Il est grand temps que la discréditation et les attaques à l’encontre des Organisations de la Société Civile pour occulter des manquements cessent.

Il est grand temps que la discréditation et les attaques à l’encontre des Organisations de la Société Civile pour occulter des manquements cessent.

 

Fortement interpellées par les homicides suite à la mutinerie et évasion des 88 prisonniers de la maison de détention de Farafangana, le dimanche 23 août 2020 ;

Préoccupées par les répliques arrogantes et étonnamment puériles de certains responsables des forces de défense et de sécurité et membres du Gouvernement censés faire respecter la loi et ayant pour mission d’assurer la sécurité, la paix et la stabilité du pays face aux réactions des défenseurs des droits de l’homme condamnant cet acte barbare ;

Nous, les Organisations de la Société Civile œuvrant pour la promotion et la défense des Droits de l’Homme signataires de cette déclaration, tenons à rappeler et à préciser que :

 1.En adhérant à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et en ratifiant divers instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme dont la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ainsi que le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques, l’Etat Malagasy :

  1. s’est engagé à prendre toutes les mesures nécessaires pour respecter tous les droits humains de tous les Malagasy dont le droit à la vie et le respect de la dignité de chaque citoyen à tout moment et en toutes circonstances ;
  2. a accepté d’être le premier responsable de la protection des droits humains de tous les Malagasy, et est de ce fait responsable et redevable eu égard à toutes formes de violation de ces droits humains par un(e) ou plusieurs agents de l’Etat ;
  3. est tenu de doter les forces de défense et de sécurité de tous les moyens nécessaires pour leur permettre de respecter et de faire respecter ces droits humains, y compris les moyens matériels et les moyens techniques englobant toutes connaissances et compétences requises à cet effet, en l’occurrence la maîtrise des normes et principes internationaux relatifs à l’usage de la force dont les principes de légalité, de nécessité, et de proportionnalité. En aucun cas, le manque de moyens ne peut justifier le non-respect de telles obligations et des lois en vigueur ;
  4. les efforts et réalisations annexes de l’Etat Malagasy en matière de droits de l’homme, d’ailleurs salués par les Organisations de la Société Civile, ne le dispense en aucun cas de s’acquitter de tous ses autres engagements et de se conformer à toutes ses autres obligations y afférents ; 

2 .Il est évident que contrairement à l’Etat, les dahalo n’ont pas pris de tels engagements et ne sauraient en être tenus redevables. Toutefois, les Organisations de la Société Civile sont effectivement affligées par les nombreux décès d’éléments des forces de défense et de sécurité qui sont malheureusement les victimes de l’inadéquation des stratégies adoptées et des moyens mis en œuvre par l’Etat pour combattre ce fléau, tel que nous l’avons clamé à maintes reprises ;

3.Nous condamnons toutes formes de violences et de violations des droits de l’homme quels qu’en soient les auteurs et qui qu’en soient les victimes, et trouvons les ripostes désinvoltes de certains responsables étatiques, accusant et provoquant les Organisations de la Société Civile au lieu d’assumer leurs responsabilités et de prendre d’urgence les dispositions qui s’imposent, profondément irrespectueuses envers ces victimes et extrêmement préoccupantes quant à la considération effective des droits humains de la population Malagasy et au respect des lois en vigueur à Madagascar ;

4.Nous réitérons l’urgence de la nécessité de réviser notre système carcéral marqué par la vétusté des infrastructures et la surpopulation, une situation davantage aggravée par la corruption ;

5. Le cas « Farafangana » n’est que la face visible du délitement de l’appareil administratiet du dysfonctionnement du système de gouvernance minés par la corruption et les abus de certains responsables à tous les niveaux dotés de pouvoir discrétionnaire. Une société où règnent la violence et l’injustice institutionnelle ne peut que faire jaillir et encourager la criminalité. Par conséquent, nous exhortons tous les responsables à réfléchir aux causes de ces maux qui minent notre société, et à trouver ensemble les solutions durables au lieu d’en traiter inutilement les conséquences et d’y apporter des solutions superficielles à des coûts considérables ;

