APPEL FACE AUX MENACES ANNONCÉES D’UNE VIOLENCE ÉLECTORALE INCONTRÔLÉE

APPEL FACE AUX MENACES ANNONCÉES D’UNE VIOLENCE ÉLECTORALE INCONTRÔLÉE

  • Suite aux interpellations répétées d’ILONTSERA à travers notamment ses communiqués depuis 2017  face à la surdité, la cécité et l’aventurisme des oligarchies politiques, économiques, financières, médiatiques et communicationnelles, l’Observatoire des médias et de la communication constate :
  • Les dérives vers une escalade de la violence physique entre les partisans de certains candidats,
  • L’exacerbation d’un climat de colère, de haine, de jalousie, d’indifférence /résignation chez des populations de plus en plus fragilisées par l’aggravation des frustrations transgénérationnelles accumulées d’une classe sociale.
  • L’(a)immoralisme d’une campagne indécente, d’une communication d’une violence symbolique inégalée, celle du mensonge, du marché et de l’argent-roi (brillance, éblouissement, bling bling infantilisant…), du crime de l’oubli programmé et donc du viol des consciences, du mépris, de la revanche historique à travers le discours politique et l’utilisation brutale de la stratégie du choc des décideurs, de la démagogie outrancière et belliciste de certains candidats …
  • Le rapt d’une vraie campagne,
  • La mauvaise foi de responsables se dédouanant de l’héritage des défaillances volontaires des dispositifs électoraux (liste) et s’accommodant d’une machine à voter traditionnellement au service  des pouvoirs successifs pour des intérêts et enjeux de pouvoir,
  • La montée de la logique autoritaire du «QUI PAIE DECIDE, SILENCE ON PAIE!»
  • L’opacité apparente du jeu des forces de l’ombre…

 

 

AUSSI, ILONTSERA APPELLE  à la pluralité d’expression dans une délibération à l’échelle des localités, des habitants/associations civiles, traditionnelles, religieux/élus/entreprises/professionnels des médias/acteurs électoraux … pour des informations fiables et sincères, dans une logique de service et de conscience collectifs.

  • À un sursaut d’humanité et de fraternité dans le règlement des différends et à oeuvrer plus que jamais ensemble pour une campagne électorale dans le respect de la dignité, du Hasina et de l’humanité des citoyens,
  • À ouvrir le champ de tous les possibles, car ILONTSERA est confiant que, malgré la gravité de la situation, nous pouvons ici et maintenant délier les tensions violentes et appeler tous les acteurs électoraux à la raison et au coeur, au nom de la paix,
  • À une grande compassion pour les blessures individuelles et collectives qui ont généré tant de haine et de séparation, à apaiser ce climat de méfiance réciproque dans le pardon à défaut d’oubli,
  • À ouvrir un espace de liberté et de discernement pour un décryptage du présent et une mise en perspective réfléchie,
  • À ouvrir un espace de concertation pour un updating du code de la communication médiatisée, dans un refus de l’amnésie politique…

 

Fait à Antananarivo, le 31 octobre 2018

 

LONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

Media Matters Madagascar

UN CLIMAT MÉDIATIQUE APAISÉ : NON A UNE CRISE POST-ÉLECTORALE

UN CLIMAT MÉDIATIQUE APAISÉ : NON A UNE CRISE POST-ÉLECTORALE

ILONTSERA regrette fortement que l’Autorité Nationale de Régulation de la Communication Médiatisée (ANRCM) n’ait pas été-délibérément ?-mise en place jusqu’à cette ouverture de la campagne présidentielle et deux ans après l’entrée en vigueur du Code de la Communication Médiatisée. Et ce, malgré les enjeux vitaux de l’utilisation des médias, de l’information et de la communication pendant cette « campagne de la violence » prévisible où propos diffamatoires, discours haineux, « fake news » et rumeurs pullulent face à la présence d’extrémistes de tous bords et une presse fortement politisée pour qui les élections constituent aussi une vraie manne financière.

            La « Cellule spéciale » prévue par la Commission Electorale Nationale Indépendante  n’est pas une « AUTORITÉ ». Elle a laissé du reste libre court à toutes les dérives médiatiques : voir celles des réseaux sociaux et de certaines presses lors de la pré-campagne. La neutralité politique du Ministère de tutelle étant mise à mal en cette période de joutes électorales, aussi toute démarche de régulation est considérée comme arbitraire. La CENI a publiquement limité sa compétence aux médias publics : alors, à défaut d’une entité neutre et indépendante, respectons au moins le Code électoral si controversé et chèrement payé. 

            Le spectre d’une crise post-électorale plane de nouveau entre ceux qui affirment d’ores et déjà ne pas reconnaître les prochains résultats, ceux qui appellent au boycott ou report, ceux qui prétendent être assurés de leur victoire, ceux qui rejettent carrément les élections.La clé de l’apaisement appartient aux médias et aux journalistes dont le respect de l’éthique, de la déontologie et de l’honnêteté sont les seules armes pour faire face aux pressions diverses et conjurer les situations périlleuses.

            Mais il s’agit avant tout pour les citoyens de faire preuve de lucidité et de responsabilité en refusant de relayer les rumeurs, les fausses informations évidentes. La prise de responsabilité individuelle et collective, dans un esprit de respect mutuel, reste le garant d’un climat politique apaisé. Laissez juste toutes les idées s’exprimer et le peuple maître de lui-même.

Fait à Antananarivo, ce 15 octobre 2018      

 

 

ILONTSERA

Ivom-pandalinana ny Tontolon’ny Serasera marolafika eto Madagasikara

                                            Observatoire des Médias et de la Communication à Madagascar

                                                                                   Media Matters Madagascar