Loi sur la communication – La publication des informations à huis clos interdite

Loi sur la communication – La publication des informations à huis clos interdite

Le Sénat bétonne l’interdiction de publication des débats à huis clos. Un coup dur tant pour l’exercice du journalisme que pour le principe de recevabilité, ainsi que la transparence et l’accès à l’information.

L’ESSENCE même du journalisme moderne est en danger. Le Sénat s’aligne à l’Assemblée nationale. Tout comme les députés, les membres de la Chambre haute refusent l’abrogation de l’article 19 du code de la communication médiatisée.

Le projet de loi portant modification du code de la communication médiatisée a été adopté par l’institution d’Anosy, hier. Les sénateurs y ont apporté quelques amendements, dont le plus important est le maintien des dispositions de
l’article 19 de ce code. Le texte défendu par le ministère de la Communication et de la Culture prévoit, pourtant, l’abrogation de cet article.

L’article 19 du code de la communication actuellement en vigueur prévoit, « est interdite la publication non autorisée des débats à huis clos, des rapports ou tout autre document tenus ou établis au sein des institutions de la République pouvant compromettre l’ordre public ou la sécurité nationale dont l’appréciation relève des juridictions ». À la lecture de la nouvelle formulation votée par la Chambre haute, la disposition est visiblement, plus rigide.

Secret défense

L’amendement apporté par le Sénat au projet de loi adopté, hier, se lit, « toutefois, est interdite la publication des débats à huis clos, des rapports ou tout autre document tenus ou établis au sein des institutions de la République ». Une formulation, de prime abord, en contradiction avec les alinéas précédents, également, adoptés, hier. L’un d’entre eux soutient que « le journaliste a le droit d’accès à toutes les sources d’informations, dont les données et les statistiques. Le journaliste a le droit de s’informer sur tous les faits d’intérêt public ».

Ni les responsables du ministère de la Communication et de la Culture, ni les Organisations de la Société Civile ne sont donc, parvenus à convaincre le Sénat de voter l’abrogation de l’article 19. Durant la commission plénière avant le vote, la Chambre haute aurait soulevé qu’ils s’en tiennent surtout, « au principe du huis clos ». Que dans la gestion d’un État, il y a toujours des sujets qui ne peuvent être rendus publics.

Garry Fabrice Ranaivoson

Paru dans l’Express de Madagascar ce 20 juin 2020

 

Madagascar: les derniers symboles rendant hommage aux figures du colonialisme en question

Madagascar: les derniers symboles rendant hommage aux figures du colonialisme en question

Le mouvement de contestation relatif à la mise en valeur des figures du colonialisme, par le biais de statues, noms de rues, stèles commémoratives, gagne de nombreux pays. Les Malgaches, eux, n’ont pour le moment pas encore rallié le mouvement. Et pour cause : sur la Grande Île, la plupart des statues et des noms de rues à l’effigie des personnalités du colonialisme ont été déboulonnées ou débaptisés entre 1960 – date de l’indépendance – et les années 2000. Mais restent encore quelques exceptions que la société civile et l’Etat espèrent pouvoir remplacer bientôt.

Certains rares lieux de Madagascar portent encore le sceau des figures de la colonisation, comme la place Joffre à Diego-Suarez (colonel à Madagascar durant la campagne de colonisation sous Gallieni au tout début du XXe siècle) ou le boulevard Augagneur à Tamatave (gouverneur colonial de 1905-1910). Mais ils ne sont plus qu’une poignée, la très grande majorité ayant été renommés. Toutefois, dans le paysage de la capitale, restent encore les lycées « Gallieni d’Andohalo » et « Jules Ferry » qui détonnent avec l’histoire actuelle de l’île, explique l’enseignante chercheuse Monique Rakotoanosy.

