cybercriminalité n’ont pu endiguer,

– L’évocation de la vie privée de certains candidats et des attaques personnelles ont été utilisées comme « arguments électoraux »,

– La politisation à outrance des médias qui se sont engagés d’une façon ou d’une autre et à un degré tel dans la propagande au point de sombrer dans un délire politico-médiatique collectif,

– L’éthique et la déontologie ont été mises en sourdine, bon gré mal gré, le temps de la propagande,

– Une situation confuse qui déroute le citoyen-électeur ni extrémiste ni fanatisé, dépossédé d’une vraie information pouvant l’aider à distinguer le bon grain de l’ivraie,

– Certains médias inféodés à des candidats ont participé dangereusement à la manipulation des concepts de caste, ethnie, race et couleur à des fins de campagne électorale,

– Les médias publics se sont efforcés de respecter les dispositions prévues par la loi en termes d’équité et d’équilibre d’accès entre tous les candidats,

– Les candidats les mieux placés au 1er tour sont propriétaires de médias et/ou ont pu négocier un « bon partenariat », ce qui démontre une fois de plus si nécessaire la force de cette arme,

– Des atteintes à la liberté d’accès à l’information des journalistes, confiscation de matériels, menaces et pressions contrairement aux dispositions du Code de la communication médiatisée,

– La précarité de la communication de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) contribue à aggraver l’ambiance de suspicion de fraudes et de manipulation,

– Aucun rappel à l’ordre ni mise en demeure n’a été émis au risque d’encourager ces pratiques anti démocratiques et nuisibles aux Droits de l’homme, qui in fine peuvent compromettre la bonne poursuite du processus électoral.

Par conséquent, recommandons :

– Une intervention plus visible et efficiente de la Cellule de veille et des autres autorités compétentes pour le respect des lois et textes en vigueur, et partant, une communication non violente,

– Aux médias et aux journalistes d’éviter de se faire l’écho des discours de mépris, de haine et de violence et de s’interdire de véhiculer et relayer les rumeurs,

– Aux usagers des réseaux sociaux de faire montre de plus de responsabilité, contrepartie indispensable à la liberté offerte par ces outils de communication, et en distinguant l’information et le médiatique.

 

– Plus de retenue et une urgente reprise de conscience de la part de tous les acteurs médiatiques (politiciens, journalistes, médias, patrons de presse, usagers des réseaux sociaux, citoyens, société civile) s’imposent pour faire des médias des vecteurs de paix, de démocratie, et non de crise.

 

Fait à Antananarivo, le 17 novembre 2018

ILONTSERA

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APPEL FACE AUX MENACES ANNONCÉES D’UNE VIOLENCE ÉLECTORALE INCONTRÔLÉE

APPEL FACE AUX MENACES ANNONCÉES D’UNE VIOLENCE ÉLECTORALE INCONTRÔLÉE

  • Suite aux interpellations répétées d’ILONTSERA à travers notamment ses communiqués depuis 2017  face à la surdité, la cécité et l’aventurisme des oligarchies politiques, économiques, financières, médiatiques et communicationnelles, l’Observatoire des médias et de la communication constate :
  • Les dérives vers une escalade de la violence physique entre les partisans de certains candidats,
  • L’exacerbation d’un climat de colère, de haine, de jalousie, d’indifférence /résignation chez des populations de plus en plus fragilisées par l’aggravation des frustrations transgénérationnelles accumulées d’une classe sociale.
  • L’(a)immoralisme d’une campagne indécente, d’une communication d’une violence symbolique inégalée, celle du mensonge, du marché et de l’argent-roi (brillance, éblouissement, bling bling infantilisant…), du crime de l’oubli programmé et donc du viol des consciences, du mépris, de la revanche historique à travers le discours politique et l’utilisation brutale de la stratégie du choc des décideurs, de la démagogie outrancière et belliciste de certains candidats …
  • Le rapt d’une vraie campagne,
  • La mauvaise foi de responsables se dédouanant de l’héritage des défaillances volontaires des dispositifs électoraux (liste) et s’accommodant d’une machine à voter traditionnellement au service  des pouvoirs successifs pour des intérêts et enjeux de pouvoir,
  • La montée de la logique autoritaire du «QUI PAIE DECIDE, SILENCE ON PAIE!»
  • L’opacité apparente du jeu des forces de l’ombre…

 

 

AUSSI, ILONTSERA APPELLE  à la pluralité d’expression dans une délibération à l’échelle des localités, des habitants/associations civiles, traditionnelles, religieux/élus/entreprises/professionnels des médias/acteurs électoraux … pour des informations fiables et sincères, dans une logique de service et de conscience collectifs.

  • À un sursaut d’humanité et de fraternité dans le règlement des différends et à oeuvrer plus que jamais ensemble pour une campagne électorale dans le respect de la dignité, du Hasina et de l’humanité des citoyens,
  • À ouvrir le champ de tous les possibles, car ILONTSERA est confiant que, malgré la gravité de la situation, nous pouvons ici et maintenant délier les tensions violentes et appeler tous les acteurs électoraux à la raison et au coeur, au nom de la paix,
  • À une grande compassion pour les blessures individuelles et collectives qui ont généré tant de haine et de séparation, à apaiser ce climat de méfiance réciproque dans le pardon à défaut d’oubli,
  • À ouvrir un espace de liberté et de discernement pour un décryptage du présent et une mise en perspective réfléchie,
  • À ouvrir un espace de concertation pour un updating du code de la communication médiatisée, dans un refus de l’amnésie politique…

 

Fait à Antananarivo, le 31 octobre 2018

 

LONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar