Plateforme des Fédérations des Personnes Handicapées de Madagascar — Alerte sur la situation des personnes handicapées face au Covid-19

Plateforme des Fédérations des Personnes Handicapées de Madagascar — Alerte sur la situation des personnes handicapées face au Covid-19

La pandémie du Covid-19 est une conjoncture difficile pour tous avec des conséquences sociales et économiques désastreuses, surtout pour la population malagasy qui est déjà classée parmi les plus pauvres au monde. Dans un tel contexte, la situation des personnes handicapées ne peut être que précaire avec des impacts tout simplement disproportionnés. En effet, il ne faut pas se voiler la face devant les réalités vécues au quotidien par ces personnes. De manière général, elles sont victimes de discrimination et subissent différentes formes de maltraitance, non seulement au sein de leur communauté mais parfois même au sein de leur famille, et avec les mesures de confinement, le fait que la situation s’empire n’est pas une surprise. La plupart des personnes handicapées vivent également bien au-dessous du seuil de pauvreté comparée aux autres catégories de la population malagasy parce qu’elles n’ont pas accès à l’éducation, et par conséquent, encore moins à l’emploi. Faute de mise en oeuvre d’une politique spécifique visant la réalisation de leurs droits humains, ces personnes se retrouvent actuellement dans une situation de vulnérabilité extrême face à la pandémie du Covid-19. D’ailleurs, la Haute-Commissaire aux Droits de l’Homme, dans son communiqué du 20 avril 20201, a martelé la nécessité d’accorder une attention particulière aux personnes handicapées qui sont hautement vulnérables face à cette crise sanitaire comparées autres groupes de la population.

Bien que les personnes handicapées de la capitale aient pu bénéficier du filet de sécurité octroyé par l’Etat, la situation de celles qui vivent dans les régions est innommable. La majorité essaie de survivre en exerçant de l’auto-emploi (réparation de téléphone, cordonnerie, etc.) et en faisant des petits commerces, mais avec les mesures de confinement limitant les heures de marché, elles peinent à vendre car leur situation physique ne leur permet pas de se hâter pour rejoindre les marchés, réduisant encore davantage la possibilité pour eux de pouvoir commercialiser leurs produits. Beaucoup d’entre elles tiennent également des petites gargotes, activités qui ne peuvent plus être menées dans le contexte actuel, les privant de ce fait de leurs seuls moyens de subsistance.

Enfin, la plupart des personnes handicapées ne peuvent accéder au filet de sécurité car pour cela, il faut être inscrit auprès du Fokontany, et pour diverses raisons, dont financières, la plupart des personnes handicapées n’y sont pas inscrites. Dans la majorité des cas, elles ne sont pas non plus informées des lieux et des dates d’inscription, ou bien les lieux préconisés ne leur sont pas accessibles.

Non seulement, ces personnes sont fortement fragilisées par la malnutrition vu leur situation et sont donc extrêmement vulnérables au Covid-19 mais de surcroît, elles ne sont pas non plus en mesure de se conformer aux mesures de prévention de cette pandémie. La plupart d’entre elles ne peuvent même pas s’acheter de masques.

Nous alertons de ce fait tous les acteurs dans la protection des droits humains et exhortons l’Etat à prendre des mesures immédiates pour redresser la situation. De par la spécificité de leurs besoins et de leurs conditions, des mesures différenciées doivent être prises pour s’assurer que les personnes handicapées :
• puissent effectivement bénéficier des filets de sécurité préconisés par l’Etat ;
• soient dotées des moyens nécessaires pour pouvoir se conformer aux mesures de prévention contre le Covid-19 comme le reste de la population;
• disposent des recours adéquats à leur situation en cas de besoin.

Fait à Antananarivo ce 29 mai 2020

• PFPHMAD : Plateforme des Fédérations des Personnes Handicapées de Madagascar
http://pfphmad.mg ; E-mail : josoa.radafy@gmail.com; Tel. (+261) (0) 34 38 463 43
• CRAAD-OI : Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement – Océan Indien

le CRAAD-OI est une organisation Pan-Africaine indépendante à but non lucratif basée à Madagascar.


• Collectif pour la défense des terres malgaches – TANY
http://terresmalgaches.info
• PFNOSCM/VOIFIRAISANA : Plate-Forme Nationale des Organisations de la Société Civile de Madagascar
Facebook : Pfnoscm Madagascar
• Association MIFAMA : Miasa ho Fampandrosoana an’I Madagasikara
• ILONTSERA
http://www.ilontsera.mg

• AFHAM : Association des Femmes Handicapées de Madagascar
www.afham.mg
• ONG ODIMA : Organisation pour le Développement Intellectuel de Madagascar
https://www.givingway.com/organization/odima
• FOCUS Development
https://focusdev2013.wordpress.com
• ACAT Madagascar
https://fiacat.org/notre-reseau/305-acat-madagascar
• Syndicat SEKRIMA
Facebook : Sendika Kristianina Malagasy
• Syndicat SVS
Facebook : Syndicalisme et Vie des Sociétés Madagascar
• MCCP/PAX ROMANA
https://www.icmica-miic.org/2018/10/the-mccp-madagascar-a-constantly-evolving-church-movement

« SANS CRAINTE NI COMPLAISANCE », LE TON EST DONNE.