« Ces lycées ont été débaptisés après le mouvement populaire de 1972. C’était un mouvement de revendications pour la suppression et/ou la révision des accords de coopération qui étaient perçus à l’époque comme des accords néocoloniaux. C’était des revendications identitaires, aussi bien sur le plan politique, que sur le plan linguistique et social. Le Lycée Jules Ferry a été renommé Lycée de Faravohitra, du nom du quartier dans lequel il est implanté. Mais curieusement, il a été rebaptisé il y a au moins 20 ans… Lycée Jules Ferry ! »

Au sein de l’Observatoire des médias et de la communication qu’elle dirige, un travail de plaidoyer est en cours pour changer le nom de l’établissement. « J’estime qu’il y a beaucoup de personnalités malgaches qui mériteraient cet hommage historique. Des femmes, aussi bien de l’histoire ancienne que de l’histoire récente, qui mériteraient d’avoir leur nom sur le fronton de ce lycée. J’estime aussi qu’il y a un travail de sensibilisation et d’un éveil des consciences pour débaptiser ce lieu. Mais peut-être que comme en 72 et en 75 particulièrement, l’initiative devrait également venir des politiques… »

Contacté, le ministère de la Culture indique avoir initié depuis l’an dernier un projet de rebaptisation de toutes les infrastructures bâties du temps de la colonisation, notamment routières, scolaires et hospitalières et même des noms des quartiers, districts, voire des régions. Et cela, en vue de la célébration du 60e anniversaire du retour de notre indépendance.

« Un comité a été mis en place au sein du ministère de la Culture pour entamer ce processus ; des consultations ont débuté avec certaines familles des grands noms qui ont marqué l’histoire de Madagascar dans tous les domaines », explique la ministre de la Communication et de la Culture, Lalatiana Andriatongarivo Rakotondrazafy.

Toutefois cette dernière confesse que les travaux n’ont pas beaucoup avancé à cause de l’arrivée du Covid-19. « Mais nous projetons de terminer ce projet le 14 octobre de cette année », conclut la ministre, date anniversaire de la proclamation de la République malgache.

Avec la correspondante de RFI à Antananarivo, Sarah Tétaud

16 juin 2020

 

Article source de RFI

Plateforme des Fédérations des Personnes Handicapées de Madagascar — Alerte sur la situation des personnes handicapées face au Covid-19

Plateforme des Fédérations des Personnes Handicapées de Madagascar — Alerte sur la situation des personnes handicapées face au Covid-19

La pandémie du Covid-19 est une conjoncture difficile pour tous avec des conséquences sociales et économiques désastreuses, surtout pour la population malagasy qui est déjà classée parmi les plus pauvres au monde. Dans un tel contexte, la situation des personnes handicapées ne peut être que précaire avec des impacts tout simplement disproportionnés. En effet, il ne faut pas se voiler la face devant les réalités vécues au quotidien par ces personnes. De manière général, elles sont victimes de discrimination et subissent différentes formes de maltraitance, non seulement au sein de leur communauté mais parfois même au sein de leur famille, et avec les mesures de confinement, le fait que la situation s’empire n’est pas une surprise. La plupart des personnes handicapées vivent également bien au-dessous du seuil de pauvreté comparée aux autres catégories de la population malagasy parce qu’elles n’ont pas accès à l’éducation, et par conséquent, encore moins à l’emploi. Faute de mise en oeuvre d’une politique spécifique visant la réalisation de leurs droits humains, ces personnes se retrouvent actuellement dans une situation de vulnérabilité extrême face à la pandémie du Covid-19. D’ailleurs, la Haute-Commissaire aux Droits de l’Homme, dans son communiqué du 20 avril 20201, a martelé la nécessité d’accorder une attention particulière aux personnes handicapées qui sont hautement vulnérables face à cette crise sanitaire comparées autres groupes de la population.

Bien que les personnes handicapées de la capitale aient pu bénéficier du filet de sécurité octroyé par l’Etat, la situation de celles qui vivent dans les régions est innommable. La majorité essaie de survivre en exerçant de l’auto-emploi (réparation de téléphone, cordonnerie, etc.) et en faisant des petits commerces, mais avec les mesures de confinement limitant les heures de marché, elles peinent à vendre car leur situation physique ne leur permet pas de se hâter pour rejoindre les marchés, réduisant encore davantage la possibilité pour eux de pouvoir commercialiser leurs produits. Beaucoup d’entre elles tiennent également des petites gargotes, activités qui ne peuvent plus être menées dans le contexte actuel, les privant de ce fait de leurs seuls moyens de subsistance.

Enfin, la plupart des personnes handicapées ne peuvent accéder au filet de sécurité car pour cela, il faut être inscrit auprès du Fokontany, et pour diverses raisons, dont financières, la plupart des personnes handicapées n’y sont pas inscrites. Dans la majorité des cas, elles ne sont pas non plus informées des lieux et des dates d’inscription, ou bien les lieux préconisés ne leur sont pas accessibles.

Non seulement, ces personnes sont fortement fragilisées par la malnutrition vu leur situation et sont donc extrêmement vulnérables au Covid-19 mais de surcroît, elles ne sont pas non plus en mesure de se conformer aux mesures de prévention de cette pandémie. La plupart d’entre elles ne peuvent même pas s’acheter de masques.

Nous alertons de ce fait tous les acteurs dans la protection des droits humains et exhortons l’Etat à prendre des mesures immédiates pour redresser la situation. De par la spécificité de leurs besoins et de leurs conditions, des mesures différenciées doivent être prises pour s’assurer que les personnes handicapées :
• puissent effectivement bénéficier des filets de sécurité préconisés par l’Etat ;
• soient dotées des moyens nécessaires pour pouvoir se conformer aux mesures de prévention contre le Covid-19 comme le reste de la population;
• disposent des recours adéquats à leur situation en cas de besoin.

Fait à Antananarivo ce 29 mai 2020

• PFPHMAD : Plateforme des Fédérations des Personnes Handicapées de Madagascar
http://pfphmad.mg ; E-mail : josoa.radafy@gmail.com; Tel. (+261) (0) 34 38 463 43
• CRAAD-OI : Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement – Océan Indien

le CRAAD-OI est une organisation Pan-Africaine indépendante à but non lucratif basée à Madagascar.


• Collectif pour la défense des terres malgaches – TANY
http://terresmalgaches.info
• PFNOSCM/VOIFIRAISANA : Plate-Forme Nationale des Organisations de la Société Civile de Madagascar
Facebook : Pfnoscm Madagascar
• Association MIFAMA : Miasa ho Fampandrosoana an’I Madagasikara
• ILONTSERA
http://www.ilontsera.mg

• AFHAM : Association des Femmes Handicapées de Madagascar
www.afham.mg
• ONG ODIMA : Organisation pour le Développement Intellectuel de Madagascar
https://www.givingway.com/organization/odima
• FOCUS Development
https://focusdev2013.wordpress.com
• ACAT Madagascar
https://fiacat.org/notre-reseau/305-acat-madagascar
• Syndicat SEKRIMA
Facebook : Sendika Kristianina Malagasy
• Syndicat SVS
Facebook : Syndicalisme et Vie des Sociétés Madagascar
• MCCP/PAX ROMANA
https://www.icmica-miic.org/2018/10/the-mccp-madagascar-a-constantly-evolving-church-movement

« SANS CRAINTE NI COMPLAISANCE », LE TON EST DONNE.

« SANS CRAINTE NI COMPLAISANCE », LE TON EST DONNE.

À l’occasion de la célébration du 03 mai, pour cette année 2020 ; l’Organisation des Nations Unies, à travers l’UNECO a choisi comme thème « Le journalisme sans crainte ni complaisance ». Ce thème nous interpelle quand étant censé être dans une ère où l’information devrait être accessible à et pour tous, le système multi-médiatique mondial est trop souvent remis en question. En effet, l’essor des nouvelles technologies ne semble désormais être qu’un prélude à un « capharnaüm info-communicationnel » sans précédent : dictature de l’instant, tous journalistes, info-pouvoir, fake news, désinformation… Privée d’une éducation aux médias et à l’information, digne de ce nom ; les populations de par le monde produisent et consomment des (systèmes) informations à l’image de leur monde : globalisé mais fracturé, branché mais déconnecté, à jour mais déraciné.

Notre objectif ici n’est pas de prétendre apporter les solutions à ces dysfonctionnements ; ni de désigner les responsables de ces incohérences. Face au contexte sanitaire mondial dont le dénouement est plus que jamais incertain, nous estimons que, autant la période actuelle que les pratiques de communications présentes- mondiales et locales- nous emmènent à reposer un regard décalé mais objectif, sur les réels enjeux info-communicationnels de notre temps : quel.le.(s) type(s)/genre(s)/pratique(s) de journalisme devrai(en)t accompagner les citoyens malgaches ? Pour être plus précis, nous ne faisons ici qu’interpeller et mobiliser les consciences et les savoirs des collègues et des (futurs) praticiens de ce domaine.

A Madagascar, comme dans le monde entier d’ailleurs, le journalisme est un combat de tous les jours : un parcours du combattant pour des praticiens qui vivent relativement mal de leur passion ; une bataille pour les titres et stations qui essaient en vain de maintenir le cap d’un journalisme indépendant et objectif ; une guerre que se livre l’information face à la publicité et la propagande. L’envergure de la lutte est probablement sous-estimée par ceux qui critiquent « le sensationalisme » adopté par certains organes de presse, ou l’omniprésence des « felaka »1 dans le système médiatique malgache. Ce système a connu un relatif changement (conceptuel et pratique), qui nous impose à notre tour d’y poser un regard en cohérence avec notre temps, et des questionnements très pragmatiques face à l’urgence de la situation.

Pour ce faire, nous proposerons ici des débuts de pistes de réflexion et de chantiers qui nous semblent plus que jamais urgent.e.s :

1.Repenser les formations (continues et initiales) en journalisme ET communication :

i) répondre aux besoins nationaux de formation en réadaptant les standards internationaux ;

ii) accompagner les professionnels vers des mises à jour utiles et pertinentes des pratiques.

2.Détruire la relation incestueuse des médias et des politiques :

i) réduire l’asservissement des médias aux intérêts politico-économiques ;

ii) différencier les concepts et pratiques de « journalisme politique » VS « communication politique ».

3.Prendre conscience du « rôle humaniste » des professionnels des médias dans nos sociétés contemporaines :

i) journalistes = veilleurs – éclaireurs – amplificateur ;

ii) informations = matière – produit – outil de décisions.

C’est ainsi, par cette « voie/voix » qui alerte, que nous espérons contribuer un tant soit peu, au débat qui est appelé à s’enrichir et à se diversifier ; dans notre communauté, consciente de nos propres faiblesses et de celles que « les autres » nous imposent. Nos « razana »2 étaient visionnaires doublés de sagesse, en arguant que « aleo halan’andriana, toy izay halam-bahoaka »3 ; car même détenant un quelconque pouvoir (délégué ou pris de force), les politiques et autres forces prépondérantes (économiques, religieuses, culturelles, …) ne devraient jamais prendre le dessus sur les principes du journalisme : servir la démocratie & éclairer les citoyens.

1 émolument offert aux journalistes par les « annonceurs »

2 litt. « ancêtres »

3 litt. « il vaut mieux être haï par le roi, que détesté par le peuple »

 

 Fait à Antananarivo ce 3 maI 2020

Frédéric RAKOTOARISON RANAIVO

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

                                            Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

                                                                                   Media Matters Madagascar

COMMUNIQUÉ SUR LE COVID-19 À MADAGASCAR POUR UNE COMMUNICATION RESPONSABLE CONTRE LA PANDÉMIE

COMMUNIQUÉ SUR LE COVID-19 À MADAGASCAR POUR UNE COMMUNICATION RESPONSABLE CONTRE LA PANDÉMIE

Notre pays n’est pas certes à sa première crise médico-sanitaire, peste, rougeole, cholera, mais à chaque fois, l’on a vu combien la communication joue un rôle plus que prépondérant dans la gestion et la maitrise l’épidémie. Ce rôle est cette fois d’autant plus important, eu égard le caractère pandémique et la très forte virulence du COVID-19. L’ampleur des dégâts dans les autres pays du monde dont ceux les plus avancés doit nous inciter à la plus grande vigilance sans verser dans la paranoïa. Cela passe par un usage responsable des réseaux sociaux et un accès à l’information inclusif à tous les journalistes de toutes tendances et les toutes les couches de la population, nonobstant les impératives de l’Etat d’urgence sanitaire. Il s’agit également de mener une communication apaisée et responsable pour ne pas créer plus de panique et rassurer une population déjà en proie à toutes sortes de psychoses et de difficultés diverses.

Par ailleurs, chaque mesure prise pour contrer la propagation du virus doit faire l’objet d’une information et d’une communication adéquate et claire pour que l’ensemble de la population y adhère plus facilement et vite. Que cette pandémie ne soit pas non plus une opportunité de de récupération politique mais au contraire une occasion de montrer un vrai sens du leadership et de solidarité politique comme lors de la passation de pouvoir en 2018. La solidarité aussi entre les Malagasy destinés à vivre ensemble malgré nos diversités dans cette grande île qu’est Madagascar. Enfin, nous appelons tout le monde à suivre plus que jamais les informations fiables qui sont devenues plus que vitales dans ces moments d’incertitude.

 Fait à Antananarivo ce 24 mars 2020

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

                                            Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

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CYBERCRIMINALITE EN AFRIQUE DE L’EST-Madagascar dans la lutte aux cotés des pays de la SADC à travers ILONTSERA

CYBERCRIMINALITE EN AFRIQUE DE L’EST-Madagascar dans la lutte aux cotés des pays de la SADC à travers ILONTSERA

Une réunion régionale sur la lutte contre la cybercriminalité s’est tenue les 23 et 24 octobre 2019 à Johannesburg, en Afrique du Sud. Initiée par ARISA (Advancing Rights in Southern Africa) et ABA (American Bar Association- association des membres du barreau américain), le programme ABAROLI est soutenu par l’USAID et réunit plusieurs organisations de la société civile internationale dont PACT et INTERNEWS. Intervenant dans la protection des droits humains en général, le programme est particulièrement actif dans la promotion de la liberté d’expression et de la presse avec un focus particulier depuis quelques années sur la cybercriminalité. Ceci compte tenu de l’évolution galopante des NTIC en Afrique et par conséquent la nécessité d’un accompagnement des citoyens et l’établissement d’un cadre légal juste et légitime, aussi bien pour les journalistes que pour les internautes.
Cette séance de travail a été ainsi l’occasion d’établir l’état des lieux de la lutte parmi les pays de l’Afrique de l’est, entre ceux qui comme Madagascar, disposent déjà d’une loi spécifique et ceux dont le processus est en cours. L’objectif étant d’harmoniser le cadre légal au niveau régional, notamment à travers un modèle de loi adapté au contexte de l’Afrique australe compte tenu désormais du caractère transnational des crimes et les similitudes qu’ils présentent dans plusieurs pays du continent. Il s’agissait ainsi de trouver pour chaque pays les moyens de renforcer le combat au niveau national en s’inspirant des expériences d’autres nations du continent. C’est au titre d’Observatoire indépendant des médias et de la communication à Madagascar qu’ILONTSERA a participé à cette rencontre en insistant sur un usage responsable des réseaux sociaux et des technologies numériques en général, tout en respectant la liberté et les droits de chaque citoyen.

RECRUTEMENT DE STAGIAIRES

RECRUTEMENT DE STAGIAIRES

A. Contexte

            ILONTSERA est une organisation non gouvernementale, membre des Organisations de la Société Civile (OSC). Son mandat est lié à l’éducation citoyenne et la promotion de la culture de la paix à travers l’appui des organismes et professionnels œuvrant dans l’environnement médiatique malagasy. L’Observatoire a pour objectif général d’édifier une société loin des violences, démocratique, prospère, juste et équitable à travers une interaction responsable et vertueuse entre le monde de la communication, médiatique essentiellement, et la citoyenneté en action.

            Les principales missions de l’Observatoire sont ainsi de :

  • Restaurer la confiance du public dans les médias et l’information pour la promotion des droits humains, de la prospérité pour tous et de culture de la paix et le renforcement du lien social.
  • Prévenir l’engrenage des extrémismes grâce à la promotion de l’éthique et de la déontologie dans la fabrication et la consommation de l’information.
  • Accompagner les acteurs médiatiques vers le respect de l’éthique et de la déontologie pour une conscience et un empowerment citoyen, une pleine participation des populations indifférenciées à la vie publique.
  • Œuvrer pour l’accès de toutes les populations à l’information et instaurer in fine une culture médiatique adaptée aux contextes nationaux.
  • Promouvoir la recherche pour une communication médiatisée, inclusive, respectueuse du
    pluralisme et de la diversité.
  • Promouvoir une politique non exclusive et plus équitable de la communication médiatisée.

B.Missions

            Sous la supervision du Bureau Exécutif d’ILONTSERA, les stagiaires contribueront à la réalisation des diverses activités et des objectifs fixés au préalable par l’Observatoire.

            ILONTSERA contribue également pour sa part à l’insertion professionnelle des étudiant(e)s-stagiaires en leur permettant d’assimiler les enjeux qui s’articulent autour des médias et de la communication à Madagascar.

C.Conditions générales

  • La durée du stage est d’un (01) mois calendaire renouvelable mais l’emploi du temps des stagiaires sera à déterminer selon le chronogramme établi des activités. Les stagiaires recevront les formations initiales adéquates à ces activités ; celles-ci se feront généralement au siège de l’Observatoire à Antananarivo avec des déplacements dans la capitale et dans les régions qui seront entièrement prises en charge par ILONTSERA.
  • Une indemnité de stage sera octroyée suivant les conditions de l’organisation ainsi que les résultats et les performances fournis par le/la stagiaire à la fin de son stage.
  • Une évaluation est prévue à la fin du stage, au cours de laquelle chaque stagiaire se verra délivrer une attestation de stage.

D. Profil du stagiaire

  1. Formation académique

Titulaire d’au moins un diplôme de Licence en journalisme / communication / relations publiques / sciences humaines et sociales / sciences politiques ou autre domaine académique pertinent.

  • Etudiant(e) en L3 accepté(e) selon motivation et disponibilité

         2. Autres compétences

  • Maitrise parfaite de la langue malagasy et du français;
  • Excellente capacité d’analyse et une forte capacité rédactionnelle ;
  • Sens développé de la communication et des relations humaines ;
  • Facilité pour la communication verbale, bonne capacité interpersonnelle, aisance relationnelle ;
  • Proactif(ve) avec un esprit d’équipe très développé;
  • Capacité à travailler sous pression ;
  • Disponibilité et flexibilité dans les horaires de travail y compris le week-end;
  • Maîtrise des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC)
  • Bonne maîtrise des logiciels de bureautique et de traitement de texte ;
  • La maitrise des outils de traitement graphique (Adobe InDesign et/ou Adobe Photoshop et/ou Illustrator) et des outils de traitement de données serait un atout.

E. Dossiers à fournir

            Tou(te)s les candidat(e)s remplissant les conditions précédemment citées peuvent envoyer leurs dossiers de candidature (CV + lettre de motivation) au plus tard le 27 octobre 2019 à l’attention de Monsieur le Responsable Communication de l’ONG ILONTSERA, à l’adresse électronique suivante : communication-manager@ilontsera.mg

 

Les candidat(e)s présélectionné(e)s feront l’objet d’un entretien.

 

Recrutement StagiairesA. Contexte ILONTSERA est une organisation non gouvernementale, membre des Organisations de la…

Posted by Ilontsera – Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar on Sunday, October 13, 2019

 

28 SEPTEMBRE JOURNÉE INTERNATIONALE DE L’ACCÈS UNIVERSEL  À L’INFORMATION : LOI ET ÉDUCATION S’IMPOSENT

28 SEPTEMBRE JOURNÉE INTERNATIONALE DE L’ACCÈS UNIVERSEL À L’INFORMATION : LOI ET ÉDUCATION S’IMPOSENT

 

            L’ONG ILONTSERA, dans son rôle d’observateur indépendant des médias et de la communication, regrette l’ambiance délétère dans laquelle se trouve de nouveau le milieu journalistique et médiatique suite à la condamnation de deux journalistes à de lourdes peines d’amende dans le cadre de l’hélicoptère du Stade municipal de Mahamasina. Il est regrettable qu’une fois de plus, la question de la liberté d’expression en général, et celle de la presse en particulier, ainsi que l’accès aux informations deviennent l’enjeu d’intérêts politiques inavoués. Mais tant que notre secteur médiatique et notre presse sont si profondément politisés– une situation longtemps décriée par l’Observatoire mais contre laquelle l’on préfère appliquer la politique de l’autruche –l’alternance devant les juges fera lieu d’une alternance véritablement démocratique. Et cette dernière affaire en date ne sera ni la première ni la dernière quelles que soient les lois que nous instaurerions tant que les médias et la presse ne seront que des outils de propagandes politiques au service de la culte d’une personnalité.

 

            L’on osait espérer que la visite et le message papale aient pu toucher le cœur de chacun, croyant ou pas, notamment sur ce fameux respect du « Fihavanana » dont on se gargarisait partout mais qui reste trop souvent au stade de vœux pieux. Dans cet esprit du « Fihavanana », le recours à la justice ne devrait, sur le principe, intervenir qu’en dernier recours, après avoir expiré toutes les procédures prévues aussi bien par le Code de la communication médiatisée que les règles d’éthique et de déontologie en matière d’information et de journalisme. Car « Fihavanana » doit signifier avant tout, et principalement, communiquer. Et communiquer, c’est vivre. Précisément « vivre ensemble ». « Tsy misy tsy vitan’ny fifampiresahana » (Le dialogue résout tout, trad. lib.) aime-t-on dire, mais quand c’est la violence, l’extrémisme, la haine, et le rejet de l’autre qui prennent le dessus, ce « vivre ensemble » n’est plus du domaine du possible, et l’histoire ne sera qu’un éternel recommencement.

 

            Car ni les intimidations à coups de peine « exemplaire », ni le juridisme obtus, ni les provocations gratuites, n’apportent rien à cette recherche de ce milieu médiatique apaisé, plus soucieux du bien commun et du réel bien-être de la population. L’histoire nous l’a déjà démontré à maintes reprises. En effet, l’on semble parfois oublier que la liberté d’expression dont on se targue à tout bout de champ doit être mise avant tout au service des citoyens qui ont le droit d’accéder aux informations, les vraies, sans se faire manipuler et désinformer dans le sens d’un intérêt politique ou un autre. « Ne laisser personne pour compte », comme l’indique le thème choisi par l’UNESCO pour cette année. D’autant plus que, face à la grande jungle que sont devenus les réseaux sociaux, le rôle des journalistes est plus que jamais prépondérant, et leur responsabilité, énorme, afin de distinguer l’information du médiatique. Faire le distinguo entre journaliste et internaute.

 

            Tous espèrent dès lors de pied ferme une loi sur la communication plus à même de considérer les intérêts des citoyens qui sont appelés également à plus de responsabilité face à la pseudo liberté que nous font miroiter ces réseaux sociaux, Facebook en tête. Dans ces conditions, l’éducation aux médias, corollaire de l’Accès universel à l’information, devient une question de salubrité publique parallèlement à l’application des lois si l’on voudrait instaurer réellement un milieu médiatique moins violente et plus apaisé, plus juste et plus responsable surtout à l’approche des prochaines élections municipales. Au risque de se répéter, ILONTSERA de rappeler que cette responsabilité incombe à tous : État, Organisations de la Société Civile (OSC), citoyens, familles, écoles, internautes, journalistes et patrons de presse.

 

Fait à Antananarivo, le 28 septembre 2019  

ILONTSERA

                                                                  Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

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DÉRAPAGE COMMUNICATIONNEL DU 26 JUIN ET TRAUMA COLONIAL

DÉRAPAGE COMMUNICATIONNEL DU 26 JUIN ET TRAUMA COLONIAL

La dérive verbale télévisée à connotation racisante d’une reporter de la chaîne publique au cours de la célébration de la fête de l’Indépendance (?) de Madagascar à Mahamasina, au-delà de l’indignation des citoyens et de la promptitude des excuses officielles, nous interpelle. Elle est révélatrice d’un héritage colonial non-dit, masqué sans doute, inconscient et inhibé en profondeur assurément, quand bien même refusé. Elle est la résultante des mémoires et  histoires douloureuses, silencieuses, effacées, invisibilisées, tabous, celles qui ont et continuent encore aujourd’hui à investir nos corps, nos comportements, notre mental, nos idées, nos langages… Les récits tronqués, structurés, relayés  ou oubliés dans une amnésie délibérée et renforcée par les dispositifs institutionnels (écoles, medias, églises, armée, commémorations…) encore à l’œuvre, sont ceux des souffrances  de nos sociétés racisées et stigmatisées idéologiquement Blancs/Noirs par des pouvoirs esclavagistes, colonialistes, postcolonialistes locaux et étrangers, impérialistes dominants. Cet excès de discours entendu est simplement l’expression de« l’effet-retour » déjà évoqué par A. Césaire. Il hypothèque gravement un dialogue en humanité nécessaire, au sein de nos sociétés locales, nationales, mondiales.

Minorer la dimension anthropolitique de cette bavure et de sa       violence confortera les discours et actions hégémoniques sur les peuples «  qui ne sont pas encore entrés dans l’histoire ».

Aussi, Ilontsera, bien que consciente de l’inscription dans un processus historique long,  rappelle l’urgente nécessité d’une communication pacifiée et décomplexée qui implique une décolonisation audacieuse des formations, de leurs programmes, au niveau des différents dispositifs : école(PSE), université, media, droit, art, administration, politique, écologie, armée, église, culture, santé, société civile…

Ilontsera ose croire aux possibles : celui d’un sursaut solidaire des composantes de nos sociétés- si bouleversées et laminées soient elles par les agressions internes et externes multiformes- celui de la construction d’une Histoire décoloniale impérative, dépolluée, pour une libération créatrice (bonheur ? développement ? progrès ? émergence ? …) et une communication moins violente dans notre monde multipolaire.

                                    Fait à Antananarivo ce 28 juin 2019

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

                                            Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

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