6. Nous réclamons une enquête indépendante à cette tuerie de Farafangana et de celle de Berary (Androy) ainsi qu’à toutes les allégations d’exécutions sommaires perpétrées par des éléments des forces de défense et de sécurité qui ont eu lieu et pour lesquelles il n’y a pas eu de suite jusqu’à présent dans les districts d’Ampanihy, de Mampikony, ainsi que de Betroka malgré nos rappels incessants. Nous osons espérer que ces affaires ne seront pas remises aux calendes grecques comme cela a été le cas jusqu’ici ;

7. A l’instar des Organisations de la Société Civile Malagasy, l’Organisation des Nations Unies a également dénoncé l’usage excessif de la force lors de cette mutinerie lors son point de presse du 28 août 2020 à Genève[1].

https://news.un.org/fr/story/2020/08/1076052?utm_source=UN+News+-+French&utm_campaign=dbfbba3449-EMAIL_CAMPAIGN_2020_08_29_12_00&utm_medium=email&utm_term=0_0264da9d8f-dbfbba3449-107452382

Fait à Antananarivo, le 04 septembre 2020

 

Signataires

  • Plate-Forme Nationale des Organisations de la Société Civile de Madagascar – VOIFIRAISANA (PFNOSCM/VOIFIRAISANA)
  • ONG FIANTSO Madagascar
  • ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture)
  • Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement – Océan Indien (CRAAD-OI) 
  • Collectif pour la défense des terres malgaches – TANY
  • MIFAMA
  • ILONTSERA, OBSERVATOIRE DES MÉDIAS ET DE LA COMMUNICATION, IVOM-PANDALINANA NY TONTOLON’NY SERASERA MAROLAFIKA ETO MADAGASIKARA
  • Consortium National pour la Participation Citoyenne (CNPC)
  • COJEAA (Collectif des OSCs des Jeunes Engagés Atsimo Andrefana)
  • CROPHAA (Collectif Régional des Organisation des Personnes Handicapées Atsimo Andrefana)
  • Conseil de Développement d’Andohatapenaka (CDA)
  • Miantso ny Rà Malagasy (MRM)
  • RMH (Réseau Malgache du Handicap)
  • SEKRIMA
  • 3A (Association Antso Avo)
  • FRDT (Femmes Responsables pour le Developpement de Toliara)
  • FARM (Femmes en Action Rurales de Madagascar)
  • LEMUR (Lead and Educate Madagascar for University Reacherch)
  • APHIDT (Association des Personnes Handicapées Intellectuelles et Dynamique de Toliara)
  • ASAR (Assocition Sportif Antaninarenina de Rugby)
  • Association Croix d’Or
  • Association Gasy Mandroso (AGM)
  • Association ZANAKAMBANIVOLO (SAVA)
  • CADHP (Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples – Section Madagascar)
  • FANOITRA     
  • MIFEM (Ministère de la FEMme)
  • Organisation pour le Développement Intellectuel de Madagascar (ODIMA)
  • CRADES (Comité de Réflexion et d’Action pour le Développement et Environnement de Sambirano)
  • DOJO XXX     
  • JFET (Jeune Femme Engager Toliara)
  • ZATOMA (ZAnaka Toliara MAndroso)
  • RASC-3A (Réseau des Acteurs de la Société Civil Actif Atsimo Andrefana)
  • TGT (Tanora Garen’Teen)
  • JIDT (Jeunes Intégrés et Dynamiques de Toliara)
  • JTM (Jeune Toliara Miray)
  • MIAVOTRA     
  • ONG MIVOATRA
  • TAFAMAHASOATOI (TAmbajotra FAmpandrosoana MAHAritra ho fanaSOAvana ny TOntolo Iainana)