« SANS CRAINTE NI COMPLAISANCE », LE TON EST DONNE.

À l’occasion de la célébration du 03 mai, pour cette année 2020 ; l’Organisation des Nations Unies, à travers l’UNECO a choisi comme thème « Le journalisme sans crainte ni complaisance ». Ce thème nous interpelle quand étant censé être dans une ère où l’information devrait être accessible à et pour tous, le système multi-médiatique mondial est trop souvent remis en question. En effet, l’essor des nouvelles technologies ne semble désormais être qu’un prélude à un « capharnaüm info-communicationnel » sans précédent : dictature de l’instant, tous journalistes, info-pouvoir, fake news, désinformation… Privée d’une éducation aux médias et à l’information, digne de ce nom ; les populations de par le monde produisent et consomment des (systèmes) informations à l’image de leur monde : globalisé mais fracturé, branché mais déconnecté, à jour mais déraciné.

Notre objectif ici n’est pas de prétendre apporter les solutions à ces dysfonctionnements ; ni de désigner les responsables de ces incohérences. Face au contexte sanitaire mondial dont le dénouement est plus que jamais incertain, nous estimons que, autant la période actuelle que les pratiques de communications présentes- mondiales et locales- nous emmènent à reposer un regard décalé mais objectif, sur les réels enjeux info-communicationnels de notre temps : quel.le.(s) type(s)/genre(s)/pratique(s) de journalisme devrai(en)t accompagner les citoyens malgaches ? Pour être plus précis, nous ne faisons ici qu’interpeller et mobiliser les consciences et les savoirs des collègues et des (futurs) praticiens de ce domaine.

A Madagascar, comme dans le monde entier d’ailleurs, le journalisme est un combat de tous les jours : un parcours du combattant pour des praticiens qui vivent relativement mal de leur passion ; une bataille pour les titres et stations qui essaient en vain de maintenir le cap d’un journalisme indépendant et objectif ; une guerre que se livre l’information face à la publicité et la propagande. L’envergure de la lutte est probablement sous-estimée par ceux qui critiquent « le sensationalisme » adopté par certains organes de presse, ou l’omniprésence des « felaka »1 dans le système médiatique malgache. Ce système a connu un relatif changement (conceptuel et pratique), qui nous impose à notre tour d’y poser un regard en cohérence avec notre temps, et des questionnements très pragmatiques face à l’urgence de la situation.

Pour ce faire, nous proposerons ici des débuts de pistes de réflexion et de chantiers qui nous semblent plus que jamais urgent.e.s :

1.Repenser les formations (continues et initiales) en journalisme ET communication :

i) répondre aux besoins nationaux de formation en réadaptant les standards internationaux ;

ii) accompagner les professionnels vers des mises à jour utiles et pertinentes des pratiques.

2.Détruire la relation incestueuse des médias et des politiques :

i) réduire l’asservissement des médias aux intérêts politico-économiques ;

ii) différencier les concepts et pratiques de « journalisme politique » VS « communication politique ».

3.Prendre conscience du « rôle humaniste » des professionnels des médias dans nos sociétés contemporaines :

i) journalistes = veilleurs – éclaireurs – amplificateur ;

ii) informations = matière – produit – outil de décisions.

C’est ainsi, par cette « voie/voix » qui alerte, que nous espérons contribuer un tant soit peu, au débat qui est appelé à s’enrichir et à se diversifier ; dans notre communauté, consciente de nos propres faiblesses et de celles que « les autres » nous imposent. Nos « razana »2 étaient visionnaires doublés de sagesse, en arguant que « aleo halan’andriana, toy izay halam-bahoaka »3 ; car même détenant un quelconque pouvoir (délégué ou pris de force), les politiques et autres forces prépondérantes (économiques, religieuses, culturelles, …) ne devraient jamais prendre le dessus sur les principes du journalisme : servir la démocratie & éclairer les citoyens.

1 émolument offert aux journalistes par les « annonceurs »

2 litt. « ancêtres »

3 litt. « il vaut mieux être haï par le roi, que détesté par le peuple »

 

 Fait à Antananarivo ce 3 maI 2020

Frédéric RAKOTOARISON RANAIVO

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

                                            Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

                                                                                   Media Matters Madagascar